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Vous allez découvrir la commune de Saint-Jean-Saint-Nicolas (dans les hautes Alpes) grâce à une centaine de photos récentes (vous avez quelques échantillons au dessus).
Située dans le haut Champsaur à 1120m d'altitude, cette commune est composé de trois hameaux principaux Pont du Fossé, Saint-Jean et enfin Saint Nicolas.
Cinq chapitres :
1 / Le village de Pont du Fossé. Pour le lire cliquer ICI
2 / Le hameau de Saint-Jean : Cliquer ICI
3 / Le hameau de Saint-Nicolas : Cliquer ICI
4 / L'histoire de Saint-Jean-Saint-Nicolas : Cliquer ICI
5 / Pour voir les photos anciennes de Saint-Jean-Saint-Nicolas et les commentaires de Robert Faure Cliquez ICI
Si vous ne pouvez pas aller plus loin : Cliquer ICI
Pont du Fossé : commune Saint-Jean-Saint-Nicolas.
Je dédie cet article à Robert Faure, écrivain et journaliste, natif de ce village (au manoir de Prégentil) et qui écrit régulièrement dans ce blog.
L'entrée du village se
fait par ce pont qui enjambe le Drac. Robert Faure nous raconte son histoire "Avant les catastrophiques
inondations de 1928, on se promenait pourtant tranquille sur le pont le plus sûr de la vallée. C'était un lieu de réunion où l'on papotait sur les allées et venues. Puis le drame est arrivé. De brutales inondations du Drac emportaient, le 22 octobre 1928, le pont de Pont du Fossé, une partie des maisons, des digues, des scieries et des
moulins ." Pour voir les photos étonnantes de ces inondations et les commentaires de R. Faure vous pouvez cliquer ICI
Ce pont a donc été construit en 1928 par la commune de Saint-Jean-Saint-Nicolas. Puis de gros travaux communaux ont été effectués, avec la mise en place de blocs de pierres énormes pour éviter l'érosion des berges et les débordements. (voir photos plus loin)
Pont du Fossé est sur la gauche. Tout paraît tranquille. Mais attention, les jours de pluie le Drac devient imprévisible et ses eaux peuvent monter brutalement car la commune est au pied des montagnes. Ethymologiquement, le mot Drac provient du mot dragon.......et ce dragon qui semble serpenter tranquillement dans le Champsaur, peut se réveiller et tout emporter sur son passage.
Axe Pricipal de Pont du Fossé.
Entrons dans le village. Tout est fait pour bien accueillir les touristes. A Pont du Fossé, boutiques, commerces, activités, sont omni présents.
Robert Faure signale que ce bâtiment a été initialement le premier hôtel touristique du village. Vous avez un belle photo de cet hôtel (1930 environ) dans son article.
Place de la Patinoire.
Première place à droite sur l'axe principal.
Tous les vendredis matins un marché de produits régionaux se tient sur cette place : fromages, charcuterie, miel.......et des odeurs irrésistibles.
Le même marché en plein été (photo transmise par le Syndicat d'Initiative)
Au bout de cette place, au bord du Drac (qui se trouve sur la droite), la patinoire de Saint-Jean-Saint-Nicolas.
La patinoire et Pont du Fossé vus du Drac.
La commune est entourée de hautes montagnes. Elles culminent au nord-ouest avec la Pointe sud de la Vénasque (2 620 m). Elle est également entourée du Soleil-Bœuf au nord-ouest (2 595 m), la Petite Autane au sud (2 519 m), et le Palastre (2 276 m) au nord. (voir photos plus loin) . On remarquera sur cette photo les énormes blocs de pierres qui ont été posés sur les berges du Drac, pour éviter l'érosion et protéger la commune.
Place de la mairie et du syndicat d'initiative.
Première place à gauche sur l'axe principal.
La "maison de la Vallée" regroupe les locaux du Syndicat d'Initiative, et du Parc National des Ecrins, ainsi que les salles de spectacle, de réunion, d'exposition et la Bibliothèque. Le guide officiel de la commune indique "qu'on trouve au Syndicat d'Initiative tous les renseignements pour découvrir la vallée, les randonnées, les sports et les animations".
De l'autre côté de cette place, la Mairie.
La Mairie de Saint-Jean-Saint-Nicolas. Ce batîment était autrefois l'école maternelle, garçons et filles. Sur sa gauche, le "centre des Finances Publiques".
Saint Jean Saint Nicolas (H. A.) commune champsaurine du canton d'Orcières. 1010 habitants.
Village principal: Pont du Fossé (village commerçant et dynamique).
Deux paroisses: Saint Jean et Saint Nicolas. Pas d'église à Pont du Fossé mais un grand centre d'Accueil.
Un monument historique: Prégentil.
Des ruines: château de Montorcier.
Demi-tour à 180°, et un beau panorama.
J'ai donc la Mairie juste derrière moi. Le monument aux morts est bien visible.
Voici ce que nous dit Robert Faure sur ce monument " La guerre de 1914-1918 allait marquer cruellement la vie de la commune. Quatre années très dures. Près d'un tiers de la population masculine était sacrifié. .......Les soldats étaient partis pleins d'espoir......Pendant 4 ans, les femmes ont fait, sur place, le travail des hommes.......et les fermes vivotaient.........(Quelques années plus tard) il y avait foule à l'inauguration de ce monument aux morts".
Vous pouvez voir les photos
de la mobilisation, de l'inauguration de ce monument......en cliquant ICI
Je passe derrière le Syndicat
d'Initiative
Le syndicat d'initiative est juste derrière moi. Le pont. Le Drac qui a cet endroit semble plus rapide..... Vous avez plus loin (dans quelques jours) quelques belles photos regroupées de ce Drac.
La "Maison pour Tous" se trouve contre le syndicat d'initiative.
Toujours sur la place de la Mairie.
Le grand centre d'Accueil de l'église catholique. Sur la gauche la mairie.
Retour sur l'axe principal de Pont du Fossé.
Je sors de la place de la mairie pour reprendre l'axe principal, à gauche.
La Poste de Saint-Jean-Saint-Nicolas. Un peu plus loin sur la gauche l'école.
L'école de Saint-Jean-Saint-Nicolas. La photo a été prise, bien-sûr, de l'extérieur.
Puisque nous sommes à l'école, profitons-en pour donner quelques explications sur le château de Montorcier : le château féodal de Montorcier se trouvait en haut de la colline de Frustelle. Il a été construit vers 1300 et comprenait un donjon, des tours et une prison. Il s'agissait d'un édifice de défense, un château-fort construit là pour surveiller les passages dans la vallée. Il était occupé par des soldats. C'était la résidence favorite des Dauphins de France. Entre 1300 et 1422, son histoire est agitée. Les périodes d'assauts, de pillage, de reconstruction se succèdent. Après l'abandon du château de Montorcier, le château du Rival (voir photo juste après) devenait la résidence du seigneur majeur de Montorcier. A partir de 1580, ce château appartient au Duc de Lesdiguières (1543-1626) puis à ses descendants .....qui ne s'en occupent pas. Il tombe en ruine. En 1939, un orage détruisit le peu qui restait. Demeurent les légendes.......
Sur le mur de l'école, une belle fresque réalisée par les enfants de l'école. Le rajout que j'ai fait en bas et à droite est un agrandissement de ce qui se trouve en haut et à droite sur la fresque.
Le château du Rival .
Le château se trouve juste derrière l'école. La photo a été prise du parking de l'école....avec un bon zoom. Il s'agit aujourd'hui d'une propriété privée.
Le syndicat d'initiative nous explique qu'en 1370, suite au déclin du château-fort de Montorcier, le château du Rival est devenu la résidence des Seigneurs. Il a subi de nombreuses modifications au cours des siècles.
Voici ce qu'en dit Robert Faure dans son livre Encyclopédie du Champsaur (lien) : "Il a la forme d'un quadrilatère avec deux tours, l'une ronde, l'autre octogonale. Il possède un cadran solaire. A l'intérieur, une très belle cheminée dans la salle du premier étage et d'originaux plafonds "à la française". La famille du Serre posséda ensuite ce château pendant plusieurs siècles, jusqu'en 1789. Ce château a été rendu célèbre grâce à Faure du Serre qui raconte, dans "l'orciéreïde", les fêtes somptueuses qui s'y donnèrent quand le propriétaire, Pétrus Baille, gagna les élections mouvementées du Conseil Général d'Orcières.
Tout à fait en bas de cette photo, le manoir de Prégentil.
Le manoir de Prégentil.
La plus vieille maison du Champsaur, Prégentil.
Le "Manoir de Prégentil" fait partie du Patrimoine Culturel National. C'est le Ministre chargé de Monuments historiques qui a
décidé son inscription en Monument Historique par arrêté du 13 septembre 1988 publié au Journal Officiel. Des travaux ont pu être alors réalisés avec l'appui
des Monuments Historiques, notamment la réfection du toit et le ravalement de la façade.
Le Manoir de Prégentil est la plus vieille maison du Champsaur.
Elle a en effet connu, tout au long de ses 700 ans d'existence, des étapes mouvementées et une succession de châtelains et de propriétaires, ancêtres de familles
champsaurines actuelles : les Bonnet de Montorcier, les Degril du Ruisseau-la-Cour, les Faure-Gras d'Argentine, les Faure des Arnaud des Bonnets...etc.
De plus Prégentil a été un un lieu de résistance durant l'occupation allemande.
Dès son origine, une tradition orale raconte qu'Humbert II perdit son fils, André, âgé de deux ans, par noyade dans l'Adoux
(cours d'eau situé près du hameau de Montorcier) alors qu'il jouait près du torrent. Humbert II aurait alors décidé de rentrer dans les ordres et aurait donné Prégentil le 22 juin 1339
(cette information est sûre) à son maître d'hôtel Etienne Roux.
Voici d'autres informations que nous livre Robert Faure sur Prégentil dans son livre Encyclopédie du Champsaur (lien) " ......Ses deux tours crénelées qui se trouvaient aux deux angles du château ont disparu, mais sa façade, remaniée au XVIeme siècle est ornée de moulures élégantes et percée de croisées et de petits jours carrés à arêtes chanfreinés. La porte d'entrée en accolade est surmontée d'un écu aux armes de la famille Arnaud. : rose et fleur de lys (martelée pendant la révolution). Selon la tradition orale, il existerait des souterrains, partant de Prégentil, condamnés aujourd'hui parce que dangereux. L'un conduirait au château de Montorcier et un autre au torrent de l'Adoux.......".
Ce manoir a vu naître en ses murs Robert Faure. Ecrivain du Champsaur, journaliste, homme de télévision, il est le chantre infatigable des beautés et de l'histoire de cette région. Il a écrit six livres qui sont des références : Histoire et mémoire du Champsaur, Lesdiguières, Duc du Champsaur, Encyclopédie du Champsaur, Les quatre Saisons du Champsaur, Merveilles des Hautes Alpes, Les Hautes Alpes à découvrir.
Voilà pourquoi, M. Robert Faure a signé plusieurs de ses livres "Faure de Prégentil".
Un mot sur le Drac
- Sa longueur est de 130 km.
- Il prend sa source dans le Champsaur et résulte de la rencontre du Drac Blanc (vallée de Champoléon) et du Drac Noir (vallée d'Orcières dans le massif du Mourre Froid).
- Il se jette dans l'Isère en aval de Grenoble.
- Sur 130 km, quatre barrages ont été construits :
- Le barrage du Sautet. Pour lire l'article sur le Lac du Sautet cliquer ICI
- Le barrage Saint-Pierre-Cognet
- Le barrage de Monteynard-Avignonet
- Le barrage Notre Dame de Commiers
1 / Pour voir les photos anciennes (ci-dessus) de Saint-Jean-Saint-Nicolas et les commentaires de Robert Faure Cliquez ICI
2 / Pour lire l'article sur le village de Pont du Fossé : cliquer ICI
3 / Pour lire l'article sur le hameau de Saint-Jean- Cliquer ICI
4 / Pour lire l'article sur le hameau de Saint-Nicolas: Cliquer ICI
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Le hameau de Saint Jean.
Le hameau de saint-Jean fait partie de la commune de Saint-Jean-Saint-Nicolas. Si vous arrivez directement sur cet article, vous pouvez lire la totalité de l'article sur la commune en Cliquant ICI
Repérable de loin.
Lorsqu'on est à quelques kilomètres de Saint-Jean-Saint-Nicolas, le hameau de Saint-Jean se voit en premier.
Une fois dans la commune, Saint-Jean surplombe un peu l'ensemble de la commune.
Saint-Jean-Saint-Nicolas (H. A.) commune champsaurine du canton d'Orcières. Cette commune est constituée de nombreux hameaux dont les trois
principaux sont : Pont du Fossé, le Hameau de Saint-Jean, le Hameau de Saint-Nicolas. Au total : 1010 habitants.
Hameau central : Pont du Fossé (village commerçant et dynamique).
Deux paroisses: Saint Jean et Saint Nicolas. Pas d'église à Pont du Fossé mais un grand centre d'Accueil.
Un monument historique: Prégentil.
Des ruines: château de Montorcier.
L'église de Saint-Jean est également celle de Saint-Jean-Saint-Nicolas.
On retrouve dès le XIIe siècle, des écrits qui citent cette paroisse sous les noms de "Ecclesia Sancti-Joannis", puis "Parochia Sainctus Johannes de Monteorserio" au XVe siècle, et enfin "Saint Jean de Montorcier" au XVIIe. L'église actuelle a été construite en 1854.
Les paroisses de Saint-Jean et de Saint-Nicolas ont fusionné créant ainsi la commune Saint-Jean-Saint-Nicolas. Il n'y a pas d'église à Pont du Fossé mais un grand centre d'accueil catholique.
Cette paroisse a été tenue de 1936 à 1972 par l'abbé Louis Poutrain qui a profondément marqué la commune à plusieurs titres :
1 / Il a fondé un lycée professionnel (du même nom) qui fonctionne toujours.
2 / Il a été grand résistant pendant la guerre et s'est fait arrêté par la gestapo puis déporté.
3 / Il a tenu la paroisse pendant 36 ans.
4 / Il a contribué au démarrage de la station d'Orcières.
Atteint en 1936 d'une pleurésie, il était venu se reposer quelques mois à Saint-Jean...........Il y est resté 36 ans finalement. Nous allons revenir sur cette haute figure de Saint-Jean.
Paroisse de Saint-Jean et son cimetière au 1er plan. La tombe de Pierre et Louis Poutrain s'y trouve.
L'abbé Louis poutrain.
L'abbé arrive à Saint Jean en 1936 après avoir fait une grave pleurésie. Il vient donc dans les Alpes quelques mois pour se reposer et rendre service à la Paroisse. Mais finalement il y restera 36 ans.
39-45 La guerre.
L'abbé Louis Poutrain et son frère Pierre fondèrent en 1941 le lycée professionnel pour l'enseignement de la
menuiserie. Jusque là, rien de répréhensible. Mais en 1942 ils accueillirent clandestinement 20 jeunes Alsaciens (logés à la cure) qui ne voulaient pas être enrôlés dans l'armée
allemande puis dans la foulée accueillirent également une vingtaine de jeunes réfractaires au STO (logés dans le lycée : de faux papiers leurs permettaient de tricher sur l'âge
et donc de rester au lycée ).Tout cela était bien-sûr en lien avec la Résistance locale et en particulier avec le lieutenant Radères et le sous lieutenant Radius ( Collart dans la résistance
).
Photo transmise par Robert Faure.
Dénoncés par un jeune collaborateur qui était arrivé finalement à savoir ce qui se tramait dans la paroisse, tout le monde était arrêté dans la nuit du 12 au 13 novembre 1943.
La Gestapo et la Whehrmacht ( 400 soldats) cernent le village, investissent l'église, le presbytère, le lycée professionnel, et font une fouille systématique. Tout le monde est arrêté. Ils tirent à tort et à travers au point que le Père Poutrain (à son retour de déportation) qualifiera ces tirs de mortier et de mitraillettes de "totalement inutiles et ridicules". Les maquisards sont dans la montagne et leur maison vide. Les allemands sont dépités de ne pas trouver les acteurs principaux de cette résistance. Ils décident donc de brûler les maisons des FFI, surtout aux Tourronds et à Méoullion (ils sont très bien renseignés). Les résistants, avertis à temps, avaient pu quitter Prégentil pour fuir dans leur cache en montagne. Ce fût le cas en particulier du frère de Louis Poutrain. Pierre Poutrain (le frère de l'abbé) fut malheureusement arrêté quelques temps plus tard, torturé à Gap et fusillé.
Pour lire l'histoire de la résistance dans le Champsaur Cliquez ICI
La cure de la Paroisse où Louis Poutrain fut arrêté.
Il s'agit du presbytère où le père Poutrain logeait les jeunes alsaciens. A deux reprises au moment de l'arrestation le Père aurait pu s'échapper.....mais ne l'a pas fait. La première s'est passée de la façon suivante: prisonnier au rez de chaussée de la cure, le jeune allemand qui les gardait s'était endormi lourdement après une nuit difficile. Se réveillant, les yeux écarquillés, ce jeune leur demanda presque timidement :" tout le monde est-il là ? et le Père de répondre ( je n'ose pas dire paternellement ) oui tout le monde ! " La deuxième opportunité se passa au moment où on les fît sortir de la cure et qu'ils marchaient dans un petit chemin . Le père Poutrain réalisa qu'ils étaient 3 gaillards accompagnés d'un seul allemand plutôt petit. Ils pouvaient à la faveur d'un effet de surprise le maîtriser et s'échapper par des petits chemins qu'ils connaissaient bien mieux que les allemands. Ils ne le firent pas.....
Les allemands repartent avec tous les prisonniers, dont le Père Louis Poutrain (qui sera déporté jusqu'à
la fin de la guerre). Dans son livre "La déportation au coeur d'une vie", il signale qu'il n'eut la vie sauve que par le hasard des circonstances et l'aide d'un co-détenu qui le fera
boire à la petite cuillère pendant 15 jours alors qu'il était dans le coma et bouillant de fièvre.... Prisonniers également le Père de La Briolle, libéré quelques jours
plus tard après l'intervention de l'Eveque de Gap (en effet ce prêtre n'était que de passage dans la paroisse), les 20 jeunes alsaciens de la cure, la famille Demontis avec
leur bébé de quelques mois : la mère et l'enfant seront libérés rapidement. Proto Demontis suivra le chemin de la déportation avec le Père Poutrain, la cuisinière et son mari (qui
seront libérés quelques mois plus tard) François Lauzier de Chaillol (qui mourra en déportation à Mauthaussen le 19 Aout 1944 sans avoir vu la naissance de son 7em
enfant : ce sera une petite fille, 64 ans aujourd'hui.) ....... Beaucoup vont suivre l'horrible chemin de la déportation, en passant tout d'abord par la célèbre
villa Mayoli à Gap, puis les Baumettes à Marseille et enfin direction l'Allemagne, Fussenburg pour beaucoup (espérance de vie 3 mois maximum
).
Le frère de l'abbé, Pierre Poutrain fut capturé dans sa cache (cabane) comme nous le disions plus haut, quelques semaines plus tard, torturé à la villa Mayoli et
fusillé le 19 juin 1944, c'est à dire quelques jours avant la libération avec quatre autres résistants. Son corps fut transferé le 22 Aout 1946 dans le cimetière tout proche de la cure de
"Saint Jean" (voir photo plus haut) sur demande de son frère Louis Poutrain (après son retour de déportation).
Louis Poutrain et le lycée Professionnel.
Dès son arrivée en 1936 à Saint-Jean, l'abbé Louis Poutrain avait été frappé par les difficultés des jeunes du Champsaur,
qui se trouvaient, faute de formation, bloqués à la ferme souvent contre leur grè. Rapidement, il a pensé que la meilleure façon de les aider était de leur donner une
formation professionnelle. Le lycée fonctionne toujours, et les dimensions importantes des bâtiments surprennent dans un si petit
hameau.
C'est également avec ce souci des jeunes, que l'abbé Poutrain participa à l'émergence de la station de ski d'Orcières.
Il y aurait beaucoup à dire sur ce prêtre. J'ai lu son livre "La déportation au coeur d'une vie" : il est bouleversant, surtout lorsqu'il raconte les camps de concentration. On y apprend beaucoup de choses. Après avoir pris sa retraite en 1972, l'abbé est devenu aumonier des anciens déportés.
Le lycée aujourd'hui ( Site web : www.lyceepoutrain.fr ) :
Le lycée propose l'externat, la demi-pension et la pension.
Il assure les formations suivantes :
- 4è préparatoire à projet professionnel
- CAP installateur sanitaire
- Bac Pro systèmes électroniques numériques
- Bac Pro technicien en installation des systèmes énergétiques et climatiques
- Bac Pro technicien du froid et du conditionnement de l'air
- Bac Pro technicien menuisier-agenceur
Mais continuons la découverte du village.
Le château de Saint Jean faisait partie des 13 domaines nobles qui existaient encore, en 1789, dans la commune de
Saint Jean Saint Nicolas. Autres biens nobles: Montorcier, le Rival, Prégentil, Les Ricous, La Coche, Pré-la-Grange, La Pallue, Le Diamant, Les Arieys, La Tour, Le Freyne, Les
Roranches.
Belle tour du Château de Saint Jean.
Juste à côté de l'église, les Primevères font chambres et table d'hôtes.
Le Gîte de France "La Pallue".
Un cliché tout simple.....
Eh oui ! ......le temps se couvre. Dommage.
Nous voyons très bien, en arrière plan, les trois grands bâtiments du lycée professionnel.
A la sortie du village, un bel oratoire sous le vocable de "Notre Dame du Champsaur". L'agrandissement de la statue en médaillon, montre Marie portant dans ses bras des gerbes de blés.
............et une vue magnifique sur Pont du Fossé.
Un plan de la commune de Saint-Jean-Saint-Nicolas.
La Chapelle des Roranches
Ces photos proviennent de l'association "Sauvons la chapelle de Roranches" dont l'objectif est d'aider à la restauration de la chapelle actuellement gravement en péril. Le site de cette association est très bien fait. Vous pouvez cliquer ici pour le lire. Si vous souhaitez adhérer à l'association, faire un don ou avoir plus de renseignements, je vous conseille d'aller voir leur Site.
Rappel d'histoire :
Cette vieille chapelle se trouve au dessus de Saint-Jean à 1500 mètres d'altitude (voir plan au dessus).
Avant les années 1700, une première chapelle sous le vocable de l'Assomption avait déjà été édifiée en ce lieu et fut probablement détruite par une coulée de boue provenant du Palastre.
Elle fut reconstruite vers 1787, (le linteau au dessus de la porte en indique la date) sous le vocable de Saint-Pancrasse. Si aujourd’hui elle paraît décentrée, à l'époque elle était bien au coeur de ce petit hameau de 14 familles. Sa construction aurait été réalisée sur un terrain donné par un paroissien. Jusqu'à ces dernières années, une messe annuelle y était célébrée pour le 12 Mai, jour de la Saint Pancrasse.
Aujourd'hui la chapelle est en mauvais état et justifie des travaux (les derniers remontent aux années 30). Dans un souci de sécurité la cloche a été enlevée car elle menaçait de tomber et de provoquer un accident.
Les "Roranchons", soucieux de la conservation du patrimoine et voulant rendre un hommage à leurs ancêtres, souhaitent vivement que cette chapelle à laquelle ils sont très attachés retrouve un visage accueillant.
En redescendant, nous traversons le hameau de Montorcier.
Le hameau de Montorcier.
Juste un peu plus bas, le centre de montagne du Brudou
Le centre de montagne du Brudou. Il est situé dans Saint-Jean-Saint-Nicolas (au pied de Saint-Jean), en pleine nature, au bord du torrent "Le Brudou". Agréé par l'éducation nationale, ce centre de "Classes-découvertes" accueille entre 140 et 160 enfants toute l'année.
Pour lire l'article sur Saint-Jean-Saint-Nicolas en entier Cliquer ICI
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Les hameaux se sont installés sur le côté adret de la vallée (versant ensoleillé et chaud, favorable aux cultures et aux habitations) car l'hiver était rude.
En montant vers Saint Nicolas, on traverse le petit hameau des Ranguis. Cette chapelle est dédiée à "Notre-Dame". Elle a été restaurée en 1998. On se rend compte que pour vivre dans de meilleures conditions, les habitants s'étaient regroupés et organisés pour avoir tout à proximité. Juste à côté de cette place, le four communal restauré en 2008. Ce four était chauffé tous les 15 jours pour y cuire pains et tourtes. Et la fontaine bien-sûr........
Je suis toujours sur la place de la chapelle des Ranguis. La route monte vers St Nicolas.
Montée magnifique vers Saint-Nicolas.
Très belle vue sur Pont du Fossé. Le lieu est paisible.
Le hameau de Saint-Jean vu de la route montant à Saint-Nicolas.
Les Autanes (2519m) sont encore enneigées et le fond de l'air est frais. Mais la végétation ne se trompe pas. La floraison est au rendez-vous.
Saint Nicolas ( commune de Saint-Jean-Saint-Nicolas)
Initialement l'église de Saint Nicolas se trouvait toute proche du château de Montorcier. Sur les registres on la retouve sous différents noms : Ecclesia de Monteorsiero, puis au XVIe siècle Sanctus Nicolaus de Monteorsiero, et enfin Saint Nicolas de Montorcier au XVIIIe. Cette église primitive de Saint Nicolas fut détruite au cours des guerres de religion. A l'époque c'était la paroisse d'une multitude d'habitations et de petits hameaux. Elle ne fut reconstruite qu'en 1750, cette fois-ci, plus proche des habitations.
Il y a quelques années, cette nouvelle église paroissiale de Saint-Nicolas menaçait de s'écrouler. La commune a finalement décidé de la détruire. Le clocher et le presbytère (volets verts) ont été conservés. En médaillon un cliché de Robert Faure montrant le presbytère et le clocher vers 1920. Le presbytère est aujourd'hui propriété privé. Pour voir l'ensemble des photos anciennes de Saint-Jean-Saint-Nicolas (collection Robert Faure), Cliquez ICI
Une autre chapelle a été finalement construite récemment. Son clocher est un peu à part.
Le clocher est donc beaucoup plus ancien. Ces clochers-murs était appelait dans les Alpes, "Panelle".
Nous sommes à une altitude de1345m et le printemps est à peine perceptible.
A la différence du hameau des Ranguis, Saint-Nicolas s'étend le long de la route, sur plusieurs centaines de mètres. De nombreuses habitations
sont relativement récentes.
Pour lire l'article sur Saint-Jean-Saint-Nicolas en entier Cliquer ICI
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Dix points d'histoire sur Saint-Jean-Saint-Nicolas.
L'ensemble de ces photos (ci-dessus) proviennent de la collection Robert Faure.
1 / Dès la préhistoire, l'homme s'est installée dans cette vallée. Quelques pièces en pierre polie ont été retrouvées, ainsi qu'un dolmen aux Roranches.
2 / Hannibal : une grande question pour l'histoire locale. Est-il passé par cette région pour réjoindre l'Italie et attaquer Rome ?
Voici comment Robert Faure raconte cette épopée "..... Hannibal rassemble à Carthagène, en Espagne conquise, en 218 avant Jésus-Christ, 12 000 cavaliers, 50 000 fantassins et 37 éléphants, résistants et rapides. Et tout ce monde part vers la Gaule, traverse les Pyrénées, longe le Languedoc, s'approche de Marseille.......remonte l'Isère et le Champsaur......". Hannibal en prenant ce trajet inattendu veut surprendre les troupes romaines. Pour lire ce récit très intéressant de R. Faure Cliquez ICI
Donc Saint-Jean-Saint-Nicolas est au coeur d'une question d'histoire. Hannibal est-il pas passé par là ? N'aurait-on pas retrouvé quelques ossements d'éléphants si tel avait été le cas ?
A cette dernière question Robert Faure répond : ".......une découverte bien mystérieuse. On peut lire dans les Archives qu'en août 39, à La Bâtie, on a
découvert un dolmen (bagues, aiguilles en bronze et défenses d'éléphants) . Référence consignée aux archives départementales des Hautes Alpes (no F3435 page 1 à 12)
3 / Les Romains franchissent les Alpes de – 135 à -125 avant Jésus
Christ (soit dix ans d'invasion) et contrôlent rapidement la région qu'ils rattachent à leur Province de Narbonnaise dans un premier temps
puis à la Viennoise. Ce fut une période de grande stabilité pendant 600 ans ! ......
Cette situation demeura donc jusqu’aux invasions barbares du Ve siècle après JC.
Cette présence a été confirmée par exemple au Glaizil par la découverte
en 1840, à environ 3 mètres de profondeur, de tombes romaines dans le cimetière actuel du Glaizil, tombes en maçonnerie qui renfermaient des urnes de cendre. Par
contre très peu de trace de la présence romaine dans le Haut-Champsaur.
4 / Pendant 200 ans, au Veme et VIeme siècle, la région est envahie par les barbares. Curieusement c'est une époque prospère.
5 / Au Xeme siècle de nombreux Sarrasins sont venus s'installer dans cette région. On retrouve une "grotte des Sarrasins" au dessus de Saint-Jean-Saint-Nicolas. Une tour Sarrasine a été emportée en 1856 par le Drac. Les Sarrasins sont venus en Provence en 737 sur la demande des habitants pour être protégés contre les attaques des troupes de Charles Martel. Ils vécurent trois siècles en Provence, tantôt amis, tantôt ennemis. Au Xeme siècle beaucoup s'installèrent dans le massif des Maures (côtes d'Azur), d'autres montèrent dans les Alpes.....Nous retrouvons donc leur présence dans la vallée du Champsaur au Xeme siècle.
6 / On peut rappeler ensuite l'inclusion de la vallée dans le Saint Empire Germanique en
933 pendant quelques décennies. Mais après dissolution politique du Saint Empire, la reprise du pouvoir se fait par la hiérarchie locale et féodale :
la maison d’Albon ( 1029- 1162 ), de Bourgogne (1162- 1281 ), et celle de La Tour du Pin ( 1281-1349 ). La région devient
« de facto » un fief autonome. La continuité du pouvoir passe par le titre de Dauphin. En effet Guigues IV d’Albon se faisait appeler « Guigo Delphinus »
…Pour ne pas rompre la continuité , ses successeurs se feront également dénommer « Dauphin » ( ou Delphin ).
8 / Il revient au Duc de Lesdiguières (1543 -1626), après la période des guerres de religion, d’avoir rétabli
l’ordre et la prospérité. Il est d’ailleurs surprenant de voir cet homme, si titré et honoré en son temps, ami proche d’Henri IV, être pratiquement méconnu aujourd’hui. Son rôle a été
central pour la paix en France et dans le Dauphiné. Pour lire le chapitre sur le Duc de Lesdiguières cliquez ICI
9 / la résistance dans le Champsaur en 39-45. En tout début de guerre la résistance a du mal à se mettre en place. Plusieurs groupes s'organisent mais avec beaucoup de difficultés. Cette résistance n’est pas vraiment efficace même si elle est marquée par des actes d’héroïsme et de coups d’éclats. Ce n'est qu'en juillet 1944, avec l'arrivée du colonel Drouot L'hermine que tous ces groupes vont se fédérer.
Je vous invite à découvrir un des articles le plus lu de ce blog à savoir "la résistance dans le Champsaur" et en particulier celle du hameau de St Jean (abbé Poutrain), de Champoléon, de Chauffayer....... : Cliquez ICI
10 / Emigration Champsaurine vers l'étranger. La vallée a été pauvre dans les siècles passés, et beaucoup ont été tentés par l'aventure de l'émigration, vers les USA, le Canada, l'Argentine, et même l'Afrique du Nord qui était alors colonie française ou sous protectorat.
Une partie de la famille de Robert Faure est partie en Argentine. Il a pu les recontacter récemment grâce à Internet et l'idée d'une venue en groupe de ses cousins argentins à Pont du Fossé a germé.
Voici comment R. Faure raconte cette histoire peu commune " Pour ma part, je lançais, par internet, en février dernier, un appel pour tenter de retrouver des petits fils, ou arrière petits fils de ma tante Marie Faure (soeur de mon père), partie en Argentine en 1906, dont on n'avait plus de nouvelles depuis une cinquantaine d'années. Mission grandement réussie... Je suis maintenant en correspondance avec eux."
Depuis 100 ans, ces cousins originaires de Pont du Fossé, se voient régulièrement en Argentine, et une cousinade des Faure a encore eu lieu en décembre 2010 à Buénos Aires. Cent une personnes y ont participé. Robert raconte : " Dans les discussions, lors de cette cousinade, tous ont découvert que, dans l'histoire de chaque famille, ne s 'était jamais perdu l'amour du vieux village de montagne. Le nom de Pont du Fossé était sur toutes les lèvres. Et chacun affirmait que, dans toutes leurs maisons argentines, on se régalait , encore et toujours, de tourtons du Champsaur. Oui, on sait encore les préparer selon des recettes qui datent de plus d'un siècle et qui se sont transmises génération en génération! "
Pour lire l'article sur cette émigration en Argentine (article R. Faure) Cliquez ICI
Concernant l'émigration Champsaurine vous pouvez lire également :
1 / - L'émigration vers les USA (article R. Faure) cliquez
ICI
2 / - L'histoire extraordinaire de Gueydan de St
Bonnet aux USA (article R. Faure) cliquez ICI
3 / - Certains sont même partis en chine ! (article R. Faure) Cliquer ICI
4 / - Récit d'un émigrant Champsaurin vers les Amériques (article R. Faure) Cliquez ICI
5 / - La musique Champsaurine exportée aux USA (article R. Faure et G Dôle)cliquer ICI
1 / Le village de Pont du Fossé. Pour le lire cliquer ICI
2 / Le hameau de Saint-Jean- Cliquer ICI
3 / Le hameau de Saint-Nicolas: Cliquer ICI
4 / L'histoire de Saint-Jean-Saint-Nicolas Cliquer ICI
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