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La RESISTANCE 39-45 dans le Champsaur
French resistance 39 45 in Champsaur
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Je dédie cet article au Pr Marcel francis Kahn, résistant à l'age de 15 ans à Chauffayer ...........et à ses compagnons d'armes .
Henri Frenay , Jean Moulin , Berthe Albrecht , Henri
Roi-Tanguy .
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La mémoire collective a un souvenir très vif des hauts lieux de la Résistance 39 – 45 comme le Massif du Vercors , le plateau des
Glières , ou le Mont Mouchet . Mais il faut savoir que le Dauphiné a été également retenu par l'histoire comme un lieux de résistance très sérieux .Et nous allons voir dans cet
article , à quel point le maquis du Champsaur avait préparé et favorisé la remontée fulgurante des américains en Aout 1944 par la route Napoléon : 8 jours entre le
débarquement de Provence et son entrée à Grenoble !
Nous avons en mémoire par ailleurs les noms de résistants illustres comme Jean Moulin bien-sûr , Rémy Fresnay , JP
Lévy, ou Emmanuel D’Astier de La Vigerie , et bien d’autres encore .
Mais on se rend compte que la résistance fut bien plus large que cela , étendue dans tout le pays , diffuse , touchant tous les milieux
sociaux surtout à partir de 1941 .
. En début de guerre , la résistance
a du mal à s'organiser .
En tout début de guerre un grand nombre de réseaux ne s’organisent qu'avec beaucoup de difficultés , indépendants les uns des
autres malheureusement , à partir d’affinités géographiques , politiques , humaines . Cette résistance n’est pas vraiment efficace même si elle est marquée par des actes d’héroïsme
et de coups d’éclats . Londres d’ailleurs se méfie de tous ces groupes qui lui échappent et ne fournie pas l’aide nécessaire en arme ou en matériel de communication . Les
anglais se méfient également de De Gaulle , ne lui donnant les informations qu’au « compte gouttes » et le plus souvent au dernier moment
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Le grand mérite de De Gaulle est d’avoir pressenti la faiblesse d’une Résistance éparpillée , et d’avoir tout fait pour unifier , rassembler ces
différents groupes .
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Sabotage par les maquisards d'un train .
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Un évènement grave va révéler et catalyser cette résistance . En effet Jean Moulin , alors préfet de l’Eure et Loire
est brutalement arraché de son bureau le 17/06/1940 par les SS, pour signer un document et reconnaître la responsabilité de soldats noirs de l’armée française dans le viols de femmes
et le massacre d’enfants . Assuré initialement de la correction des allemands il découvre en réalité l’extrême violence des SS . Il refuse de signer . Conduit alors sur le charnier ,
il est roué de coups , reçoit des coups de crosses , de pieds en plein visage . Il refuse toujours . Finalement il est conduit à la prison de Chartres et mis dans une cellule
lugubre avec un sénégalais . La nuit même , il décide de se suicider en se tranchant la gorge ( cet épisode m'a beaucoup surpris , car pour mettre un homme de son envergure ,
dans un état suicidaire en une seule journée , c'est qu'il avait du voir des horreurs...... ) . On le retrouve inanimé vers 5h du matin , et conduit à l’hôpital de
toute urgence . Le 22 juin , le Dr Foubert prend sur lui la responsabilité de le faire sortir .
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Jean Moulin décide alors , après de tels évènements et sa prise de conscience , de rejoindre le 20 septembre
De Gaulle à Londres . Il a 41 ans . De Gaulle lui confie la lourde ( et très risquée ) tâche d’organiser et d’unifier la résistance et deviendra le président « du Conseil
National de Résistance »
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Histoire et génèse de la Résistance Nationale .
Avant tout il faut bien comprendre que cette résistance a été de nature idéologique bien-sûr et humaine car il était insupportable de
voir sa Patrie occupée .
Certaines choses vont toutefois catalyser et amplifier cette résistance à partir de 1941 .
1 / De Gaulle en est l’instigateur dès l’appel du 18/06/1940 comme nous venons de le voir , entouré d’hommes de qualité comme Jean Moulin ,
Chaban-Delmas , qui connaissent le terrain , et font des aller-retours entre Angleterre et France .
2/ Les Français découvrent les exactions des SS et la barbarie de leurs actes …….et l’humiliation .
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Village du Vercors . Dévastation ! .
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3/ Hitler attaque le 10 juin 1941 l’URSS malgré un pacte de « non agression » . Jusque là les communistes
français étaient réservés . Ils se décident donc d’entrer massivement dans la résistance en créant leur propre réseau . On sait à quel point ils prirent une grande part à la
libération de Paris ……au point de faire peur à De Gaulle .
4 / Le débarquement des alliés en Afrique du Nord le 11 novembre 1942 , poussent les allemands par prudence à dissoudre l’armée
française d’armistice . Ils envahissent le sud de la France qui était en zone libre . Conclusion , les casernes se vident et rejoignent le maquis , en particulier les Chasseurs
Alpins .
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Chasseurs Alpins au Plateau des Glières .Libérés de leurs obligations ,
ils rejoignent le maquis . Ils furent la "bête noire" des allemands , leur priorité .
L'excellente formation militaire des chasseurs
alpins et leur parfaite connaissance du terrain , leurs avaient permis de créer des zones inaccessibles aux allemands . On a pu parler de "
forteresse du Vercors ". ....malheureusement on connait la suite .
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5 / Enfin l’institution le 20 février 1943 du « Service du Travail obligatoire » pour les hommes de 20 à 23 ans . Beaucoup
refuseront et rejoindront la résistance intérieure .
Le général De Gaulle insistera beaucoup auprès des alliés pour exploiter plus largement la résistance intérieure française . Cela lui sera refusé .
Sentant venir le débarquement en Provence il redemandera qu’une division française aéroportée soit parachutée sur le Dauphiné pour encadrer ce formidable potentiel humain
de résistance . Nouveau refus . Le général voulait à tout prix instituer dans cette région le « Gouvernement Provisoire de la République » ( GPR ) . Mais là aussi on
lui met des bâtons dans les roues .
Une des qualités du général à cette époque , et qui est rarement soulignée , fut de ne pas baisser les bras et de faire le maximum avec ce qui lui était
imparti , en mettant (à ce moment là ) son orgueil sous les pieds . Cela explique par contre sa politique quelques années plus tard , face à l’OTAN , ou aux allés
…..
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Résistance
dans le Champsaur
Ce qui vient d'être dit sur l'émergence de la Résistance en France , demeure vrai pour le Champsaur avec deux nuances toutefois :
1 / C'est à priori l'institution du "Service du Travail obligatoire " en 1943 qui a fourni le plus grand nombre de jeunes résistants aux FFI .Ces jeunes vont donc
rejoindre le maquisards de Chauffayer , St Firmin , La Laye , St Bonnet , La Fare ....et surtout Champoléon . Cette vallée fut un lieu de regroupement important de la
résistance .
On peut également citer dans la même catégorie , les jeunes alsaciens refusant d'intégrer l'armée allemande et qui rejoignent la Résistance .
Ce fut le cas à Champoléon pour 20 d'entre eux .Certains ont appris plus tard que leur famille en Alsace avait été déportée suite à leur désertion ! On se
rend compte que les Allemands ne laissaient rien au hasard . Cette information m'a beaucoup fait réfléchir : entrer dans la résistance c'était une chose , engager sa famille en
était une autre .......
Cette photo date de Février 1943 . Il s'agit du groupe de résistants des
Garnauds à Champoléon . Pierre Poutrain ( le frère du Père Louis Poutrain ) debout , deuxième à gauche fut capturé dans la cabane où il se cachait et fusillé
le 19/06/1944 . Son frère le père Louis fut déporté . Nous parlons d'eux un peu plus loin .
2 / Et par ailleurs il faut bien comprendre que l'attachement d'une population rurale à sa terre n'est pas un vain mot . Il était insupportable aux Champsaurins , eux qui
connaissaient le moindre chemin , village ou sommet ....de voir débarquer des allemands qui voulaient imposer leur loi et qui plus est , avec violences .
L'obsession des FFI , les armes et les moyens de communication .
Comment s'attaquer à un ennemi aussi puissant que ne l'était l'armée allemande , aussi structurée et équipée .Le travail de la résistance devait
donc s'inscrire dans le temps , se faire méthodiquement , de façon intelligente .
Le premier travail des maquisards , fut de récupérer toutes les armes du secteur . Il s'agissait d'une action dangereuse pour
eux-mêmes et pour la population qui y contribuait .Ils organisèrent par ailleurs et récupérèrent des parachutages d'armement sur le plateau
d'Ancelle .
Deux jeunes Saint-Cyriens , Rouxel ( 22 ans ) et Radius ( 22 ans ) et le sous-lieutenant
Vollaire encadrèrent et formèrent les jeunes résistants de la vallée . Le centre de leur action se situait sur les villages de Champoléon et de
Prégentil .
Le Groupe de Résistants de Prégentil ( photo extraite du livre du Père Louis Poutrain :"la
déportation au coeur d'une vie" ) .Ces jeunes Alsaciens étaient cachés par Louis Poutrain . Ils refusaient tous d'intégrer l'armée allemande . De gauche à droite : Emile
Arnaud , René Baumann , Pierre Poutrain ( fusillé le 19/06/1944 après avoir été capturé dans sa cache ), Léon Specklin , Armand Hengy , Henri Parmentier ( tué au combat à Laye le
17/07/1944) .
Le père Poutrain , en les voyant s'entendre si bien , prêts à rendre service à tout moment et parfois au péril de leur vie , disait d'eux dans son livre
: "quelle belle jeunesse..... ".
A propos également de ce groupe , je cite le livre de Léon Specklin ( 22 ans à l'époque ) " A Champoléon , il y avait deux
camps de maquisards : un aux Tourronds et un autre aux Méoullions ( le groupe de Prégentil se joignait souvent à eux ).... Un matin nous nous sommes retrouvés dans
le bois au dessus du pont de Corbières , nous présentions les armes au Colonel Descours , un des commandants du Vercors . Le soir nous avons
transporter des armes cachées dans une grotte et nous les avons déposées avec l'aide des 2 maquis dans une cachette non loin des Borels . Un autre soir nous eûmes aux Garnauds la
visite du père du sous-Lieutenant Vollaire , un ancien colonel de réserve ......Il nous disait son espoir d'une victoire
prochaine , et nous rappelait que nous aurions une carte importante à jouer ....les responsables militaires savaient qu'ils pouvaient compter sans réserve sur les jeunes résistants de la
vallée ...."
Ce texte est plus riche qu'il n'y paraît . On y découvre que la hiérarchie militaire du Vercors encadrait la Résistance du Champsaur , que
certains militaires de réserve y participaient , que beaucoup d'actions se passaient la nuit , que les armes commencaient à affluer ......
Juste après ce passage d'ailleurs on apprend qu'on demandait à ces jeunes d'aller informer la nuit , tel ou tel village avoisinant : tous étaient volontaires , tous
étaient partants pour prendre ce risque . A cette époque le bruit courrait déjà qu'un débarquement était éminent .
Parachutage du matériel .......les vélos sont très appréciés comme moyen discret pour se déplacer ...et gagner du temps .
Deuxième objectif : cacher toutes les personnes susceptibles d'être arrêtées : les juifs , les résistants connus , les jeunes
qui refusaient le STO .....Ces personnes trouvaient refuge , soit dans la montagne ( comme dans le Vercors ) soit chez l'habitant. A Chauffayer deux
familles juives ont été cachée par Jean Jourdan , instituteur révoqué par Vichy : ces deux familles ont été sauvées .
La résistance procurait à ces jeunes ( et moins jeunes ) des fausses pièces d'identité , grâce d'ailleurs à l'administration française , des papiers qui les rajeunissaient afin
d'éviter le travail obligatoire ( STO ) .
C'est à cause de ces faux papiers que le groupe de "Prégentil " s'est fait démasquer . Un collabo s'est introduit dans le groupe , a repéré les faux papiers , les habitudes du groupe , et
les allemands sont intervenus et ont fait une rafle .
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Ces hommes vivaient dans la montagne , dans des conditions très difficiles . Se faire attraper était synonyme d'exécution
sommaire .
Quelle tristesse ! Sur aggrandissement , on voit plusieurs soldats sourirent. C'est à remettre bien-sûr dans le contexte de l'époque !
La dramatique rafle de Prégentil
Dans le Haut Champsaur , l'ancienne ferme de Prégentil, déjà citée plusieurs fois fut un lieux de Résistance très connu ........
En effet l'abbé Louis Poutrain et son frère Pierre fondèrent en 1941 un lycée professionnel pour l'enseignement de la menuiserie . Jusque là ,
rien de répréhensible .Mais en 1942 ils accueillirent 20 jeunes Alsaciens ( logés à la cure ) qui ne voulaient pas être enrôlés dans l'armée allemande puis dans la foulée
accueillirent également une vingtaine de jeunes réfractaires au STO ( logés dans le lycée : de faux papiers leurs permettaient de tricher sur l'âge et donc de rester au
lycée ).Tout cela était bien-sûr en lien avec la Résistance locale et en particulier avec le lieutenant Radères et le sous lieutenant Radius ( Collart dans la résistance ) .
Photo transmise par Mr Robert Faure ( historien du Champsaur et journaliste ) . Il a eu l'amabilité d'apporter quelques corrections utiles dans ce long
article sur la Résistance .
C'est dans ce bâtiment que l'abbé Poutrain avait fondé en 1941 une école professionnelle pour l'enseignement de la menuiserie. Et c'est dans cette école que logeaient une
vingtaine de jeunes de la région réfractaires au S.T.O.
Dans la nuit du 12 au 13 novembre 1943 la Gestapo et la Whehrmacht ( 400 soldats ) cernent le village , arrêtent toutes les personnes
présentes à la cure . Les résistants, avertis à temps, avaient pu quitter Prégentil pour fuir dans leurs caches en montagne
. Ce fût le cas en particulier du frère de Louis Poutrain , au grand dépit des allemands qui le prenaient pour un des principaux responsables . Nous expliquerons comment il fut
arrêter quelques temps plus tard, torturé à Gap et fusillé . ( je parle longuement de Pierre Poutrain, tout à fait en fin
d'article et du témoignage que Louis Poutrain fît sur son frère : admirable ) .
Le Père Louis Poutrain à droite , quelques heures avant la rafle . Il fut arrêté sans
ménagement et déporté à Fussenburg .....d'où il pût revenir après la guerre .Il a publié en 1982 un livre intitulé " La Déportation Au Cœur d'Une Vie
" (Éditions du Cerf) .J'ai eu personnellement beaucoup de mal à me le procurer car épuisé . Une internaute me la prêté......
A gauche le père Joseph, missionnaire capucin, photo de 1941 extraite du livre "Le Champsaur histoire et mémoire" de Robert Faure...... à
lire
Les allemands cernent le village , investissent l'église , le presbytère , le lycée professionnel ,et font une fouille systématique . Ils
tirent à tort et à travers au point que le Père Poutrain ( à son retour de déportation ) qualifiera ces tirs de mortier et de mitraillettes de "totalement inutiles et ridicules
" . Les maquisards sont dans la montagne et leur maison vide . Les allemands sont dépités de ne pas trouver les acteurs principaux de cette résistance . Ils décident donc de brûler
les maisons des FFI , surtout aux Tourronds et à Méoullion ( ils sont très bien renseignés ) .
Il s'agit du presbytère où
le père Poutrain logeait les jeunes alsaciens . A deux reprises au moment de l'arrestation le Père aurait pu s'échapper.....mais ne l'a pas fait .La première s'est passée de la
façon suivante :prisonnier au rez de chaussée de la cure , le jeune allemand qui les gardait s'était endormi lourdement après une nuit difficile . Se réveillant, les yeux
écarquillés, ce jeune leur demanda presque timidement :" tout le monde est-il là ? et le Père de répondre ( je n'ose pas dire paternellement ) oui tout le monde ! " La deuxième
opportunité se passa au moment où on les fît sortir de la cure et qu'ils marchaient dans un petit chemin . Le père Poutrain réalisa qu'ils étaient 3 gaillards accompagnés
d'un seul allemand plutôt petit . Ils pouvaient à la faveur d'un effet de surprise le maîtriser et s'échapper . Ils ne le firent pas .....
Les allemands repartent avec les prisonniers , dont le Père Louis Poutrain ( qui sera déporté jusqu'à la fin de la guerre : dans son livre il
signale qu'il n'eut la vie sauve que par le hasard des circonstances et l'aide d'un co-détenu qui le fera boire à la petite cuillère pendant 15j alors qu'il était dans le coma et
bouillant de fièvre...) , le Père de La Briolle ( qui sera libéré quelques jours plus tard après intervention de l'Eveque de Gap : en effet ce prêtre n'était que de
passage à Prégentil ) , les jeunes alsaciens de la cure , la famille Demontis ( avec leur bébé de quelques mois : la mère et l'enfant seront libérés
rapidement . Proto Demontis suivra le chemin de la déportation avec le Père Poutrain ) ,la cuisinière et son mari ( qui seront libérés quelques mois plus tard
) François Lauzier de Chaillol ( qui mourra en déportation à Mauthaussen le 19 Aout 1944 sans avoir vu la naissance de son 7em enfant : ce sera une petite
fille , 64 ans aujourd'hui .) ....... Beaucoup vont suivre l'horrible chemin de la déportation , en passant tout d'abord par la célèbre
villa Mayoli à Gap , les Baumettes à Marseille puis direction l'Allemagne , Fussenburg pour beaucoup ( espérance de vie 3 mois maximum ) .
Le frère du prêtre , Pierre Poutrain fut capturé dans sa cache ( cabane ) comme nous le disions plus haut, quelques semaines plus tard , torturé à
la villa Mayoli et fusillé le 19 06 1944 , c'est à dire quelques jours avant la libération avec quatre autres résistants .Son corps fut transferré le 22 Aout 1946 dans le cimetière tout
proche de la cure de "Saint Jean" sur demande de son frère Louis Poutrain ( après son retour de déportation ) .
Le Père Poutrain décoré de la légion d'honneur en 1975 ( 81 ans ) .
Cette rafle de Prégentil eût lieu grâce aux renseignement donnés par un jeune collabo
( Mr Grasset ) qui était arrivé à s'introduire à la cure, de nuit, et à découvrir les faux papiers que le Père Poutrain utilisait pour ses jeunes .
Dans son livre " la déportation au coeur d'une vie" , le père Poutrain se posait la question de savoir s'il n'avait
pas manqué de prudence en se faisant livrer par exemple directement au presbytère toute la nourriture de ses hôtes ( 20 alsaciens ) alors qu'il aurait
dû se faire livrer au Lycée puis ensuite transférer de nuit en cachette . Avait-il été imprudent également en laissant les papiers
de ses jeunes hôtes dans un tiroir de son bureau ? Beaucoup dans le village connaissaient son activité .
Lorsque le jeune collabo est arrivé à Prégentil , il a été rapidement renseigné et a trouvé les papiers sans difficultés.
Mais laissons ces questions de côté et retenons surtout le courage et la générosité de ce prêtre dans un moment si difficile .
Le même collabo permit en décembre 1943 , une deuxième rafle dans le village
de St Firmin .
Se faisant passer pour un séminariste , qu'il n'était pas bien-sûr, il organisa une soirée de Réveillon à St Firmin .
Vingt jeunes réfractaires au STO s'y rendirent et en pleine fête, la Gestapo débarqua . Ce traitre prétextant des nausées s'était éclipsé
quelques minutes avant . Quant aux vingt jeunes , ils furent arrêtés et déportés ......dix arrivèrent à s'échapper pendant leur transfert , les uns à Dijon (
17/03/1944) les autres à Paris ( 19/03/1944 ). Six furent déportés , quatre partirent pour l'Allemagne dans le cadre du STO . Les jeunes filles présentent
à cette soirée , restèrent libres .
La rafle se passa dans cette maison en contrebas en
haut du village de St Firmin . ( La photo peut être retirée sur simple demande à glaizil@hotmail.fr )
Par l'intermédiaire de ce traitre , les allemands se rendirent compte de l'importance de la Résistance sur le secteur et du
nombre de réfractaires aux STO . A cause de lui 172 Champsaurins furent déportés, d'une façon ou d'une autre et seulement 89 survécurent .Ce jeune collabo
toucha 800 francs ( soit 8 nouveaux-francs ) pour cette basse besogne.
Le village de Saint Firmin où se déroula la rafle de décembre 1944 .
L'émoi fut tel dans le village de St Firmin et la région que les gendarmes se sentirent obligés d'enquêter sur ce jeune . Mais cela ne relevait
pas de leur compétence . La Gestapo intervint quelques heures plus tard , prévenue à nouveau par ce traitre .Les quatre gendarmes ont été arrêtés mis en prison
pendant 4 mois . L'un d'eux rencontra le Père Poutrain aux Baumettes à Marseille et ils comprirent ensemble qu'ils avaient été trahis par le même jeune .
On apprit plus tard , à la libération ,que plusieurs membres de la famille de ce jeune , avaient été résistants à Toulon !
Qu'est devenu ce collabo ? Dans aucun document son nom n'est mentionné et encore moins dans le livre du Père Poutrain qui est très
discret sur cet homme ( mai 2008 : un document écrit par Richard Duchambo signale qu'il s'agissait du jeune Grasset ) . Aucune indication n'est donnée sur
son devenir . Je suppose qu'une enquête a eu lieu après la libération puisqu'il est question de sa famille qui fût résistante .
Mais aussi des combats dans le
Champsaur.......
Le combat de Laye se déroula le 17/07/1944 . Il s'agit d'un épisode tout
à fait étonnant .
Voici les faits : les résistants apprennent qu'un des leurs a été arrêté à St Bonnet et que la voiture de la Gestapo, à l'intérieure de laquelle il se trouve, va
passer à Laye juste avant le col Bayard et la descente sur Gap .
Les allemands montent cette côte , direction Gap lorsqu'ils sont
attaqués par la résistance .
Les maquisards se mettent en ambuscade le long de la route , des 2 côtés , proches des "Roberts" . Il s'agissait donc au départ d'une "mission commando" , éclair,
pour libérer un prisonnier ..... Mais en quelques secondes tout va basculer . Un jeune combattant tire trop tôt et sans ordre . Les allemands ayant entendu le coup partir ,
font preuve d'expérience et peuvent éviter le pire , se mettent en position et ripostent . Mais plus grave : les maquisards ne savaient pas qu'un
camion rempli de soldats suivait juste derrière .
Le combat s'engage durement . Les français auraient dû décrocher rapidement . Paul Héraud qui était partisan des attaques "éclairs" ,
fulmina plusieurs jours contre cet acharnement au combat, et déplora amèrement les morts .
Les deux camps vont chercher des renforts et les combats s'intensifient. Anecdote (qui aurait pu être très grave ) : une fillette traversa la route en plein
milieu de la fusillade complètement inconsciente de ce qui se passait . Elle pût malgré tout renseigner les maquisards sur les positions allemandes !
Les combats durèrent jusqu'à la tombée de la nuit ......tardivement en Juillet .
Dépités par cette attaque les allemands brûlèrent les maisons avoisinantes ....
Les maquisards apprirent au retour de cette mission plus ou moins ratée, que la voiture de la Gestapo (la même)avait abattu froidement, 20 minutes plus tôt, un
Champsaurin dénommé Paulin Faure, au niveau des "Barraques " près de Saint Bonnet . En effet, voulant aider une personne agée qui devait se rendre à
Gap , Paulin avait fait signe à cette voiture banale pour qu'elle s'arrête . Il ne savait pas qu'il s'agissait en fait de la Gestapo . Afin de dégager la route ou peut-être par
peur d'une ambuscade , ils tuèrent cet homme froidement .
Les conséquences :
Il y eut quatre morts côté français et de nombreux blessés .
Panzini Roger .
Para Amédé ( issu du scoutisme ).Voilà comment cela se passa : il voulut informer des résistants qui se trouvaient un plus loin ,
qu'une manoeuvre allait se faire . L'information était importante .Sa dernière parole fut : " ce sera ma BA de la journée" . Il n'avait pas fait quelques mètres qu'il fut
abattu d'une raffale de mitraillette .
Parmentier Maurice ( un des jeunes accueilli clandestinement par le Père Poutrain )
Vallon Henri .
Autre conséquence de ce combat : les allemands prirent conscience de l'importance de la résistance sur le secteur et de la modernité de leurs armes . Ils
demandèrent du renfort en haut lieu qui n'eut pas le temps d'arriver avant Aout 1944 . Conclusion : ils n'osèrent plus s'aventurer dans cette
vallée . Et lorsqu'ils remontèrent le Champsaur en Aout 1944 pour rejoindre le Nord-est , la Résistance les harcela sur tout le trajet au point qu'ils durent
se rendre complètement à Vizille . ( voir description plus loin )
Une course pousuite le 10 Aout 1944 jusqu'au fond de la vallée du
Valgaudemar ( soit dix jours avant la libération )
La surprise fut double dans cette vallée ( qui est perpandiculaire au Champsaur ) car les habitants y vivaient depuis le début de la guerre comme en terre libre (
pas d'allemands) et par ailleurs on savait que depuis les combats de Laye les allemands ne s'aventuraient même plus dans le Champsaur .
Voilà donc ce qui est arrivé et qui aurait pu très mal tourner ......
Le groupe de maquisards mené par le lieutenant Russe Stavro ( pourquoi Russe ? ) a été finalement repéré par les allemands . Une course poursuite
s'engage à travers le Champsaur .
Les résistants n'ont plus de munitions et sont à bout de force .Ils sont épuisés .
Arrivant à la bifurcation vers la Chapelle en Valgaudemar ils hésitent : soit ils vont tout droit vers La Mure et Grenoble avec le risque de tomber sur une autre
patrouille allemande qui viendrait dans l'autre sens , soit ils rentrent dans cette vallée très encaissée , en cul de sac , d'où ils ne peuvent plus sortir
.
Le lieutenant opte pour rentrer dans la vallée et ce fut très judicieux .
Les allemands ont peur d'une ambuscade mais les poursuivent jusqu'à Villard Loubière . Puis prudents ils font demi-tour et
ressortent de la vallée .
Les maquisards épuisés sont accueillis deux villages plus loin . Ils sont cachés dans l'église où on leurs donnent les premiers soins . Puis ils s'endorment aux dires
des témoins avec une rapidité étonnante . Tous furent sauvés . Dix jours plus tard c'était la libération .
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