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 Quatrième thème / FRANCOIS DE BONNE , DUC DE LESDIGUIERES
 
Pour l'histoire de son château cliquer ICI
.
Le Duc de Lesdiguières, (1543- 1626) fut un des personnages les plus titrés de l'histoire de France. Ami d'Henri IV dès son enfance, ce Champsaurin fut un chef d'armée et un meneur d'hommes exceptionnel.

   
Il faut distinguer deux périodes très différentes dans la vie de Lesdiguières:

La première partie de sa vie : il participe aux affrontements religieux catholiques-protestants dans le Champsaur. Il monte très vite dans la hiérarchie militaire protestante et s'impose comme leur chef. C'est alors qu'il commet beaucoup d'exactions, qu'il pille et profane  les 2/3 des églises de la région (or des ciboires ...), vole le trésor d'Embrun dont une magnifique statue de La Vierge Marie en or,  de Gap et de  nombreux monastères .....  900 villages de la région seront volés et brulés !  Il  fait rapidement fortune  et s'impose  ainsi dans toute la région grâce à des qualités de chef militaire hors norme et malheureusement son absence totale de scrupule. Le Roi  voit en lui  un homme exceptionnellement doué dans l'art militaire, " rusé comme un renard" , mais il s'en méfie. Devait-il en faire un ennemi ou un allié ?

Dans la deuxième partie de sa vie,  à partir de 1595,   la couronne de France lui demande ouvertement son aide face au  Duc de Savoie Charles Emmanuel qui  profitait des guerres religieuses en France pour récupérer la Savoie. En réalité l'ambition du Duc de Savoie était d'étendre ses terres jusqu'au Rhone.
Henri IV puis Louis XIII, conscients de l'enjeux, se firent très généreux à  l'égard de Lesdiguières, en argent et en titres honorifiques. Sa fortune  devint colossale.
Un exemple : lors de la bataille de Pontcharrat face aux Piémontais (5000 morts),  Lesdiguières emporta un butin de guerre énorme. Pratiquement tous les soldats ennemis étaient porteurs de chaînes en or et de bourses bien remplies.
.

François de Bonne , le Duc de Lesdiguières .
 
 
Ce  BLOG  a été écrit à partir de QUATRE sources principales :

1 / Tout d'abord du livre remarquable de Robert Faure intitulé "Lesdiguières duc du Champsaur" (voir référence en fin d'article). Mr Robert Faure a eu l'amabilité d'écrire plusieurs articles dans ce blog (voir catégorie en haut à gauche ).

2 / le  dictionnaire d'histoire  de France « Perrin », 

3 / l
es écrits de Mr Roux du village de St Bonnet intitulé «  histoire et patrimoine du Champsaur », 

4 /
d'un fascicule édité par le conseil général des Hautes Alpes intitulé "sur les terres du Glaizil, l'empreinte de Lesdiguières, dernier connétables de France" .
  


Curieusement dans les dizaines d'écrits, sites, blogs que j'ai pu lire par ailleurs concernant le Duc de Lesdiguières  il y a beaucoup d'inexactitudes et de contradictions. J'ai donc essayé de faire une synthèse de tout cela et laisser émerger les points communs à toutes ces informations.      
  
QUEL HOMME ETAIT-IL ?
 
Nous devinons à travers son histoire que Lesdiguières était un homme hors du commun .
Il m’a paru intéressant d’approcher d'emblée sa personnalité. 
 
Buste du Duc réalisé par Jean de Paris
 
Les qualités incontournables ……
Il fut un chef militaire hors pair. Alors qu'il  n'avait initialement aucune fortune personnelle et que son premier poste dans l'armée  fut archer, il domine en très peu de temps le Champsaur ( à 32 ans) et termine sa carrière en étant proche du Roi, grand Connétable de France, chef de toutes les armées de France, Duc du Champsaur. 
Il avait donc des qualités de meneur d'hommes extraordinaires, une intelligence par ailleurs qui  avait fait l'admiration de ses professeurs au collège de Navarre,  une clairvoyance surprenante .....
Toute sa vie il négocia avec ses adversaires, mais aussi avec le Roi, avec beaucoup d'habileté .

Il fut  un administrateur d’envergure particulièrement efficace .En effet dans la 2eme partie de sa vie, alors que le Champsaur a été ravagé par la guerre, il reconstruit ponts, digues, villages, châteaux, fortifications.....( voir la liste plus bas ).

Sa clairvoyance et sa fidélité au Roi  l'ont mené aux premiers postes de l'état .
A la mort d'Henri IV ( Louis XIII n'a que 9 ans ) il aurait pu devenir Roi en intriguant quelque peu : il ne l'a pas fait malgré les invitations de Bouillon ( groupe de conspirateurs contre Marie de Médicis ). Probablement encore un signe de bon sens . Comme le dit Mr Faure de Prégentil dans son livre ( voir références plus loin ), le sort de Ravaillac envers les régicides l'a peut-être fait réfléchir . Et ne l'oublions pas, il avait 74 ans .
 
 
Les défauts tout aussi incontournables …..
Pour beaucoup et surtout dans la première partie de sa carrière militaire,LESDIGUIERES fut un chef de bande uniquement occupé à tuer , piller et à détruire , « rusé comme un renard » . Il construisit une bonne part de son immense fortune sur des exactions ( trésor d’Embrun par exemple ….). Il a laissé ( selon Mr ROUX historien du Champsaur ) « une mémoire entachée de cruauté et de rapacité » . Mr Robert Faure signale, comme nous le disions plus haut que 900 villages ont été pillés et brûlés dans le Dauphiné , 256 prêtres et 112 religieux tués .Les chiffres sont parlants !
 
Lesdiguières bâtisseur ……..
Il fut un bâtisseur infatigable : il chargea le capitaine Lagier , un Champsaurin , de réparer les ponts , de construire et aménager les routes , élargir les chemins , édifier scieries et moulins …..On lui doit la construction de digues le long du Drac et d'un pont d'une grande hardiesse sur le Drac, le Pont-de-Claix, qui deviendra une des sept merveilles du Dauphiné.Il fortifia comme nous l’avons dit plus haut la plus part des villes de sa province.

Rappelons, pour montrer l'audace de Lesdiguières
, qu'en pleine guerre avec la Savoie, il fit construire près de St Chaffrey et Chante-Merle un rempart de plus de 15 Km de long sur la crête des montagnes séparant la vallée de La Clarée de celle de La Guisane, un mur en pierres de 2,50 m de hauteur fortifié par un fossé aux endroits d'accès faciles, et muni d'un ressaut sur lequel les fusiliers devaient monter pour faire feu. Il m'a fallu relire deux fois cette information (émanant de Joseph Roman) pour arriver à le croire ! Il n'existe à ma connaissance aucun détail complémentaire dans les archives sur ce travail immense.
 N’oublions pas le château de Vizille, le château de Lesdiguières ( commune du Glaizil 05 ), sa maison forte de St Bonnet , les maisons fortes de Serres et les énormes travaux qu’il fit à Grenoble et que nous citons plus haut .   A Grenoble, Gap, Embrun, il restaura, réorganisa et institua de nombreuses fondations charitables et hôpitaux ……..Le Duc de Lesdiguières n’arrêtera donc pas de nous surprendre par les contrastes de sa personnalité.
.
 
 
 Pont de Claix
 


Quelques traits de caractères …….
En parcourant le cours de sa vie, on découvre donc un personnage haut en couleurs , tour à tours sobre, infatigable, magnanime (voir photo plus bas), puis rusé, dur, impitoyable. Mais pour ce dernier point, peut-être nos mentalités du XXIem siècle ont une sensibilité bien différente.   
 
 
 
 
 
Quelques exemples :  
 
Une des grandes humiliations du jeune Lesdiguières 

Il a 16 ans. Le jeune François de Bonne vient de perdre son oncle Castellane qui subvenait à ses études dans le  prestigieux collège de Navarre  . Il doit donc rentrer à St Bonnet .
Ce collège était réservé aux enfants nobles du Royaume, proches le plus souvent de la couronne . Le jeune Lesdiguières quitte donc cette prestigieuse  compagnie et les études de philosophie qu'il aimait  pour retrouver son Champsaur natal .Il doit y rejoindre sa mère  .
Longue , longue route   , épuisante depuis Paris  et non loin de St Bonnet, sous une pluie battante, il décide de s'arrêter dans un château qui appartient à de la famille éloignée. Il fait nuit.
Les domestiques un peu réticents à ouvrir les portes du château  à ce jeune voyageur trempé et très sale,  décident de le laisser dehors  sous une pluie battante, le temps  de prévenir le maître du logis . Ils ont un gros doute sur la véracité de ses dires.
La  famille  est en pleine réception  et les domestiques font un tel descriptif que le châtelain ( qui pourtant  reconnaît effectivement son hôte) décide de le faire passer discrètement par les communs et de le loger chez les domestiques !  Pas question que ses invités voient un tel spectacle !
Le lendemain, après un bref salut de courtoisie, François  qui avait cotoyé  la plus grande noblesse de  Paris  , reprend le chemin  dans un état de grande humiation  , la mort dans l'âme .
Il faut croire que cet évènement  affecta longtemps le Duc car il raconta cette histoire  toute sa vie à son entourage . On peut l'imaginer ( ce n'est que supposition de ma part )  le faisant dans le grand château de Vizille , alors que le Roi de France le gratifiait  déjà de  "mon très cher ami ", fulminant  contre cet évènement et  contre cette famille . 
Certains historiens ont vu dans cet évènement, non seulement un trait de caractère du futur Duc bien-sûr , mais également la raison de sa rage de vaincre, de se hisser dans la hiérarchie , de retrouver la place que la mort prématurée de son père  puis de son oncle, lui avaient fait perdre .


 
« Rusé comme un renard » et grand stratège …. 
Encerclé dans la ville de CORPS , alors qu’il avait très peu d’hommes avec lui, il réussit à s’échapper de ce guet-apens par un stratagème peu courant. Il réquisitionna un troupeau de chèvres, fixa des torches à leur cornes et les lâcha aux portes de la ville . Les assiégeants pensant avoir à faire aux soldats de Lesdiguières, et en tout cas surpris par cette horde de chèvres leur arrivant dessus ( les 2 interprétations existent),  ne virent qu’une solution s'écarter. Certains documents signalent que les soldats oublièrent Lesdiguières et  en profitèrent pour faire un bon repas. Ainsi  sans coup de fusil Lesdiguières pût s’échapper du bourg de Corps. 
.
Sans concession pour les catholiques ! un début de réponse ?    
Voici une anecdote qui peut nous éclairer. Son oncle Jean de Bonne coseigneur de St Laurent avait eu un grave différend avec l’évêque de Gap. En effet il avait chassé sur les terres de l’évêque sans autorisation. Des amis communs ayant cherché à les raccommoder , une réunion eu lieu au château de Laye. Au cours d’un mouvement d’humeur Jean de Bonne défenestra l’évêque. Celui-ci porta plainte auprès de Rome. Jean de Bonne (oncle de François de Bonne) fut condamné à s’expatrier et ses propres biens confisqués. Il est probable que notre duc de Lesdiguières ( décidément, il y a du tempérament dans cette famille …..) abreuvé de cette histoire déplorable ait  pu en garder rancune ! 
 
Culotté notre Duc malgré tout ... !   
 Les moines de St Bonnet possédaient un terrain enclavé parmi ceux que possédait LESDIGUIERES et qu’il convoitait lui-même disant en être propriétaire ! Afin de régler le litige, il convoqua les moines sur le terrain , leur demandant d’apporter leur titre de propriété. Au jour dit, un jour d’automne réunis sur le fameux terrain (où il avait fait allumer un brasier) après quelques palabres , il demanda aux moines leur titre de propriété. Debout devant le feu, il le lit , la discussion s’échauffe un peu , et tout en discutant se retourne brusquement et déclare « au reste c’est moi le seul propriétaire » et ce disant, il jette le titre de propriété des moines au feu, où il se consume aussitôt . Ainsi sans autre formalité, Lesdiguières s’appropria le champ.
 

 

Lesdiguières courreur de jupons qui ne plaisante pas ?
Il se maria relativement jeune (23 ans) avec Claudine de Béranger. C'était une jeune femme simple, discète, effacée, l'inverse de lui. Ce mariage était-il arrangé entre famille ? Il 
 eut  en tout cas des relations très distantes avec elle .Il ne lui écrivait que rarement lors des campagnes militaires , et ses lettres étaient froides et sans états d'âme .  Par contre sa maitresse , Marie Vignon , dont il fut très amoureux , eut tous les égards au grand scandale de son entourage . Il la rencontrait le plus souvent en des lieux tenus plus ou moins secrets. Lorsqu'il fut veuf en 1608 de Claudine de Béranger , il désira se marier avec Mme Vignon. Il n'hésita pas à faire assasiner ( selon toute vraisemblance) son mari puis à éliminer dans un deuxième temps l'homme de main qui avait commis ce meutre !
.

 
Braconnage interdit !
La scène se passe au château de Vizille. Un braconnier ayant pêché nombre de truites dans l’étang du château , offre la plus belle pièce à Mme de Lesdiguières . Ayant eu écho de la scène, Lesdiguières convoqua le galant paysan , le fit avouer et le décapita . Afin d’immortaliser son geste en guise d’avertissement, il ordonna que l’on sculpta une truite à tête d’homme sur un fronton de la ménagerie.
 
 
Surprenant aussi ........ 
Les dictionnaires "QUILLET" signalent que le duc de Lesdiguières  s'occupa  d'oeuvres caritives en particulier à Vizilles , à Gap, Briançon…. Lorsque  l'on sait que le même homme était très menaçant pour les corvées en faisant dire par ses soldats  aux villageois " venez ou brulez", on demeure perplexes. Surprenant le Duc, vous disais-je ! Son testament stipula, par exemple, qu'une pension annuelle de 200 livres devait-être versée après sa mort aux pauvres de St Bonnet soit environ 12 salaires annuels et à l'entretien de l'hopital (source : Robert Faure dans Histoire et Mémoire du Champsaur ).

Encore plus surprenant : Richelieu disait de lui que c'était un  "abîme de bonté" . Il le connaissait pourtant très bien et l'avait même écarté de Paris en l'envoyant guerroyer dans le sud de la France, tant il le craignait sur le plan politique.


Lesdiguières atteint de folie meurtrière ?  
 
En revenant de La Rochelle (1575 : il a 32 ans ) il apprend que le Champsaur (protestant ) a été attaqué pour la énième fois  par les catholiques de Gap  . Des troupeaux ont été volés, des hommes faits prisonniers, de nombreuses exactions commises ..... Il décide avec ses hommes de prendre Gap et de s'attaquer directement à ce fief catholique où réside l'Evêque et de nombreuses communautés religieuses.
Par la ruse et la force il rentre dans Gap et fait un carnage . Chevauchant devant ses hommes il hurle "tue , tue , tue....". Le résultat ne se fît pas attendre : 120 morts dans les rues. Le jour même le palais épiscopal était investi, le clocher de la cathédrale détruit, les actes de propriété (vignes, terres....) redistribués à ses  hommes, les biens de valeur volés. Le moindre contestataire était tué.

 
 
De temps en temps , Lesdiguières est très magnanime ! pourquoi ?…….  
Averti que son valet de chambre a promis de le tuer, il lui donne un poignard et une épée, puis se mettant en garde, lui dit « tu as promis de m’ôter la vie, essayes de le faire présentement et ne perds pas par lâcheté le titre de brave que tu t’es acquis ». Le malheureux confus se jette aux pieds de son maître, qui lui pardonne. 
 
  
  Gravure montrant Lesdiguières  grâciant  son serviteur  .

 
Pour compléter la documentation vous pouvez lire aussi le livre: "Lesdiguières duc du Champsaur" par Faure de Prégentil paru aux "Editions des Hautes Alpes".  Je vous conseille de lire ce livre : il est remarquable car il relate à la fois  le destin national de Lesdiguières et fourmille d'anrecdotes très intéressantes.  

On peut trouver ce livre dans les librairies des Hautes Alpes, notamment à Gap, à Pont du Fossé, à Saint Bonnet, à Orcières...ou chez l'éditeur: Editions des Hautes Alpes Tel  04 86 99 00 87. 

       



      

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Par lecourtier
HISTOIRE DU DUC DE  LESDIGUIERES

   

 
Son enfance et son éducation :
 
 François de Bonne est né à Saint-Bonnet, le premier Avril 1543, fils de Jean de Bonne et de Françoise de Castellane .
 Issu d’une famille de notaires , il perd à 5 ans son père qui ne lui laisse qu’un patrimoine modeste . Son oncle ,Castellane , prend en charge son éducation . Il le fait élever au collège d’Avignon puis l’envoie à Paris en 1558 au collège de Navarre pour qu’il y fasse sa "philosophie" . Ce collège de Navarre était réservé aux fils de familles proches de l’entourage du roi . François de Bonne y côtoie les enfants des grands de l’époque et fait la connaissance du futur Henri IV , de neuf ans son cadet . Son oncle désirait lui faire faire des études de droit .
Mais un an plus tard son oncle meurt ( 1559 ) brusquement et Lesdiguières qui a 16 ans est contraint de quitter le collège et de rentrer à St Bonnet .
.
 
 
 

 
Henri IV confiera à Lesdiguières l'éducation de son fils ainé qui deviendra Louis XIII (tableau du Musée de Gap)
 
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Il a gardé de ce passage au collège de Navarre une grande érudition et l’amour de la littérature .( la très belle bibliothèque du château de Vizille en fait foi ).
Comme il est attiré par le métier des armes , sa mère ( Françoise de Castellane ) et quelques parents rassemblent les fonds nécessaires à l’achat d’une charge d’archer dans la compagnie d’ordonnance de Bertrand de Gordes , lieutenant général du roi et du Dauphiné ( 1562 ) , il a 19 ans . C’est cette année-là que débutent les guerres religieuses dans cette province . Depuis Avignon , il était secrètement acquis à la cause de la réforme.
.

  Le duc de Lesdiguières : une fière allure !  
 
 Il se rallie donc à la cause des protestants et quitte Bertrand de Gordes pour rejoindre l'armée des Huguenots .  
Il rejoint son cousin, le capitaine Furmeyer qui mène le combat .Après la mort de son cousin, il sera désigné comme chef des protestants du Champsaur,( à 32 ans )  et livrera de nombreux combats. Il commence fort jeune une carrière de chef de guerre . Ses troupes occupent St Bonnet et Corps (voir plus loin la chronologie de sa vie )  , il participe à tous les combats de la Savoie , du Dauphiné et jusqu’au Languedoc ! Ses prouesses militaires et ses capacités au commandement sont reconnues en plus haut lieux et c’est à ce moment là qu’il se fera remarquer par Henri III. Lorsqu’en 1584 ( 30 ans plus tard ) Henri III désigne le roi de Navarre pour lui succéder, son autorité sur les huguenots du Dauphiné est reconnue. 
Henri IV en viendra , comme nous l'avons déjà dit plus haut ,  à lui demander ouvertement son aide contre le Duc de Savoie !  En effet ce dernier profitant des divisions religieuses , essayait de  récupérer les terres du Dauphiné . Le duc de Lesdiguières alors fidèle au roi de France ( et ancien ami du collège de Navarre ) rentra en guerre contre le duc de Savoie . Afin de mettre Lesdiguières de son côté , le Roi n'hésitera pas à le gratifier de titres honorifiques , d'argent ( sa fortune devient colossale ) et le qualifier  "d'ami fidèle" à tout bout de champ . Mais le roi se méfie des énormes capacité de Lesdiguières et le qualifie dans son entourage de " rusé comme un renard" !  
 
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 François de Bonne , Duc de Lesdiguières .
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.
 
Voici les titres de Lesdiguières : 
 
 
 
Chef des protestants du Dauphiné                       en 1577 . 
Lieutenant général                                             en 1595 . 
Lieutenant général du Dauphiné                          en 1598 . 
Maréchal de France                                           en 1606 .
Duc et Pair de France                                       en 1611 .
Maréchal de camp Général                                en 1621 . 
Connétable de France                                       en 1622 .
Chevalier du Saint Esprit                                   en 1622 .   
 
Ce dernier   titre peut laisser songeur ! Toutefois  il fut très touché sur la fin de sa vie par la prédication de  St François de Salle et semble être revenu à des sentiments plus catholiques ( si on peut dire ) sur la fin de sa vie .Mais ........( car il y a un mais ...) grâce à ce retour il a été nommé connétable de France . Demeure donc un doute sur la réalité de ce retour .
.
Le 25 juillet 1622 , à l’église St Bruno de Grenoble , il abjure en effet le protestantisme devant l’évêque d’Embrun ( à 79 ans ) . La cérémonie terminé De Créqui son gendre , lui donne lecture d’un courrier du Roi :« Monsieur , puisque vous êtes catholique , le Roi vous donne la charge de connétable »
 

 

 

 

 

 

 Mais revenons à la chronologie des évènements de sa carrière  :
.
Sa carrière militaire fut si longue ( de 19 ans à 83 ans ) qu’il nous semble judicieux d’en faire un résumé chronologique !
 
De 1562 à 1574 : Lesdiguières , à la tête des protestants, fait tout pour dominer  le Champsaur . A cet effet il participe aux  luttes religieuses, jusqu'à  éteindre toute contestation de la part des catholiques . Mr Robert Faure signale que 900 villages dans le Dauphiné seront brûlés, 256 prêtres et 112 religieux  tués. En 1566 grâce à l’édit d’Amboise, la guerre est provisoirement suspendue.  Il a 23 ans et épouse Claudine de Béranger qui lui donnera trois enfants ( voir plus loin les étapes de sa vie privée ) .Il ne s'agit pas d'un mariage d'amour mais calculé pour son ascension politique : elle est noble . Par ailleurs sa mère devient aveugle et son épouse pourra s'occuper d'elle . 
 
En 1572 il s’empare de Mens et de Corps puis l’année suivante écrase les catholiques de Gap .
C'est à Corps que se situe cet exploit magnifique que seul Lesdiguières était capable de réaliser . En début de nuit il se trouve avec seulement quelques hommes dans le village de Corps . On lui apprend qu'il est complètement encerclé par les catholiques et qu'il n'a aucune chance de s'échapper .Le combat est inégal , il est obligé de le perdre . Il imagine alors un stratagème unique en son genre . Il prend des centaines de chêvres et de moutons sur lesquels il fixe des torches , et pousse le troupeau sur l'ennemi qui surpris par cet cavalcade se pousse et pense à toute autre chose qu'au combat . Lesdiguières peut se dégager de ce guépier sans même entamer le combat  !
 
En 1574 il participe à la prise de Serres , Vif , La Mure , Ambel …..toujours dans le même esprit : faire de telle sorte que toute la région soit protestante . Les mises en garde se répètent de la part du Roi .Mais toutes les régions de France sont en proie à cette véritable guerre civile et la situation lui échappe .
 
En 1575 il s'empare à nouveau de Gap .Pourquoi est-ce important pour Lesdiguières ?  La ville de Gap ( où demeure l'Evêque ) est restée très catholique .Les Gapençais ne se privent pas, régulièrement de faire des incursions dans la vallée du Champsaur , protestante, pour piller, voler le bétail, faire des prisonniers . Lesdiguières désire une bonne fois pour toute régler le problème . En fait il s'agira d'un véritable massacre .Il pille la ville et fait environ 120 morts . Pour établir sa position il fait construire, au dessus de Gap, la forteresse de Puymaure .
 
A partir de 1577, il séjourne régulièrement à Serres, donnée aux protestants comme place de sûreté et dont son secrétaire et biographe Louis Videl (1598-1675) est d'ailleurs originaire. Sa présence y est notamment attestée en 1582 et 1588. La tradition lui prête plusieurs demeures dans cette ville (Maison dite de Lesdiguières).
 
En 1577 : il est nommé chef des protestants du Dauphiné à la mort de son cousin le Capitaine Furmeyer .
 
En 1580 une ligue envoie contre lui un de ses meilleurs généraux , le Duc de Mayenne avec une armée de plus de 15000 hommes . Malgré une héroïque résistance , les troupes de Lesdiguières sont battues à plusieurs reprises , il ne reçoit aucun renfort et doit se soumettre.Il doit rendre GAP mais peut conserver PUYMAURE qu’il fait renforcer .
 
De 1580 à 1584 est aménagée entre Huguenots et catholiques une trêve . Lesdiguières en profite pour embellir son château « des Diguières » et sa maison forte de St Bonnet .
 
Le 10 octobre 1581 il reçoit le duc de Mayenne au château « des Diguières » avec tout le faste dû à son rang , le menu fut grandiose , un fort courant de sympathie s’établit entre eux .
.

 
Mais en 1587 les combats reprennent : Lesdiguières s’emparent de la ville d’Embrun et le riche trésor de la cathédrale est pillé mais sans massacre , seulement grâce à la ruse .
 
Le 5 avril 1588 il décide de reprendre le contrôle de GAP que les catholiques ont réinvestie. Il occupe fort habilement les moulins dans le but d’affamer la population et la ville tombe .
 
Le 14 Aout 1588 , un traité est signé à Château Arnoux : suite aux directives royales , Lesdiguières fait alliance avec Lavalette  contre Henri de Guise qui veut la destitution d’Henri III . Lesdiguières annonce clairement son camp . ( il a 45 ans )
Après plusieurs échecs sanglants, il s'empare en 1589 de Grenoble. Il ordonne alors un grand nombre de modifications :
 
  • - fortification de la Bastille sur la rive droite de l'Isère
  • -fortifications tendues sur la rive gauche,  
  • -construction des quais de l'Isère, 
  • -embellissement de la ville : nouvelles rues, égouts collectifs, façades crépies, 
  • -Construction du palais du Parlement et de la trésorerie qui deviendra sa    résidence personnelle, à l’emplacement même de l’ancien palais delphinal,
  • Constructions de digues le long du Drac et d'un pont d'une grande hardiesse sur le Drac, le Pont-de-Claix, qui deviendra une des sept merveilles du Dauphiné.

Pont de Claix .
En 1590 il s’empare de Briançon . 

En 1595 il s'empare de Grenoble qui était occupé par le duc de Savoie .


LE GRAND TOURNANT DE SA CARRIERE


C'est un tournant qu'il faut bien comprendre . Lesdiguières en 1595 arrive à dominer tout le Dauphiné soit en ayant repris les terres au Duc de Savoie  ( Grenoble en 1595 par exemple  ) , soit en ayant par sa domination fait cesser les guerres de religion . 
Henri IV voit donc le grand bénéfice a s'en faire un allié et commence à lui promettre titres et argent ce qui va de soi . Les deux hommes se rencontrent  à Lyon où Lesdiguières arrivent avec tous les notables de la région .  Henri IV se fait très courtois à son égard , le félicite pour son travail d'unification et le traite comme un ami . 
Lesdiguières est au sommet de sa notoriété et accepte volontiers ce rapprochement avec Henri IV .


En 1595 il est nommé Lieutenant général du Dauphiné par le Roi .( certains documents parlent de 1597 )
.
En 1597 Lesdiguières repart en guerre contre le duc de Savoie Charles Emmanuel 1er ( qui profitait de quelques luttes religieuses pour étendre son duché ) . Il reprend Montmellian et Chambéry au Duc de Savoie qui doit signer le traité de Lyon en 1601 .
.
En 1597, il commande le siège du château de l’HUILE ( un château fort qui contrôlait la route du Col du Cucheron ) qu’il prit avec l'aide de trois canons. En 1630, ce château subit un nouveau siège par les armées de Louis XIII, et il est finalement détruit et arrasé sur les ordres du cardinal de Richelieu.

.

 
En 1598, il s'empare de Fort Barraux que le duc de Savoie Charles-Emmanuel Ier venait de faire construire (1597).
.
Entre 1600 et 1619, il fait construire le célèbre  chateau de Vizilles .
.

.Le chateau de Vizille : un sacré monument !
.

.

.
.
Le château de Vizille aujourd'hui .
 
 
En 1606 il est nommé Marechal de France.( responsable de toute l'armée royale ! )

 

 

 

En 1608 il est veuf . Sa femme Claudine de Béranger décède à l’age de 56 ans .
Il est nommé duc de Lesdiguières en 1611 et pair de France (« le Duché-Pairie de Lesdiguières fut érigé alors à partir des terres des seigneuries de Lesdiguières et de Champsaur, appartenances et dépendances »).
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En 1622 , il devient catholique et reçoit le titre de connétable de France ( il sera le dernier ).
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En fin d’année 1622 il reçoit Louis XIII au château de Vizille . Son titre de Connétable l’oblige à demeurer à Paris et il y remonte avec le Roi . Il tente à 80 ans de jouer son rôle . Mais Richelieu est là , il prend le pas sur le vieux connétable qu’il écarte . Il l’envoie gouverner la PICARDIE et l’ARTOIS et les territoires reconquis .
 
 
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En fin 1624 planent de nouvelles menaces de guerre , les Gênois alliés des Espagnols sont sur la frontière des Alpes . Retourné d’urgence dans son Dauphiné , Lesdiguières lève rapidement une armée pour les attaquer et en plein hiver , passe Montgenèvre . Le 1er février, il arrive à Turin et poursuit son avancée sur Gênes , laissant commettre de nombreuses exactions par ses soldats sur la population locale .
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En 1625 : Profitant de son absence les protestants se révoltent dans le Dauphiné ( lui est devenu catholique ) . Lesdiguières alors rejoint le Dauphiné . Méfiant , il fait fortifier la plupart des places fortes de sa province . C’est au cours du siège de MEVOLHON qu’il est saisi d’un violent accès de fièvre et de diarrhée . Il rejoint Valence pour se faire soigner maisle 28 septembre 1626 à 7h30 , le robuste et infatigable Lesdiguières expire à 83 ans .
 
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Pour compléter la documentation vous pouvez lire aussi le livre: "Lesdiguières duc du Champsaur" par Faure de Prégentil paru aux "Editions des Hautes Alpes".  Ce livre est remarquable : simple de lecture il relate très bien le destin national de Lesdiguières  et fourmille  d'anecdotes aussi intéressantes les unes que les autres .
On peut le trouver  dans les librairies des Hautes Alpes, notamment à Gap, à Pont du Fossé, à Saint Bonnet, à Orcières...ou chez l'éditeur: Editions des Hautes Alpes Tel 04 92 51 96 89. 
J'ai moi-même téléphoné aux éditions et les  commandes se font sans problème .
Par ailleurs les plus érudits   peuvent être intéressés par la lecture  du mémoire ( 200 pages ) de Mr Caix qui traite de la période juste après Lesdiguières, intitulée Louis XIII et Richelieu à Grenoble ( 1628 ) . Pour la lire vous pouvez cliquer ICI

  Bien cordialement
 
  
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Par lecourtier
LA VIE FAMILIALE DU DUC DE LESDIGUIERES .

François de Bonne naquit le 1er avril ( cela ne s’invente pas ) de l’année 1543 de Jean de Bonne et de Françoise de Castellane , descendante d’une très illustre famille provençale .
Ses parents eurent six enfants .
 
Le jour de sa naissance , un incendie détruit la presque totalité du bourg de St Bonnet ( cela ne s’invente pas non plus ) . Sa mère à peine remise de ses couches doit alors se résoudre à aller habiter leur maison forte « des Diguières » futur emplacement du château .
 
Son père meurt en 1548 , il a cinq ans à peine .Son oncle l’abbé François de Castellane , frère de sa mère , prend en charge comme nous l’avons vu plus haut son éducation . Il est fortuné et possède les bénéfices du prieuré Clunisien de Saint-André-les-Avignons .Il l’envoie dans un premier temps au collège d’Avignon et ensuite ( à partir de 12 ans ) au prestigieux collège de Navarre .
 
En 1566 , il épouse à l’age de 23 ans Claudine de Béranger qui lui donne trois enfants , deux garçons et une fille ,Magdeleine née en 1576 . L’un des garçons meurt en bas age . Son deuxième fils Emmanuel dont le parrain est le Roi de Navarre , futur Henri IV , fut tué à l’age de 12 ans d’un coup de sabot de cheval .
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Claudine de Béranger , sa 1ere épouse .
 
La mort de son fils le plonge dans un tel état de prostration qu’Henri de Navarre doit lui envoyer un émissaire en la personne de Guy de Faur , pour le sommer de cesser de se lamenter et de reprendre les armes .
 
Sa fille Magdeleine épousa en 1595 Charles de Créqui en 1595 , comte de Sault . Lesdiguières fut remarquablement secondé tout au cours de sa carrière par son gendre .
 
En 1608 ( il a 65 ans ) il perd son épouse Claudine de Béranger qui n’avait que 56 ans .Malade depuis quelques mois , elle vivait à Puymaure . Sa dépouille mortelle fut transportée au château des Diguières pour y être inhumée . La chapelle du château et le caveau familial venait tout juste d’être terminés ( 1600 à 1604 ) .
 
Après la mort de sa femme , il installe sa maîtresse Marie Vignon au Château de Sassenage
 
En 1617 il épouse ( le duc à 74 ans)sa maîtresse la très belle Marie Vignon , veuve d’Ennemon Martel marchand drapier qu’il aurait fait assassiné . ( exact ??) .Elle prend le titre de Marquise de Treffort . De Marie Vignon il eut deux filles adultérines qu’il reconnut et dota très largement .Son mariage eut lieu à la cathédrale d’Embrun, par l’Evêque Guillaume Hugues . Un chroniqueur de l’époque fait état de ses fiançailles par l’Evêque de Grenoble à St Vincent de Mercuze en 1615 . Marie Vignon fut une des actrices de la conversion du Connétable . Elle mourut après le Duc en 1657 et fut inhumée en l’église des Clarisses à Grenoble .
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 Marie Vignon
 
 
Le 28 septembre 1626 le Duc décède à l’age de 83 ans .
 
Le caveau de Lesdiguières servit de sépulture à Claudine de Béranger ( 1ere épouse du Duc ) , au fils aîné décédé à l’age de 12 ans , à sa fille Magdeleine décédée très jeune et épouse du Duc de Créqui , au duc de Créqui son gendre , et au duc de Lesdiguières lui-même .
 
En 1793 la chapelledu Château de Lesdiguières menaçait de s’effondrer . Les ossements dont ceux du Connétable sont placés dans trois cercueils et transferrés à Sassenage .
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Par lecourtier
 
Histoire du  CHÂTEAU DE LESDIGUIERES

 

 
 

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Chateau-de-Lesdiguieres.jpgLe Château de Lesdiguières en 2012 . Au centre de ce montage, la reconstitution numérique du château.

 

 

 


  

Reconstitutions numériques du Château (1604 )

 

Chateau de Lesdiguières en 1604

Toutes les reconstitutions du château ont été faites personnellement. Par contre, le dessin qui se trouve en bas et à droite est de Lionel Ferrero. Cette fresque est à Saint Bonnet. 

 

 

 

 

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 Lesdiguieres.jpg.Gravure du Château de Lesdiguières datant de 1830.
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Ce château se trouve sur la commune du GLAIZIL  (Hautes Alpes ) et fut construit  par François de Bonne, Duc de Lesdiguières en 1580, alors qu'il n'était qu'au début de sa longue carrière miltaire (décès à 83 ans). Il était alors chef des prostestants, mêlé aux querelles protestants-catholiques, et au coeur des problèmes internes au Dauphiné. Sa fortune commence à s'étoffer à la suite de pillages et de butins de guerre. Ce château fut sa première acquisition en quelque sorte, construit sur l'emplacement d'une maison forte familiale. Ce château fut témoin, sans nul doute de tractations concernant les luttes religieuses qui secouèrent  le Dauphiné, et des guerres engagées plus tard contre  le Duc de Savoie.  

 

 

 

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                                                      Reconstitution numérique du Chateau de lesdiguières.

 

 
Gravure de 1830 retravaillée donc sur ordinateur !
  On réalise très bien à quoi il ressemblait. Certains disent qu'ils s'agissait plus d'une maison forte ou d'un château construit à l'ancienne que d'un château moderne capable de soutenir le feu du canon ou d'utiliser lui-même les canons. La construction se fit sans architecte. Les murs ne sont pas très épais.
Louis XIII dormit dans ce château le 23  février 1629.

 
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lesdigui--res-07-2007.jpg

Cinq cents ans plus tard, en voyant l'épaisseur  très modeste des murs et l'absence de pierres taillées, on comprend qu'il ne reste pas grand chose du château .....
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.... le résultat final, un champ de ruines. (Photo du conseil Général). Lorsque Lesdiguières fut, plusieurs décennies plus tard, à la tête d'une immense fortune, avec une dimension d'homme politique d'envergure nationale en étant l'ami d'Henri IV, il se fit construire le château de Vizille en étant aidé d'architectes venus de Paris.
Il  ne vint  alors que très rarement dans ce château du Glaizil.
Les lettres recueillies par Douglas et J Roman signalent son passage aux Diguières quarante fois seulement et il n’y dormit qu’une seule nuit.

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  HISTOIRE DE LA CONSTRUCTION
 

Le chateau fut construit par Lesdiguières, d'après Jeanson des Fontaines de 1571 à 1580, pour assurer la sécurité de sa famille en plein coeur des guerres de religion. Il choisit ce lieu car il y possédait, comme nous venons de le dire, une maison forte.  Il s'y fit d'ailleurs enterré ainsi que sa famille. La chapelle a été terminée plus tard, en 1604. 
Le jour de sa naissance ( un 1er Avril !), alors que sa famille habitait St Bonnet, la maison forte pris feu et sa mère fut obligé de ce réfugier en ce lieu, futur emplacement du Château. Quelqu'un me disait récemment que la maison forte de St Bonnet brula à nouveau le jour de sa mort !

 

DSCN1747.JPG

Photo aérienne relativement ancienne ( 1965? ) Le chemin n'est pas encore goudronné, certains murs sont encore droits.   

    Dimension du chateau 130m de long sur 65m de large .
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 Le chateau et ses dépendances occupent une surface de 14000m² dont 7000m² pour le chateau lui-même. Il devait être suffisamment vaste et important pour soutenir une attaque. Afin de trouver une telle surface, le duc expulsa les habitants qui s'y trouvaient, les invitant à s'installer plus loin, à l'emplacement du village actuel. On découvre dans cet évènement un des traits de caractère du duc de Lesdiguières.

 


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                                                                                    Photo du Conseil Général


Cinq cents ans
 plus tard, on comprend très bien la disposition du village. Les villageois expulsés se sont installés un peu plus loin. Mais ironie de l'histoire, le château fut incendié 60 ans après la mort de Lesdiguières par les soldats du Duc de Savoie flanqués sur les éboulis. Lesdiguières voulut cet emplacement à tout prix ....mais la position était indéfendable.
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Reconstitution numérique du cliché précédent. On se rend mieux compte des dimensions imposantes de ce château.



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dscn1716.jpg La construction demanda une main d'oeuvre importante. Pour mener celle-ci à bonne fin, il n'hésita pas à réquisitionner la population de la contrée et ses gens d'armes. Même les femmes et les enfants furent requisitionnés. Les femmes  furent particulièrement chargés du transport du sable et du gravier qu'elles allaient chercher au Drac ( 3 km environ ; 6 km aller et retour ). En guise d'avertissement ( c'était vrai de toutes les corvées) il faisait dire par ses gens  "Venez ou brulez". Plusieurs documents  signalent d'ailleurs que les femmes n'avaient plus de cheveux après quelques semaines de ce travail harassant, à cause du frottement des paniers qu'elles portaient  sur leur tête.

 

 

 

 

 

 

Cette vidéo est surprenante. Lors de la reconstitution numérique du  château, j'ai fait régulièrement des sauvegardes. Puis en visualisant toutes les étapes, "en accéléré",  je me suis rendu compte que l'effet était intéressant. Je vous livre donc cette vidéo qui retrace 3 reconstitutions.  1/ celle du château à partir d'une photo récente   2/ reconstitution du château à partir d'un tableau de 1830, 3/ reconstitution du mausolée.
 
 


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HISTOIRE de la CHAPELLE 
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La chapelle du château  fut construite plus tardivement vers 1604. Lesdiguières entrepris sa réalisation pour y mettre un mausolée ( somptueux monument funéraire à sa mémoire ), à côté duquel fut aménagé le caveau familial ( 8 places ). Un autel fut ajouté ( mur de gauche ) à la fin de sa vie, après sa rencontre avec St François de Salle et sa conversion au catholicisme. L'histoire de la chapelle et de sa ruine progressive se trouve un peu plus loin ou vous pouvez cliquer sur l'adresse suivante : http://glaizil.over-blog.com/article-21373778.html
Cette histoire est d'ailleurs assez frappante : en 35 ans, de 1789 à 1827, tout a été volé, tout est tombé en ruine. 

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Chapelle du Château de Lesdiguières reconstruite numériquement. Les proportions sont curieuses. Par ailleurs vous remarquerez que j'ai ré-ouvert la fenêtre du milieu. Lesdiguières la fît fermer à la fin de sa vie, lorsqu'il est devenu catholique, pour mettre derrière un autel.

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DSCN1697.JPG

La chapelle du chateau vue sous un autre angle. On voit très bien la tour N°1, accolée à la chapelle. Dans le sous-sol de cette tour se trouvait le caveau familial, et dans les étages supérieurs elle servait de tour de surveillance. Entre la chapelle et cette tour, il existe un passage. 

Une petite anecdote : dans les siècles passés, certaines femmes recommandaient à leurs proches de passer rapidement près de ce lieu (chapelle et caveau), sans tarder  en particulier la nuit, car  elles le qualifiaient de "hanté". Certaines même affirmaient avoir vu le fantôme de Lesdiguières, ou encore avoir vu de grandes ombres se profiler sur les murs de la chapelle.
Plus moderne : quelqu'un du village de St Bonnet me disait  récemment que ce lieu était " chargé d'énergie et qu'il s'y passait des choses étranges". Je n'ai pas pu en savoir plus. Mais cela  traduit, à mon avis, le souvenir encore très présent dans les mémoires de Lesdiguières en ce lieu.



Reconstitution numérique de la chapelle du château. Cette reconstitution m'a permis de découvrir plein de petites choses. Tout d'abord la petitesse de la tour par rapport aux 4 autres tours qui délimitaient le logement de Lesdiguières. Il s'agissait uniquement d'une tour de surveillance. On y découvre aussi les toutes petites ouvertures qui donnaient un peu de lumière dans l'escalier de garde .Dans le sous-sol de cette tour, se trouvait le caveau familial et ses huit emplacements.

Mais j'ai une question. En reconstruisant  cette tour de garde,  j'ai pris conscience qu'il n'y avait probablement pas de toiture malgré ce qui est dit. La tour n'avait aucune fenêtre : donc en arrivant en haut, les soldats  étaient bien obligés de surveiller en étant sur une plateforme, de toute évidence....donc pas de toiture ! Idem pour la petite tour N° 1 ( symétrique à celle-ci ). Pour les autres grosses tours ( entourant les habitations ) c'est différent. Un chemin de ronde entourait les appartements : une toiture était très probable sur ces 4 tours là.( les cheminées de pierre en haut des tours, sur la gravure de 1830 en témoignent).

La compréhension d'un évènement : autre exemple. Le château a été détruit en 1692 (60 ans après la mort de Lesdiguières ) par les mercenaires du Duc de Savoie. Flanqués sur les pentes de la montagne, les soldats ont envoyé des projectiles enflammés qui ont fait voler en éclats les fenêtres et prendre feu à tout le château. Mais la chapelle a été épargnée et je donne en plusieurs endroits comme motif le manque de temps ou l'oubli. En reconstruisant numériquement cette chapelle j'ai pris conscience que la tour n'avait aucune ouverture, et la chapelle non plus, côté montagne : elle était donc inacessible au feu. Intéressant ces reconstitutions .....et plein  de petites découvertes de ce genre.

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HISTOIRE  DE SA RUINE JUSQU'A NOS JOURS.

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1692. Le château conserva  son aspect initial jusqu’en 1692. Cette année là, les mercenaires du Duc de Savoie, à vrai dire une horde de sauvages lombardo-germaniques, dirigés par un capitaine complètement fou, un dénommé Caprara, dévasta toute la région du Champsaur. Ils dévastèrent systématiquement toutes les habitations, brulèrent le Château de Tallard, le Château de Lesdiguières. Eglises et chapelles furent profanées et pillées. Ils perpétrèrent massacres, viols, orgies, et gestes déments à l'égard de la population .Ils tuèrent le prêtre de St Bonnet. Du 29 Aout 1692 au 07 septembre, c'est à dire en 10 jours tout fut saccagé sans raison apparente ( le Duc de Savoie se faisait soigné à Embrun et n'avait donné aucun ordre en ce sens ). Beaucoup de documents  concernant le Champsaur furent perdus définitivement.
Ces sauvages savaient  que Louis XIV avait demandé à ses propres  garnisons de venir le rejoindre. et que la région  était donc sans défense.
Quoiqu'il en soit les Champsaurins  eurent tout juste le temps de se réfugier dans la montagne. ( même réflexe en 39-45 ).
Cette sombre épopée se termina au col de Cabre alors que cette armée de vauriens repartait avec un très lourd butin. Ils furent stopper net grâce à l'intervention du capitaine Catinat, de Phillis de la Charce femme très courageuse qui fut ensuite largement récompensée par Louis XIV et le Seigneur de Chauvac.
Le roi de France furieux d'apprendre ce qui venait de se passer  somma le Duc de Savoie de s'expliquer. Il demanda par ailleurs  à Vauban de fortifier Briançon et de bâtir Mont Dauphin pour la protection du royaume.

Le Champsaur mit plus d'un siècle pour se relever. Certaines choses furent iiréparables....des vies entières  brisées, deux châteaux  brûlés, des documents très anciens perdus .......

Quant au Château de Lesdiguières,  il n’en restera que la conciergerie, quelques dépendances, et la chapelle. A partir de  ce moment , le temps accomplit son œuvre destructrice, aidé en cela par les habitants du village, qui dans leur besoin de pierres de taille, n’hésitaient à faire tomber deux ou trois toises de mur pour avoir la pierre qui leur convenait.  
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DSCN1686.JPG
Sur ce cliché : Tour N°3, on voit les pierres taillées du bas qui ont été retirées . Sur place c'est très net.
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En 1780, logeait encore au château le Chapelain qui habitait dans la tour de l’horloge dans des conditions très précaires. Demeurait également sur place un domestique, jardinier, homme à tout faire, qui par ailleurs donnait des nouvelles du Château à la famille ......qui s'en souciait très peu à vrai dire. 
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DSCN1680.JPG Ruines des batiments des familiers, à côté de la chapelle.

 


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En 1789, la révolution entraîna des débordements inimaginables quelques décennies plus tôt. Les tombes furent profanées, les bâtiments dégradés.... Chacun venait prendre ce qui l'intéressait, au point que les autorités civiles s'en émurent et firent transférés les corps et le mausolée.

 

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Vu sous cet angle, j'ai très bien compris la disposition du Château.  J'ai donc choisi ce cliché pour la reconstitution numérique qui suit. Une petite question : la tour de droite semble plus avancée. En regardant les photos aériennes du château, effectivement elle semble l'être. Or le  plan  montre un édifice bien rectangulaire. Il y donc un doute . Je me suis demandé si Lesdiguières n'avait pas élargi son château du côté de la route, soit pour une question de surveillance, soit pour qu'il paraisse plus grand !




                  Le Château de Lesdiguières tel qu'il était en 1690. ( Reconstitution numérique d'ampleur ! )

Aussi surprenant que cela puisse paraître  je n'ai fait que monter les murs de la photo précédente, en m'aidant une fois ou deux de la maquette du château qui se trouve dans le local de l'association.
Vous pouvez voir en vidéo la reconstitution du château. La séquence a été accélérée et donne une impression étonnante. Pour la voir cliquez ICI

 

 

 

 

Comparaison avec la maquette du château réalisée par l'historien E. Roux.

 

 

Maquette-Chateau-de-Lesdiguieres.jpg

Cette maquette se trouve dans le local de l'association du "Château de Lesdiguières". Finalement ma reconstitution numérique est assez proche de la maquette d'Edouard Roux ...... mais je ne suis pas tout à fait d'accord avec lui. Les documents parlent de trois niveaux (RdC + deux étages). Les rangées de fenêtres du 1er plan devraient surplomber un rez de chaussée. Idem pour le logis de Lesdiguières : 3 vrais niveaux.  Les toitures me semblent trop pointues par rapport à ce qui se fait dans la région et les tours un peu frêles. J'ai eu un avantage sur lui : en prenant les dimensions des tours en ruine, je n'ai eu qu'à monter les niveaux. Autre exemple, sur la tour  au 1er plan, il a mis une fenêtre donnant sur la montagne (sur la gauche). Les ruines actuelles ne montrent rien de tel. Etc.... Je suis osé de critiquer ce gros travail de M. Roux, qui a rendu par ailleurs de grands services à l'association.


En tout cas, en 1690, deux ans avant sa destruction, le château devait ressemblait fortement à ça. 


 

Histoire rapide de la destruction de l
a chapelle : elle fut  le dernier bâtiment du château à s'écrouler. Une tradition orale (que j'ai entendu moi-même dans les années 1960) disait qu'elle s'était écroulée pendant la guerre de 14-18, lorsque tous les hommes étaient à la guerre, et que les bâtiments n'étaient pas entretenus. D'autres affirmaient que la messe avait été dite tous les dimanches jusqu'à cette période. Il n'en est rien.
La Chapelle fut intacte jusqu'en 1789 et ensuite se dégrada très rapidement pour tomber en ruines en 1827.
La messe fut dite régulièrement et avec certitude jusqu'en 1780 ; le prêtre vivait sur place.
En 1789 le prêtre n'est plus là.
Le rétable et l'autel  furent volés en 1789.
Le Mausolée transféré à Gap par les autorités civiles en 1798 .
Le caveau fut profané en 1810 mais les corps restèrent sur place.
Les corps furent transferrés à Sassenage en 1827.
Donc en 1827 il n'y a plus rien. Pour autant la voûte est-elle encore en place par exemple ?
Pour connaître tous les détails : http://glaizil.over-blog.com/article-21373778.html

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  L'intérieur de la chapelle. On voit la trace du mausolée sur le mur du fond ......à la place normal de l'autel.




Reconstitution numérique  difficile : elle aura le mérite de donner une idée. Une fois de plus cette reconstitution  m'a fait découvrir des choses étonnantes : lorsque j'ai mis le mausolée contre le mur ( les dimensions étaient parfaites en largeur, et le monument s'encastrait idéalement ), j'ai pu mesurer  l'épaisseur des éboulis en profondeur ( 1m 20 ). La reconstitution devenait donc très difficile et j'ai préféré rehausser la porte de droite, les colonnes, rétrécir un peu en largeur le monument......

Vous pouvez voir en vidéo la reconstitution de cette chapelle. La séquence a été accélérée et donne une impression étonnante. Pour la voir cliquez ICI



Porte de sortie de la Chapelle. On remarquera les pierres de taille des encadrements, les colonnes....Il s'agit d'un beau cliché où l'on se rend compte que les murs du château devaient être relativement hauts.




Reconstitution numérique. On remarquera le château à l'extérieur. J'ai mis des fenêtres aux deux  tours pour des raisons d'esthétiques. En réalité pour la tour de droite les fenêtres étaient tournées ( plus à droite) vers l'étang, et pour la tour de gauche les fenêtres étaient tournées (plus à gauche ) vers la montagne.

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Ce cliché a une tonalité et des couleurs très particulières...

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COMMENT ETAIT DISPOSE LE CHATEAU ?
 
Dans un dénombrement en date du 3 Novembre 1600, le Duc déclarait que son château avait 6 tours, une chapelle, une terrasse, un pont-levis, une basse-cour pour la ménagerie, de vastes écuries, deux pigeonniers, des fontaines d'eau vive, un étang poissonneux, un jardin, un verger, un jeu de mail et à l'intérieur de grandes dépendances avec d'autres écuries.

Nous allons expliquer le plus simplement possible la disposition du château. 
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Deux parties à peu près égales (voir plus bas la maquette ):

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1 /  les parties communes.                         
2 / la résidence du Duc de Lesdiguières

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undefined   Plan du Château de Lesdiguières dessiné par Jansson Desfontaines en 1827. Il s'agit d'un plan numérisé des archives nationales sur lequel j'ai ajouté "en clair " quelques indications.

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La vaste enceinte qui entoure le chateau  est flanquée  de 6 tours de 6 m de diamêtre chacune. Il est entouré d'un fossé de 3 m de largeur et de 2 m de profondeur. La muraille en retrait avait une hauteur de 4 m et 1m d'épaisseur.






Une belle photo  vaut mieux que beaucoup d'explications.
Tour n°1 : caveau familial et défense .Une porte dans la chapelle donnait accès à la tour ( caveau )
Tour N°2 : logement des gardes et poste de garde.
Tour N° 3 : défense ( côté montagne )
Tour N° 5 : bureau de Lesdiguières. Il y avait aménagé un accès dérobé pour aller dans les caves et accéder à un souterrain débouchant dans la fosse.
Tour N° 6 : présence d'une petite prison et d'un souterrain complètement dessous . Plusieurs écrits ne situent pas ce souterrain ( en particulier Mr Roux de St Bonnet). Dans les années 60 je l'ai moi-même emprunté avec un groupe de jeunes ( imprudents....) et devant le mauvais état des murs et les araignées énormes nous avons rebroussé chemin . Quel souvenir ! C'est d'ailleurs peut-être le secret de mon attachement à ce château . Mais plus important : où allait ce souterrain ? Une explication sera donnée un plus loin. Voir photos de ce souterrain (reçues fin 2010) en fin d'article.
Entre la tour 3 et 5 : le logement des officiers ( 4 étages )
Entre la tour 4 et 6 : au dessus des habitations existait une corniche de surveillance ou les soldats faisaient la ronde .( 4 étages )
Entre la tour 5 et 6 : logements de Lesdiguière  ( 3 étages) .Du côté de la tour 6, les appartements de Mme de Lesdiguières. Côté tour 5 les appartements du Duc.

Devant le logement des Lesdiguières
une belle cours d'honneur avec une fontaine au centre.
Les valets et les gens d'armes (+ familles ) logeaient au dessus des trois batiments (  côté Sud ) grange, grenier, écurie.

Les 6 tours sont garnies de meurtrières et 4 étaient coiffées d’un cône couvert d’ardoise . 
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Pourquoi un château en un lieu si mal choisi ?

L'Evêque de Gap, très en colère contre Lesdiguières et ses nombreuses exactions,  qualifia auprès du Roi ce chateau de "forteresse imprenable sans canon ". Le château fut pourtant détruit sans canon, brulé comme nous le disions plus haut,  60 ans après la mort de Lesdiguières.

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En aucun cas un château construit en ce lieu, au pied de la montagne, ne pouvait tenir un siège. La logique aurait voulu qu’il soit construit sur un sommet en position dominante afin d’assurer une défense efficace. Construit ainsi au pied de la montagne, il était très vulnérable, sa défense impossible.Tout au plus existait-il au début ( le duc de Lesdiguières avait du le prévoir ) un chemin de ronde qui fut ensuite comblé par les éboulis descendus de la montagne.
Quoi qu’il en soit, ce qui devait arriver , arriva : le château fut attaqué par les mercenaires du duc de Savoie 60 ans après la mort de Lesdiguières (1692), incendié , détruit aux ¾, et jamais reconstruit.
La littérature ne nous donne aucune explication sur le choix du lieu. Comment Lesdiguières, si fin stratège, a t’il pu se tromper à ce point.
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Je propose quelques pistes d’explications sur le choix de ce lieux.
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1/ Le duc possédait une maison forte en cet endroit, maison familiale, qu’il a voulu embellir à la hauteur de son rang et de ses ambitions. Il resta attaché à ce château toute sa vie, comme on peut l’être à une terre natale ( St Bonnet se trouve à 6 Km ) et il y fit construire un mausolée et des tombes pour lui et sa famille.
 
2/ Si aujourd’hui le château paraît très retiré (des grands axes routiers en particulier), à l’époque il se trouvait sur l’axe unique GAP-GRENOBLE , en un point stratégique.
 
3 / Le château est aux pieds des éboulis : lorsqu’on est sur place, on se rend compte qu’il suffit de se baisser pour trouver des pierres de bonne dimension . La construction en fut donc largement facilité, même si sable et gravier devaient être ramassés au Drac ( 6km ) ( voir plus loin)
 
4/ Une raison psychologique ? je m’avance peut-être un peu dans cette explication mais  lorsqu’on découvre le caractère de Lesdiguières, sa très forte autorité, sa dureté, sa justice arbitraire (voir plus haut les histoires qu’il a eu avec les moines de St Bonnet, ou la décapitation sur le champ de ce pêcheur de truites …) on peut penser que personne n’aurait osé en plein cœur de sa terre natale, en plein cœur du Champsaur, contester son autorité et attaquer sa maison familiale. Il était en totale confiance. L’histoire lui donna raison de son vivant. Mais soixante ans après sa mort le Duc de Savoie osa  s’attaquer à ce château  très symbolique ! Beaucoup s’étonnent que la famille n’ait pas reconstruit immédiatement l’édifice. Je ne vois au contraire que la confirmation de ce que nous soutenons : ce château était indéfendable et à peine reconstruit, il aurait été à nouveau attaqué . Par ailleurs les héritiers ( Lesdiguières n'a pas eu de descendants directs ) possédaient le château de Vizille qui était bien plus beau et plus grand.

    

 Cette photo montre bien les portes Sud et Nord et entre les deux la petite porte et le plan incliné pour accéder à l'étang et au potager.
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.Carte postale du Chateau datant de 1930. Les murs étaient nettement plus hauts.

 

 

 

 

1-Ch-teau-Noir-et-Blanc-termin-.jpg  Carte postale du château et sa reconstitution.

 

 

 

 

Reportage de FR3 sur  Lesdiguières et son château. (1993) 

 

Ce reportage très intéressant de FR3 a été élaboré avec le concours de Robert Faure, historien du Champsaur (qui écrit régulièrement dans ce blog) et Edouard Roux ( aujourd'hui décédé) qui s'est longtemps occupé du devenir du Château.  Pour l'écouter cliquez au centre de la photo ci-dessous.

 

 

 


 

  

 

 

Le Château de Lesdiguières aujourd'hui et son devenir.

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Le Département est devenu propriétaire du château en 2000 après de nombreuses tractations. Il y a certainement plusieurs motifs :

- tout d'abord la route communale passait (et passe toujours) à l'intérieur du château. Or il s'agissait d'une propriété privée avec tout cela comporte de responsabiltés pour les propriétaires.

- Le deuxième motif est assez proche : les personnes s'arrêtaient et visitaient le château. Or les menaces d'écroulement étaient  permanentes. Pendant des années des colonies ont fait leurs grands jeux à l'intérieur ! Les nombreuses photos de ce blog en témoignent.

- L'idée était également de restaurer ce qui pouvait éventuellement l'être.

Les colonies faisaient donc du château un lieu de grand jeux idéal ......il y avait pourtant des risques. 
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Mais quels souvenirs !  c'était magique . Conclusion 45 ans plus tard on en fait un blog.
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En 2002, une fois devenu propriétaire, le Département a déboisé l'ensemble permettant à cette occasion de découvrir l'étendue du château.


  Les projets de restauration prévus par le département :


En résumé 3 portes ont déjà été restaurées : la porte nord, sud, et la porte principale
Vont être restaurées : la chapelle du château pour en faire un lieu d'exposition et une tour ( la tour N° 6 à priori). En 2012 ce projet est à priori totalement suspendu.
 


La porte principale terminée  (Avril 2008).

            
. Porte-nord-restaur--e-600.jpg
 Porte Nord restaurée.
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Porte-sud-600.jpg

Porte sud après travaux.
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Quelques photos du château .

Vous pouvez retrouver l'ensemble de ces  photos en cliquant sur :

 
http://glaizil.over-blog.com/categorie-1251451.html  (le chateau se trouve dans la deuxième partie du reportage).
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  tour-4-et-6-revues-600-copie-1.jpg
Tour N° 4 et ruines des appartements de Lesdiguières. On peut remarquer le crépi  qui se trouve encore sur le mur. 


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tour-6-revue-est-corrigee-600-copie-1.jpg .Tour N°6. La fenêtre du bas est le point de départ du tunnel.

 

 

 

 

Tour N° 6 reconstituée numériquement ......et beaucoup de travail malgré les apparences. On remarque que les fenêtres étaient très basses et finalement accessibles. Le Château a d'ailleurs était détruit grâce à ces fenêtres par les mercenaires du Duc de Savoie. Les soldats ont envoyé des projectiles enflammés qui ont fait voler en éclats les vitres et fait prendre feu à l'intérieur des appartements.
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Chateau-de-Lesdiguieres---tunnel.jpg

Départ du souterrain. Il surprend par ses dimensions. Cette photo m'a été adressée par un internaute.

 

 

 

 

Tunnel-Lesdiguieres.jpg

 Photo adressée par un internaute montrant le début du tunnel qui se trouve dans la tour N° 6 . Où menait-il ? Trois versions : la première, la plus probable, ce tunnel permettait d'aller dans une ferme du coin. La deuxième ( très improbable) ce tunnel menait vers le château de St Firmin. La troisième ( la plus réaliste) : on ne sait pas......En tout cas on ne peut que rappeler que ce tunnel est dangereux++++

 

 




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Fenetre-tunnel-T6-revu-600.jpg

Détail de la tour N° 6. En entrant, les murs sont en bon état. Le  passage (tunnel) descend sur la gauche. Ce tunnel  se termine par une sorte de puit, d'entonnoir, aux rebord très pentus. Attention dangereux.



Un tunnel qui allait vers le château de Saint Firmin ?

Regardez bien !



Chateaux-de-Saint-Firmin-et-Lesdiguieres.jpgRegardez bien cette vue satellite. Les villageois pensaient qu'il y avait un souterrain qui permettait au Duc de Lesdiguières de passer d'un château à l'autre avec une extrême rapidité. Pourquoi ?  Tout simplement parce que les catholiques remontaient de Gap sur la rive droite du Drac ( flêche bleue) pour commettre des exactions dans la vallée, et pensaient que les soldats de lesdiguières, qui se trouvaient sur la berge gauche du Drac ne pouvaient pas intervenir. Or, les interventions de Lesdiguières étaient si foudroyantes pour les intercepter que le bruit  de l'existence d'un souterrain prît naissance.




Pour finir, la séquence d'une reconstitution étonnante!

 



Bientôt je vais mettre cette reconstitution sous forme de séquence vidéo. Les premiers essais sont étonnants.On voit le château se reconstituer sous nos yeux !

Vous pouvez voir désormais en vidéo la reconstitution de ce château. La séquence a été accélérée et donne une impression étonnante. Pour la voir cliquez ICI


Résultat final : un sacré "look"!

 

Le château de Lesdiguières.

 

Toutes les photos du chateau faites en 2010, cliquer sur:   http://glaizil.over-blog.com/catégorie-1251451.html .

Pour lire l'article sur le Mausolée, cliquez sur : http://glaizil.over-blog.com/article-12725866.html .

 

 


Bien cordialement 

 


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Par lecourtier

"Les Croquignard"

 

 

 

Les--Croquignard.2.JPG 

 

Tirée d'une histoire authentique, "Les Croquignard" retrace, en deux volumes, l'aventure de déserteurs italiens qui, durant la Première Guerre Mondiale, vont semer la terreur dans les Alpes, de part et d'autre de la frontière franco-italienne.

L'année 1917, pour les troupes alliées, est la plus terrible de la première guerre mondiale. Des déserteurs italiens se réfugient en France. Ils évolueront du petit larcin au crime sordide. Montagnards chevronnés et rusés, ils frappent sans relâche de part et d’autre de la frontière franco-italienne. Leurs têtes mises à prix et condamnés à la peine capitale, les Croquignard échapperont longtemps aux poursuites .

Voici leur épopée basée sur des faits authentiques.

 

 

 

 Croquignard.jpg 

Les dessins sont de Quebeuls .

Corinne Leduey s'est chargée des textes. Elle a fait un superbe travail pour trouver les expressions, mots de français, d'argot et de patois, qui donnent une touche désuète à l'album.

 

 

 

 

Dessins et textes très soignés.

 

 

Le travail de recherche (archives communales, départementales, journaux d'époque français et italien, gendarmerie) a été important, l'auteur n'hésitant pas à  aller même photographier et découvrir les lieux où cette histoire s'est  déroulée. 

 

 Les--Croquignard.3.JPG 

 

 

 

 

Le deuxième volume vient d'être édité .

 

 

 

 croquignard.JPG

  Deuxième volume : cliquez ICI 

 

 

Quebeuls Croquignard 

 

 

 

Un remerciement très sympa ........pour le site "Mémoire du Champsaur"

 

 

 

Rmerciements-croquignard.jpg

 

 

 

 

 

Un mot datant de décembre 2011.

 

 

quebeels.jpg

 

Les épreuves, cartes et posters sont prêts.

Format A4  (5e) et A3 (8e) pour les posters sur papier 300g (épais).

Pour les cartes postales (cartes doubles) 2 formats
-Grand à 2
e
-Classique à 1,5
e (6e les 5)

Le lien valide du site Croquignard (tarifs, formats, etc) :
http://croquignard.over-blog.com/article-sorties-numeriques-d-illustrations-88312583.html

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Ils sont visibles en avant-première au café de la mairie à l'Argentière.
Un grand merci (encore) à Marie & Guillaume

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Il est possible de faire des commandes spéciales personnalisées
si vous avez un événement à fêter (rajout de texte).


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Pour ceux qui m'ont contacté je m'occupe des envois cette semaine.


Bonnes fêtes à tous

 

 

 

 

 

-Pour en savoir plus , ou commander un volume , je vous conseille d'aller  sur le Site magnifique de "Quebeuls" : Cliquez ICI

 

-Pour revenir à l'Accueil général de ce blog : Cliquez ICI 

 

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Par Lecourtier philippe

Monseigneur Jean Eyraud: procès de béatification en cours.

:

 
"Catholiens, le référenceur des meilleurs sites catholiques ."


 

You can read this article in English . Click on:   TRANSLATE ( 1 minute )

Potete leggere questo articolo in italiano. Cliccate Qui per tradurre 

 Monseigneur Jean Eyraud  est né le 11 novembre 1880 au Glaizil. Il est décédé aux Etats Unis le 5 février 1968 . Il a laissé un souvenir extraordinaire auprès de ses paroissiens et dans son diocèse. Aux dires de tous, sa vie fut exemplaire et sa charité remarquable.  Un procès de béatification a été ouvert le 3 novembre 2001 ( Nihil Obstat) !  Un livre est sorti aux Etats Unis intitulé "Pere, the Little Frenchman qui a été écrit par  Darlène Labranche. Il a été question que ce livre soit traduit en Français aux alentours de 2004 mais la chose ne s'est pas faite jusqu'à ce jour.



Monseigneur-Eyraud.jpg

 

Quelques explications :

-Tous les documents le concernant et qui sont en ma possession, ont été écrits en anglais ( y compris le livre "Pere, the Little Frenchman "). Le travail a donc été considérable.

- Mon Site  est centré sur le village du Glaizil et je me devais de parler de Mgr Eyraud et de sa possible béatification. ( aucun site internet n'en parle).

- Que toute personne qui a des renseignements sur Mgr Jean Eyraud n'hésitent pas à me contacter à l'adresse suivante :
glaizil@hotmail.fr


 

 

 

Les grandes lignes de sa vie .




Naissance et enfance au Glaizil.

 

 

 

Maison-natale-de-Monseigneur-Eyraud.jpgPhoto prise le 9 juin 2010. Maison natale de Mgr Jean Eyraud au Glaizil.  Cette maison appartient actuellement à la famille  Ribiollet.

 

 

 

 

Maison-natale-de-Mgr-Eyraud.jpg

 Je remercie vivement la famille Ribiollet de m'avoir autorisé à photographier cette pièce principale ( Août 2010 ). Quelle émotion de rentrer là.  Mgr Eyraud y a vécu toute son enfance !  Vous trouverez en fin d'article ( dans le chapitre photos inédites ) d'autres photos de cette maison.

 

 

 


Mgr Jean Martin Eyraud est donc né au Glaizil le 11 novembre 1880 et a grandi  dans un site exceptionnel . Frère Pat B. Sander (postulateur) qui est venu des Etats Unis pour enquêter sur  Frère Jean Martin Eyraud s'exclame dans un journal américain ( diocésain) " C'est une vue incroyable que le petit Jean a pu contempler chaque matin dès les premières années de  sa vie .....".

 

  Mgr-Jean-Eyraud--Le-Glaizil.jpg

 Le village du Glaizil et ses environs ( en haut à droite, Chauffayer) .

 




Les parents ont eu cinq enfants.

Marie Ernestine Eyraud née le 20 février 1877,
Clémence Isoline Eyraud née le 6 novembre 1878,
Jean Martin Eyraud né le 11 novembre 1880,
François Joseph  Eyraud né en 1882,
Florentin Ernest Eyraud né en 1885.
Mais le  jeune Jean Martin perd  ses deux jeunes frères : François-Joseph né en 1882, mort  en bas âge et Florentin-Ernest  né en 1885, mort à l'âge de 5 ans. La mort de ses deux jeunes frères marqua profondément Jean.  Il est donc le seul garçon à être arrivé à l'âge adulte.
Très jeune il a le désir de devenir prêtre.


DSCN1633.JPG
L'église du Glaizil  où Jean Martin a été baptisé et venait assister à la messe.

 

 

 

 

 

Acte naissance de Mgr Eyraud

L'acte de naissance de Mgr Jean Eyraud ! Un document exceptionnel qui m'a été adressé par M. François Servel ( il a écrit plusieurs articles dans ce blog sur le Glaizil ). Il a été surpris car c'est son arrière-grand-père qui a signé cet acte de naissance ( 30 décembre 1880) alors qu'il était maire du village.





 

Eglise du GlaizilL'église a été construite en 1850.  Mgr Eyraud y a donc été baptisé 30 ans après sa construction. La photo a été retouchée afin d'effacer les marques relativement importantes d'humidité sur les murs.......que ne  ferait-on pas pour Mgr Eyraud ! Personnellement je me trouve à droite , debout, en pull blanc ( un papier à la main) .



L'oncle de sa mère Rosalie  ( 1841-1901),  était prêtre à Gap ( Père Joseph Provençal) . Cet oncle instruit s'intéressa personnellement  à Jean Martin  et lui donna un enseignement primaire jusqu'à ce qu'il entre en 1893  au "Petit Séminaire" d'Embrun. Puis en avril 1896 ( il a 16 ans) il continue ses études secondaire à Grenoble. Ses professeurs remarquent que c'est un élève doué et intelligent ( les 2 qualificatifs sont utilisés par ses biographes). Il est bachelier l'été 1899 : il a 19 ans.

 

 




Entrée au séminaire de Gap à un moment politique très particulier.

Il entre au séminaire de Gap à l'âge de 19 ans et fait ses études de 1899 à 1904. Plusieurs évènements marquent cette période de séminaire:
- pendant un an il doit faire son service militaire ( 1900 à priori ). En tant que séminariste , il est affecté dans les hôpitaux militaires ( 22eme régiment d'infanterie).
- il reçoit la tonsure le 21 décembre 1901 de Mgr Prosper Berthet à Gap.
le 29 juin 1902 il reçoit les Ordres Mineurs,
- le 29 juin 1903 il devient diacre.
- enfin son ordination est retardé de quelques mois car il n'a pas encore 24 ans.


Il est finalement ordonné prêtre le 29 juin 1904 en la cathédrale de Gap et va dire sa messe d'action de grâce,  le lendemain, à Notre Dame du Laus, lieu d'apparition mariale qui se trouve à 15 km environ de Gap. Frère Patrick B. Sander de la commission d'enquête ( Postulateur ) voit dans cet évènement l'influence spirituelle de Notre Dame du Laus sur le jeune Jean Martin Eyraud.
Les jours qui suivent Père Jean  apprend qu'il est nommé vicaire par son Evêque à la cathédrale d'Embrun, où il restera de 1904 à 1910.




Mais voilà : le 09 décembre 1905, coup de tonnerre en France !


Le 9 décembre 1905 en effet, Aristide Briand ( député socialiste) arrive à faire adopter par le parlement une loi sur la "séparation de l'église et de l'état", suivie de très peu ( le 29 décembre 1905) par l'obligation de réaliser un inventaire de tous les biens d'église. Les édifices construits avant cette date devenaient propriété de l’État pour les cathédrales ou propriété des communes pour les paroisses. Cette loi se préparait depuis 25 ans et Aristide Briand est arrivé à la faire passer.

Les français le vivent plus ou moins bien. A Gap les locaux de l'évêché se transforment en bureaux du consul général. L'évêque est expulsé à la stupéfaction générale. Quelques jours plus tard lorsque les soldats veulent pénétrer dans la cathédrale pour récupérer l'inventaire, de nombreux paysans, fourches à la main, en interdisent l'accès. Les tensions furent très fortes.

 

Cathedrale-de-Gap.jpgM. Robert Faure ( historien du Champsaur  qui a écrit de nombreux articles dans ce blog ) me signale  "qu'il y a eu en effet des échauffourées dans plusieurs paroisses du Champsaur lors de l'inventaire des églises , notamment à Saint Laurent du Cros, à Saint Julien, et à Chaillol".

 



Toute la France est touchée..... 

Voici un autre évènement marquant, qui s'est déroulé à la Chartreuse du Reposoir en 1905.  Je vous le raconte de mémoire. Les soldats arrivent donc au monastère qui se trouve dans la montagne  pour l'évacuer. Les cavaliers forment une haie à la porte pour encadrer la sortie des moines. Leur chant se fait entendre puis ils sortent en procession de leur monastère sous le regard consterné des habitants de la région.
La stupéfaction est à son comble lorsque le commandant descend de son cheval, se tourne vers ses soldats, dégaine son épée, et la casse sur sa cuisse d'un geste sec ( ce qui équivaut  à une dégradation, au tribunal militaire,la mise aux arrêts jusqu'au jugement et un renvoi "de facto ") puis revient vers les moines et se met à genoux. Soldats et paysans sont ébahis.....Cet évènement montre à quel point la société française était partagée. Dans l'armée certains étaient contre cette loi. Il est très probable que certains paysans étaient pour.....


Un  autre accident se produisit dans le Velay,  le 27 février lors de  l’inventaire de la Chapelle du pèlerinage de Champels (commune de Monistrol-d'Allier). Une
fusillade éclata faisant des blessés graves.....la France allait elle basculer dans la révolution ?

Le ministre de l'Intérieur Georges Clemenceau décide de renoncer aux opérations d'inventaire dans les cas où elles rencontrent une résistance violente. Georges Clemenceau déclara alors "quelques chandeliers ne valent pas une révolution".

Voilà donc une période bien compliquée pour notre République !

 



Mais revenons au Père Jean qui vit ses premières années de sacerdoce à Embrun.


En octobre 1905, Mgr Berthet l'envoie à la faculté catholique de Lyon pour parfaire ses connaissances et lui permettre dans le futur de devenir enseignant. Lui aussi a discerné en Jean Eyraud quelqu'un de doué.
Mais la mort de son Père,  Zozine-Florentin Eyraud ( 1850-1905), l'oblige à quitter Lyon, à revenir au Glaizil et à assumer les responsabilités de sa famille pendant plusieurs mois.


1905 à 1909 : il est vicaire à la cathédrale d'Embrun. Il est déjà très apprécié. Difficultés financières: les prêtres n'ont plus aucuns revenus. Un départ vers les Etats Unis est envisagé.

1909 à 1910 il est nommé à la cathédrale de "Gap".
 Au cours de cette année 1909, la Providence permit que le Père Jean Eyraud soit poursuivi voire harcelé par les avances d'une jeune femme du village de Saint-Bonnet, qu'un ami de longue date, le Père Blanchard,  qualifiait "d'hystérique". Très affecté par cette histoire sans fin, il partit passer quelques semaines en Hollande puis fit une longue retraite dans un monastère près de Paris. Il semble que cet évènement ait poussé le frère Jean à prendre la décision de partir aux USA avec cinq autres prêtres du diocèse.
Il reste quelques mois encore près de son évêque ( comme 3eme aide précise le livre) avant de partir définitivement.
Il part finalement vers la Louisiane avec cinq autres confrères. Il arrivent la-bas en juin 1910.





Son arrivée aux Etats Unis ( Louisiane ) en juin 1910.

 

USA-Louisiane.jpg Carte des USA montrant l'émigration française au 19eme et début du 20eme  siècle. Trois états sont concernés principalement ( je les ai mis en clair) : le Wyoming, la Floride et la Louisiane.....où le Père Eyraud est nommé.

 

 

 

 

 

 

1ere Nomination: la cathédrale Saint Louis de la Nouvelle-Orléans.


1910-1911 : Il est nommé  à la cathédrale Saint Louis de la Nouvelle-Orléans auprès de Monseigneur JJ Laval, qu'il appréciera beaucoup. Il aimait effectivement travailler avec lui. Au bout de sept mois Mgr Laval fut muté et remplacé par Mgr Scotti. Ce départ affecta le Père Jean. Il travailla ensuite 2 ans avec Mgr Scotti.

Je vous rapporte un commentaire de Pat Sander ( vice-postulateur ) concernant l'arrivée du Père Jean aux Etats-Unis   : "Cela a été  une grande perte  pour le Diocèse de Gap mais une merveilleuse bénédiction pour l'Archidiocèse de la Nouvelle-Orléans".
!!


1911-1913 ( il a 30 ans ) : il est vicaire à la cathédrale de Saint Louis en Haute Louisiane. Pendant plusieurs mois, ne connaissant pas l'anglais, il fait ses sermons en Français ! Sa messe devient progressivement francophone, d'autant qu'il touche son auditoire. Voici ce que dit un ancien paroissien  "....C'était un vrai plaisir de l'entendre parler cette belle langue et d'écouter  les leçons impressionnantes de foi qu'il nous enseignait ".
Toutefois l'adaptation au monde anglophone lui est difficile et il pense un moment revenir en France. Mais ses amis Champsaurins et en particulier le Père Graugnard l'en dissuadent.
Il monte une chorale composée de Français qui chantent un répertoire.....français. Les américains "
sont ravis d'entendre cette douce langue chantée aussi bien.....".


 Monsignor-Jean-Eyraud.jpg
Photo du Père Jean Eyraud datant de 1914, quatre ans après son arrivée aux Etats Unis. Cliché trouvé dans le livre "Père, The Little Frenchman".




Ces trois premières années il prend des cours d'anglais auprès des soeurs de la "Sainte Famille" jusqu'au jours il considéra qu'il était apte à assumer sa charge de prêtre à Saint Louis.

Le  Père Eyraud commence à prêcher  en anglais ( 3 dimanches sur 4 ) et  en Français un dimanche par mois......mais les paroissiens français restent avec lui. Il y a beaucoup de monde à ses messes......et comme à Embrun on l'apprécie pour son extrême disponibilité et gentillesse.


 

 



2eme nomination : la Paroisse "Saint Thomas l'Evangéliste" en 1913.


1913
  ( il a 33 ans )
Il exprime son désir de prendre en charge la paroisse de "Saint Thomas l'évangéliste". Lorsque l'archiprêtre apprit sa demande, il  lui dit:" Boy do you know what you are asking.....if you knew the mosquitoes of Pointe de La Hache...!!". Cette réplique méritait le texte en anglais " Garçon, sais-tu ce que tu demandes...si tu connaissais ces moustiques de la Pointe de La Hache et la pauvreté de la paroisse, tu ne voudrais pas y aller...". Je me suis étendu sur cette réplique car il me semble qu'après 9 années de sacerdoce conduit par la Providence, c'est la première fois que le Père Jean-Martin pose un choix...accordé par sa hiérarchie et révélateur de son tempérament.

Il s'agit,  3 ans après son arrivée dans le diocèse de la Nouvelle Orléans, d'une belle marque de confiance de la part du clergé américain.

Il est donc nommé curé à la Pointe de la Hache et devient  responsable à part entière de la paroisse "Saint Thomas l'évangéliste". Cette paroisse est non seulement pauvre mais elle n'avait plus de prêtre depuis un certain temps ! Elle couvre un territoire étendu ( 25 miles, soit 40 km de longueur ) , peu construit, "sauvage" précise le livre. Il se plonge dans cette nouvelle responsabilité avec beaucoup d'ardeur. Dans certaines zones, n'ayant aucun batiment d'accueil  pour la préparation à la première communion, il reçoit les enfants en plein air, leur faisant la catéchisme sous de grands chênes.

Pire: il y avait beaucoup de relachement dans cette paroisse et un manque total du sens "religieux" ( difficile à traduire de l'anglais) . Conscient de l'importance d'une bonne formation pour ses paroissiens, il fait des sermons percutants, et pour tous les âges. Il met beaucoup d'énergie à enseigner non seulement les évangiles mais également a inculquer le sens du religieux, du respect nécessaire lié aux sacrements par exemple.
Il crée un groupe de prière "Holy name society" ( je ne sais pas comment traduire, peut-être "Société du Saint Nom" ) en 1914.
Le Presbytère et les locaux sont dans un état déplorables ( Mgr Blenk en avait été choqué quelques années auparavant). Le père Jean répare, restructure, construit un presbytère correct. Mais voilà......


Un ouragan en septembre 1915 ( golfe du mexique) : le père sortait tout juste de travaux importants lorsque cet ouragan dévaste la région faisant de nombreux morts ( noyades en particulier par la montée des eaux du Mississipi....). Le nouveau presbytère construit en dur protège très bien l'église qui est plus ancienne. Les paroissiens se réfugient dans l'église car elle se trouve sur un monticule. L'eau monte à l'intérieur malgré tout. 
L'ouragan terminé, tout le monde se met au travail pour dégager la boue qui se trouve à l'intérieur et faire les réparations nécessaires.

Mgr Blenk conscient de l'énorme travail que le Père Eyraud a fourni depuis deux ans, a peur qu'il se décourage devant l'ampleur des dégats occasionné par cet ouragan  et lui propose sa mutation à " St Peter Catholic Church". Le Père temporise ( en accord avec son évêque) dans un premier temps pour tout remettre en état ! 


Dans un deuxième temps, il accepte sa mutation à " St Peter Catholic Church". Ses paroissiens ont alors pris conscience qu'ils perdaient un saint prêtre. "Many St. Thomas the Apostle parishioners had tears in their eyes when Father Eyraud told them of his departure and.... " Cette phrase aussi méritait d'être mise en anglais : " De nombreux paroissiens de "Saint Thomas L'apôtre" avaient les larmes aux yeux lorsque le Père Eyraud leur annonça son départ et il prirent conscience qu'ils perdaient un saint prêtre......".





3eme nomination  : par Mgr Blenk à " St Peter Catholic Church" en 1916 . 



                   

St Peter Church 1900Saint Peter church dans la ville de Réserve. Ce cliché m'a été adressé par M. François Servel ( originaire du Glaizil).  
 

 

1916 ( 36 ans )  Il arrive à St Peter Catholic Church le premier vendredi du mois de juin 1916. Dans une interview de 1964 il précisait que jamais en 1916 il aurait pensé rester 47 ans en ce lieu. Et ce lieu vécut avec lui une véritable révolution........



Son arrivée  : après avoir vécu une certaine pauvreté les neuf premières années de son sacerdoce, il est très surpris par cette paroisse qui ne manque de rien sur le plan matériel. Il fut tellement surpris qu'il l'appela "ma cathédrale"  pendant de nombreux mois. Et comme nos amis américains sont précis à ce sujet, le livre "Père, The Little Frenchman" nous dit qu'il passa de 300 dollars annuels à 1200 dollars....et le père apprécia cette petite largesse au niveau financier. Mais il en fît profiter les plus pauvres.

Il se rend compte toutefois qu'il y a un énorme travail de remise en ordre dans cette paroisse sur le plan financier et surtout sur le plan spirituel. "
Saint Peter avait tout l'air d'une paroisse mal suivie, mal financée. Il l'a transformée en une paroisse modèle dans l'Archidiocèse de la Nouvelle-Orléans. Encore aujourd'hui, les programmes, les organisations des écoles et des nouvelles paroisses que Monsigneur Eyraud a  instituées, sont toujours en place, servant d'héritage à ses convictions  religieuses et morales".  ( extrait du livre PLF)



Saint-Peter-Church-Reserve.jpg                        La ville de Réserve en Lousiane . On comprend sur cette carte le problème des ouragans dans cette région ( golfe du mexique) .


La ville de Réserve ( Louisiane ) à cette époque était très connue pour ses dancings et ses salles de jeux. En conséquence, les hommes préféraient aller au bar pour jouer aux cartes que d'aller à la messe. Seules les femmes étaient présentes à la messe du dimanche. Le Père Jean Eyraud s'en était vite rendu compte.

Comme le curé d'Ars en d'autres temps, pour y remédier, il décida de visiter les paroissiens à leur domicile. Tous étaient frappés par sa douceur, sa bonté, et sa ferme détermination pour le salut des âmes. Le texte en anglais est ensuite explicite "Behind this kindness and gentleness, there was the zeal and determination of the Apostles. Like his Divine Master...."
Traduction : "Derrière cette bonté et cette douceur , il y avait le zèle et la détermination des apôtres. Comme son Divin Maître......" , il était prêt à être énergique pour le bien des âmes. Mais au delà des visites auprès des familles, que pouvait-il  pour ces hommes qui ne venaient pas à la messe ?  Inspiré,  il décida de négocier avec le bar le plus proche de la paroisse, pour obtenir une heure d'ouverture plus tardive,  après la messe du dimanche ! Etonnant......

Le "grand-petit Frenchman" commence à remplir son église. Mais les hommes se font  toujours rares. Il leur propose une messe hebdomadaire pour eux à 5h du matin.  60 participent à cette première messe. Mais le jour de Pâques 1916, grosse surprise, 700 à 750 hommes participent à cette messe de 5h du matin. Un telle affluence n'avait jamais été vue à St Peter Church, de tout temps.....

Le père Jean Eyraud était bon, affable avec tous, gentil ( je reprends les termes du livre) , sa voix toujours douce mais cela n'empêchait pas une détermination très enracinée à mener les âmes vers Dieu. Lorsqu'on lit tous ces qualificatifs, on peut parler de réelle charité...oui vraiment !


Petite reflexion personnelle :

A la lecture du livre de Darlène Labranche "The little Frenchman", on ressent une évolution très nette dans les expressions utilisées pour parler du Père Eyraud.

Première periode en France: cet enfant est repéré comme doué, intelligent, sérieux, pieux.......

Deuxième période à son arrivée aux USA : le Père Jean est qualifié de "déterminé", aucun obstacle ne l'arrête dans sa mission, il repère de loin les problèmes et il a de grandes capacités d'organisation.

Troisième période à St Peter Church à Réserve : on sent un homme plus mûr, très attentif à ses paroissiens, au salut des âmes. Il est bon, affable, patient, charitable à l'extrême, ses sermons remuent ses paroissiens.....

Avec les années, toutes ces qualités se conjuguent pour faire de lui un prêtre accompli.....



Le temps des grandes réalisations ( 40 ans ).


" Celui qui médite la Parole de Dieu jour et nuit porte du fruit en son temps...."  ( visible ou invisible) .



Monsignor Jean Eyraud à 40 ans                                                                                 Le Père Jean Martin Eyraud à 40 ans environ

 

 



Dans les premières années passées à Saint Peter, comme nous venons de le dire, le Père Eyraud va se démener pour remettre de l'ordre dans cette paroisse.  Certes elle est aisée matériellement. Mais il veut remettre les choses en place tant sur le plan matériel que spirituel. Le Père après avoir visité toutes les familles, après avoir fait revenir les hommes à la messe, fermé quelques bars à des heures gênantes, il s'attelle alors à la rénovation de l'église en elle-même. A ce sujet, le livre "Père, The  Little Frenchman" donne beaucoup de détails qui ne peuvent pas être rapporter sur ce Site.


Mais en voici le résumé:



Première réalisation en 1916 : arranger, structurer, nettoyer le cimetière de la paroisse :

Il refait le cimetière qui était à l'abandon. Il aura d'ailleurs des oppositions virulentes .



Deuxième réalisation en 1922 : grande rénovation de St Peter church grâce à un don important d'Edward Godchaud ( d'origine juive). Tout y passe , la maçonnerie, le vestibule, les vitraux, la peinture, l'achat de nouvelles cloches. Des mois et des mois de travaux.

 

 

ST-Peter-catholic-Church-Reserve.jpgL'église de "St Peter catholic church" a donc été totalement rénovée. Sainte thérèse d'Avila disait en son temps que les personnes spirituelles aimaient le beau et l'ordre en toute chose......voilà qui est fait pour St Peter.

Anecdote : pour l'achat des cloches il y eut 7 donateurs que le Père avait lui même choisis (parmi des donateurs potentiels). Six d'entre-eux donnèrent la même grosse somme. Un septième donna beaucoup moins que les autres, faisant selon ses moyens. Lorsque le Père Jean Eyraud annonça dans le journal paroissial le nom des 7 donateurs, il tourna sa phrase de telle sorte que tous comprirent que les sept avaient donné la même grosse somme d'argent.

"As soon as the paper was distrib­uted, (the sponsor who had donated only $25) came to the rectory thanking Father Eyraud profusely ..."

Traduction :
"Dès que le journal fut distribué, (le sponsor qui avait fait don seulement 25 $) est venu au presbytère remerciant le Père Eyraud profusément....."

Délicatesse du Père Jean....


Troisième réalisation en 1922 ( il a 42 ans ): construction de l'église Ste Jeanne d'Arc.  

La ville de Réserve grandit très vite
sous l'effet de l'industrie de la cannes à sucre. Le Père Eyraud est à la tête d'une paroisse très importante. Il décide donc de construire dans la ville de Laplace qui est proche de Réserve une autre église, comme une sorte d'antenne de St Peter . Le terrain a été donné par les sucreries "Godchaud". Les travaux commencent en 1922 ,la dédicace officielle, la bénédiction et la 1ere messe sont dites en 1923. Cette église sera mise sous le patronage de "Sainte Jeanne d'Arc".

Commentaire du livre "......We see with our own eyes Father Eyraud's trudging down to Laplace over dusty, at times muddy, and other times rough roads to hear confessions on Saturdays and to offer the Holy Sacrifice of the Mass on Sundays, always with a smile on his weary face and a cheery word on his lips".

Traduction :
Et malgré ce travail colossal....." nous voyons de nos yeux le Père Eyraud marchant d'un pas fatigué sur les chemins poussièreux de Laplace, parfois boueux, pour entendre les confessions du samedi et offrir le Sacrifice de la Sainte Messe le dimanche, toujours avec un sourire sur son visage las et un mot joyeux sur ses lèvres..."

Sous la houlette d'un tel pasteur, la paroisse Saint Jeanne d'Arc à son tour prospère très vite......Il organise des groupes de prière et des groupes de reflexion.




Paroisse-St-Jeanne-d-Arc-Mgr-Eyraud.jpg                                                                             ( Photo du livre " Père, The Little Frenchman"). 

 C'est dans cette église de Ste Jeanne d'Arc qu'auront lieu après sa mort des passages incessants d'anciens paroissiens qui signaleront  plusieurs miracles. Devant toutes ces manifestations et la "vox populi ",  les autorités écclésiales décident d'ouvrir un dossier de Béatification. Le dossier ( clos à priori en 2003 par Mgr Terry Tekippe)  est en cours d'examen à Rome.

Pour information : Mgr Tekippe est  décédé cette même année 2003 en Grêce alors que son enquête était pratiquement terminée.


En 1923 il a la joie de voir sa soeur Isoline en Louisiane, sa nièce Hélène Blanchard Brochier, et son neveu Jean Brochier.





En 1929-1930 : quatrième réalisation. Deux écoles catholiques sont construites.


En arrivant en 1916 à St Peter Church
, il avait eu très tôt l'intuition qu'il fallait ouvrir une école pour les enfants de sa paroisse. En effet il était intimement convaincu que la foi se transmettait très jeune et que l'école contribuait largement à l'éveil de la foi. En 1916, il avait trouvé deux gros obstacles :
1 / aucun  local ne convenait. 
2 / aucune congrégation religieuse n'avait pû répondre à sa demande et prendre en charge cette école.




En 1929 ( il a 49 ans ) les choses se présentent autrement.
A l'occasion de ses 25 ans de prêtrise il annonce clairement son intention. Les deux paroisses ( St Peter et Ste Jeanne d'Arc) ont pris beaucoup d'importance et les familles ont de nombreux enfants : une école est indispensable.
Initialement les paroissiens sont surpris voire  défavorables. L'école publique du secteur est appréciée. D'ailleurs,  avec quels moyens peut-on construire une telle école ?  Mais sa foi, sa détermination l'emportent. L'évêque lui-même est circonspect et lui affirme qu'il sous-estime les frais. Il lui conseille d'emprunter 70.000 dollars et non 25.000 comme l'avançait le Père Eyraud. Finalement il emprunte 30.000 dollars pour le matériel. La construction est effectuée par les hommes de la paroisse ! .....

Et finalement il en construit deux:

- la première en 1930 ( école Saint Pierre) pour les enfants de ses paroissiens.
- la seconde ( Sainte Catherine) pour les enfants les plus déshérités ( les enfants noirs) . Plus tard cette école s"appellera "Notre Dame des Grâces".



Ecoles-consrtuites-par-Mgr-Eyraud.jpg                                                                ( Photo du livre " Père, The Little Frenchman").

L'école Sainte Catherine
est ouverte en 1931 pour les enfants noirs. Il ne faut pas oublier que la ville de Réserve est entourée de champs de cannes à sucre. De nombreux noirs travaillent sur ces exploitations et dans l'industrie du sucre. Le père Eyraud se soucie des enfants noirs, très pauvres le plus souvent et dont les parents sont illettrés. Ce batiment n'a pas été construit : il s'agit en réalité d'une ancienne école qui a été rénovée. La première directrice fut soeur Katerine Drexel , morte en 1955 à l'âge de 96 ans, béatifiée le 20 novembre 1988 et canonisée par Jean Paul II le 1er Octobre 2000.

Certains paroissiens furent très mécontents de voir la construction de cette petite école pour enfants noirs. Certains allèrent jusqu'à envoyer un médecin pour examiner discrètement l'état mental du Père Eyraud. Ils demandèrent très sérieusement qu'il y ait un trottoir pour les enfants blancs et un autre pour les enfants noirs et le Père Eyraud subit pendant plusieurs mois des attaques assez violentes.



Mgr-Eyraud--Sainte-catherine.jpg                                                                  ( Photo du livre " Père, The Little Frenchman").

...Le Père , lui, resta imperturbable, résolu à construire ces deux écoles. Cette attitude ferme, en faveur des jeunes enfants noirs,  fit revenir de nombreux Africains dans la paroisse  de St Peter .....ce qui provoqua à nouveau d'autres problèmes.

Alors le frère Jean pensa sérieusement ouvrir une paroisse dédiée  aux Africains !  Nos mentalités actuelles sont choquées par l'attitude de ses paroissiens. Mais ces évènements sont bien-sûr à remettre dans le contexte de l'époque. Dans sa clairvoyance,  le Père Jean resta ferme, bienveillants à l'égard de tous, accueillant, charitable........L'enseignement de ces enfants noirs lui paraissait primordial.



Réussite totale pour ces deux écoles :




Mgr-Eyraud.jpg                                    Mgr Jean Martin Eyraud avec les soeurs Dominicaines chargées de l'école catholique Saint Peter. ( Photo du livre " Père, The Little Frenchman").



L'école catholique "St Peter " est tenue par les soeurs Dominicaines ( voir photo ci-dessus) . En un  an, le nombre d'élèves passe à 530  ! 

L'école Sainte catherine est tenue par les soeurs du "Saint Sacrement" ( en anglais "the Sisters of the Blessed Sacrament" . J'espère ne pas avoir fait d'erreur de traduction  ) et compte au bout d'un an 400 élèves d'origine africaines !

Le Père Eyraud , au témoignage de tous, est totalement désintéressé. Certaines familles noires très défavorisées  le payent en nature : poulets, jambons, oeufs..... Et lui ne cherche pas à vérifier quoi que ce soit..... il fait totalement confiance.

Sa charité devient légendaire.
Elle est inépuisable.


Mgr-Eyraud-visitant-l-ecole-St-Peter.jpgLe Père Eyraud visitant une des classes de St Peter school. A côté de lui une soeur dominicaine, soeur Mary Marjory. ( Photo du livre " Père, The Little Frenchman"). Le livre signale que le Père était très appréciée par la communauté des soeurs, et tout autant par les enfants. Les élèves attendaient ses visites quotidiennes avec beaucoup d'impatience. Voici une petite phrase qu'il aimait rappeler  aux enfants : " pour parvenir à connaître Dieu, nous devons apprendre de Lui comment Il veut que nous vivions nos vies,  à travers sa Parole  ". ( phrase difficile à traduire de l'anglais : mais j'ai préféré faire une traduction un peu lourde et ne pas déformer ses propos).

Il tenait à donner personnellement les résultats scolaires avec une appréciation pour chacun des élèves ( notes, tenue, camaraderie....). Mais il le faisait avec beaucoup de tact, de douceur, afin de ne pas embarasser les enfants. Un adulte racontait ses souvenirs :"Je me souviens de Monseigneur Eyraud comme d'un père très affectueux et se souciant de chacun nous....". Le Père recevait aussi dans cette école des enfants juifs, des enfants protestants....et voici le témoignage d'une dame protestante  ( Kathleen Cambre Leggett) sur sa scolarité à St Peter, alors qu'en arrivant dans cette école elle se sentait comme différente : "Le père Eyraud est entré dans la classe, nous a souri puis a remonté  l'allée nous tapotant sur la tête. Il s'est arrêté à mon bureau et m'a regardé et a dit dans son accent français délicieux, "Vous êtes notre petite protestante ?  Nous vous aimons tous et nous sommes heureux que vous soyez ici avec nous. Dieu vous bénisse. " Je l'ai aimé à cette minute et  j'ai décidé que j'étudierai très sérieusement pour le rendre fier de moi...".

Le livre donne de nombreux témoignages d'anciens élèves et énumère ce que le Père avait mis en place pour eux. Je donne deux exemples qui m'ont frappés. Il disait une messe tous les dimanches ( à 8h30 ) réservée aux enfants. Afin qu'il n'y ait pas de problèmes d'accompagnement un bus de ramassage passait à leur domicile. Deuxième exemple: il confessait tous les élèves qui le désiraient. A ce propos, le livre signale qu'il passait de longues heures au confessionnal.

 

 

 

Le 13 Juin 1937 : 5eme réalisation ( il a 57 ans) . Construction de l'église " Our Lady of Grace"

 

Comment traduire ? "Notre Dame des Grâces" ou "Notre Dame de Grâce" ?

En 1931, le Père Jean avait déjà ce projet à coeur : il le réalise en 1937. Il s'agit d'une église pour les paroissiens d'origine africaine. De nombreuses familles africaines en effet ( qui travaillaient dans l'industrie de la canne à sucre) étaient revenues à la pratique religieuse en voyant le père Eyraud se donner tant de mal pour eux. Le mouvement s'était accéléré lorsque le père avait ouvert  l'école catholique "Sainte catherine" pour les enfants noirs.

Mais cet afflux de familles noires dans la paroisse de St Peter  ( à majorité blanche) avait provoqué de vives réactions en particulier à l'encontre du père : autre temps, autres moeurs. Cette église de "Our Lady of Grace" leur est donc réservée.

A cette occasion l'école " sainte Catherine" change de nom et devient  l'école catholique de " Notre Dame de Grâce".

 

 

1935 ( il a 55 ans ) : première nomination du Père Eyraud 


Le travail considérable qu'effectua  le Père Eyraud dans sa paroisse et son rayonnement personnel  ne passèrent pas inaperçus. En 1935, l'Archevêque Joseph Francis Rummel le nomme  consultant de l'archidiocèse, examinateur pro-synodal et membre du conseil de l'enseignement diocesain. Il a servi de consultant jusqu'en 1955. 




Monsignor--Jean-Eyraud-confessionnal.jpg                                                  Cette photo a été prise devant un confessionnal dans les années 50.  




 

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Par Lecourtier philippe

6 mars 1938: Le Père Jean est nommé "Monseigneur".

 

 

 
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1938 ( 58 ans ) il est nommé "Monseigneur"  c'est-à-dire prélat d'honneur de Sa Sainteté. Il n'a pas été évêque à proprement parler. C'est pour ce motif qu'il est resté dans sa paroisse de St Peter catholic Church. Mais il est malgré tout légitime de l'appeler "Monseigneur Eyraud".




Il était l'un des six membres du clergé du diocèse de la Nouvelle Orléans a être élevé par Pie XI à ce rang.

 

 

Ceremonie-Jean-Eyraud-1938.jpg

          Monseigneur Eyraud à la Cathédrale Saint Louis, lors de sa nomination comme "prélat d'honneur de sa Sainteté".

 

Voici un extrait du texte du Saint-Père  lors de cette nomination.

 

Bénédiction du Saint Père

« Fils aimé, santé et Bénédiction Apostolique.

Afin que nous puissions dignement récompenser vos mérites, notre frère vénérable, l’archevêque  de la Nouvelle-Orléans, nous a informé de vos services comme suit : «  Jean Eyraud, consultant diocésain, s’est acquitté  pendant de nombreuses années de son  ministère de façon la plus louable et de nombreuses façons auprès des âmes ; il a érigé dans sa paroisse une école catholique pour des enfants blancs et une pour les enfants noirs ». C’est pourquoi, suite à la demande de notre frère vénérable, l'Archevêque de la Nouvelle-Orléans, nous désirons vous accorder un témoignage public de notre bienveillance. 

  Nous vous constituons volontairement et vous déclarons, par ces Lettres Apostoliques et par notre autorité, "Prélat ". Donc, fils aimé, nous vous accordons le droit et l'autorité pour porter la robe pourpre ……le vêtement de lin, appelé le Rochet ;  de même pour utiliser les honneurs, ….les prérogatives, induits ……."

Nous espérons que la traduction de ce texte du Saint-Père est correcte et qu'elle ne trahit pas ses propos. Nous restons ouvert à toute rectification.

 

 Le 27 mars 1938 sur la demande de l'archevêque de la Nouvelle orléans Mgr Rumel , une journée ( congrés ) Eucharistique se déroula à Réserve. 12000 personnes participèrent aux cérémonies avec des processions telles que l'on n'en avait jamais vues.

 

 

Msgr-Jean-Eyraud-1939.jpg

Cette photo m'a été transmise par M. Dwayne Montz de Louisiane avec qui je suis en contact. Il en a profité pour m'envoyer 5 documents ( journaux) qui parlent de Mgr Eyraud.



Période de 1939 à 1953 .

Au cours de ces quatorze années, Mgr Eyraud garde toujours le même cap. Il répond aux besoins  de ses paroissiens en améliorant les écoles, en construisant une nouvelle salle paroissiale, il répare, agrandit, repeint, .......

Il reçoit des dons importants et peut rembourser les prêts plus rapidement que prévu.

 

Saint Peter Church fête en 1939 ses soixante quinze ans d'existence. Lors du sermon, le prédicateur affirme: "  Quand Monseigneur Eyraud est arrivé ici, à  Saint Peter en 1916, on se demandait pourquoi il y avait une si grande église pour un si petit nombre de paroissiens. Depuis quelques années,  c'est l'inverse. Beaucoup affirment que  l'église est trop petite pour accueillir tant de paroissiens malgré les trois messes du dimanche".

 

Juin 1944 : une grand messe d'action de grâce est dite pour ses 40 années de sacerdoce.

 

Août 1944 ( il a 64 ans)  les prêts contractés pour l'achat des terrains et la construction des écoles sont totalement remboursés. Le Père Eyraud avait été critiqué par certains de ses paroissiens et avait été  mis en garde par son évêque face à des emprunts qui semblaient excessifs. Quatorze années auront suffit pour tout rembourser !

 

En juin 1947: il fait un voyage en France. Le secteur paroissial devient énorme. Le livre "Père, the little frenchman " cite les nombreuses églises qui ont été construites autour de la ville de Réserve ( P 73) . Mgr Eyraud est nommé doyen du secteur. Mais il est fatigué ( 67 ans) et ressent le besoin de faire un petit retour en France. De nombreux amis paroissiens cotisent pour qu'il puisse y retourner pendant 3 mois ! En juin 1947 il part donc dans son pays natal. Il en profite pour aller à Rome au Vatican, voir le Pape ( le livre ne précise pas le genre de visite), s'arrêter en divers lieux de pélerinage ( le livre n'indique pas lesquels ), passe par un cimetière américains en Belgique. On est en 1947, juste après la guerre, et on peut supposer qu'il est allé se recueillir sur la tombe de paroissiens morts au combat . Et enfin il séjourne au Glaizil avec beaucoup d'émotion ou il rencontre tous les membres de sa famille avec beaucoup de joie.

 

 

DSCN1575-copie-1.JPG

                                                                                              Le Glaizil.

 

 

  

La visite de Monseigneur Eyraud a touché beaucoup de personnes . Entre autres, il a pu rencontré le Père Sylvain Blanchard (le frère de la nièce de Monseigneur). Ce prêtre et ami lui a écrit  une lettre peu de temps après son retour à la ville de Réserve,  datée le 26 août 1947, de la Fare en Champsaur. La voici :

 "Le Seigneur a été très bon de me donner la joie de vous revoir . Vous avez amené avec vous de très chères personnes ( je ne sais pas de qui ce prêtre parle ) et votre présence affectueuse  a changé ma solitude de prêtre d'un pays humble en une ruche baigné par la lumière du soleil .......  Votre départ m'a laissé un vide profond, mais aussi une tranquillité totale, avec la joie d'avoir vu l'activité et les voix vibrantes de Hélène et Jeannette. Débordement d'affection ...... Maintenant vous pouvez comprendre la solitude que je ressens après votre départ, car nous nous étions si rapidement habitué à votre heureuse présence .......  je suis resté perdu dans la mémoire inoubliable de votre visite si animée et heureuse. J'éloigne de moi ces réflexions sombres pour remercier Dieu pour Sa bonté ... Très cher Père, vous avez été envoyé très particulièrement pour nous sauver, pauvres serviteurs. Vraiment "Merci" . C'est rapidement dit et je ne fais que le répéter. Mais il m'est difficile face à  une telle bonté et générosité comme la vôtre et  présentée avec une telle simplicité,  de mettre dans des mots ce que le coeur sent si profondément.

Au moins, vous avez reçu mes prières reconnaissantes et ma gratitude... Au  moment de ces quelques lignes, vous êtes entre la mer et le ciel. J'espère et prie pour que votre voyage  de retour soit agréable et rempli du souvenir heureux de la visite à votre patrie aimée après une absence de 37 années. Je me souviens de vos yeux méditatifs et vos mains désignant du doigt votre rosaire lorsque vous marchiez sur le pont, priant pour votre pays revisité et pour vos paroissiens fidèles, qui attendent avec impatience le retour de leur père spirituel et pasteur. J'espère que cette lettre sera sur votre bureau attendant votre retour avec mes remerciements et profonde gratitude de nouveau répétée" .

 

DSCN1520.JPG

                          Le village de Chauffayer qui se trouve à côté du Glaizil. Le Glaizil se trouve au pied de cette chaîne montagneuse.

  

 Une réflexion personnelle  ( webmaster) .

La lette du Père Blanchard  est touchante.  Elle nous fait découvrir de façon admirable  la qualité de présence et d'écoute de Mgr Eyraud. Quel prêtre !  Cette lettre fait prendre brusquement conscience de la  réelle dimension de cet homme et confirme que les réalisations matérielles de Mgr Jean Eyraud aux USA sont  celles d'une charité hors normes, et d'un prêtre exceptionnel.

 

Retour au USA 

La vie américaine reprend fin 1947. Il retrouve ses paroissiens avec joie. Mais au cours de son voyage en France il a pris conscience de la pauvreté de certaines familles du Champsaur. De retour aux USA il se soucie de leur sort et les aide financièrement, soit directement, soit pour venir aux Etats Unis. En Louisiane il y a du travail pour tous. Une fois sur place il s'occupe de leur intégration......un prêtre exceptionnel !

De 1947 à 1950 la paroisse de St Peter est devenu la plus importante du secteur et l'évêque de la Nouvelle Orléans demande à Mgr Eyraud d'organiser toutes les grandes fêtes et les grands rassemblements. Le livre énumère les nombreux rassemblements.....je vous en fais grâce.

En 1953 Le père Jean fait construire une nouvelle salle Paroissiale.

Le 19 mars 1953 en la fête de St Joseph  il inaugure un grande salle qui sera détruite en 1990.

En 1953 également,  l'école est aggrandie et la construction d'une cafétéria  est réalisée.

 

Mgr-Jean-Martin-Eyraud.jpg

                                                                                                            1954





Année 1954 ( 74 ans ) une année très forte pour Mgr Eyraud.

 

Cette année 1954 va être marquée pour lui  par deux évènements très importants :

1 / - En janvier 1954, l'accueil de la Vierge pélerine de Fatima à Saint Peter avec un évènement extraordinaire lors des cérémonies.

2 / - Le 29 juin 1954 il fête ses 50 ans de sacerdoce.  

 

 

Janvier 1954

 Il reçoit donc à St Peter Church,  la Vierge Pélerine de Fatima qui depuis 1947 faisait le tour du monde sur l'invitation du Primat du Portugal pour demander la paix dans le monde et la conversion de l'URSS. Lorqu'elle arrive à St Peter Church le 31 janvier, elle est déjà passée dans 2000 églises des USA . Une procession solennelle est organisée pour son entrée. L'église est bondée, pleine à craquer. 
 
 Au moment du couronnement de la Sainte Vierge un évènement extraordinaire se produisit selon quelques  témoins.



Monsignor-Jean-Eyraud-Vierge-marie.jpg

                                                Murmure parmi les paroissiens, le Père se demande se qui se passe.( ? )

Voici comment le livre "Père, the Little Frenchman" raconte l'évènement. "Au moment précis où il couronne la tête de la Sainte Vierge, Mgr Eyraud offrit ses 50 ans de sacerdoce et demanda une paix durable dans le monde. A ce moment il prît conscience qu'il avait mené un combat de 50 années comme  soldat de Dieu au service de la paix, cette paix  qui éliminera les guerres et les soldats.  Il fit donc le geste du couronnement avec une grande joie et un sourire sur les lêvres. Alors, aux dires de plusieurs paroissiens la Vierge se pencha en avant et lui sourit".

Un réputation de sainteté commence à naître autour de lui.

 

Le livre "Père, little Frenchman" reste assez discret, et on le comprend, sur cette vision extraordinaire qui marqua les paroissiens.  Il faut remarquer qu'aucun phénomène de ce genre ne se produisit dans les autres paroisses.  

 

  


Deuxième évènement : le 29 juin 1954, ses paroissiens fêtent ses 50 ans de sacerdoce avec grande joie et beaucoup d'ardeur.

 

 

Le livre décrit cette cérémonie grandiose avec beaucoup de détails, et nos mentalités actuelles ont quelques difficultés à imaginer que cette anniversaire ait pû prendre une telle ampleur ! En voici un petit résumé :

 

  - un fascicule de 68 pages fut édité en juin 1954 pour retracer en textes et photos les 50 ans de sacerdoce de Mgr Eyraud avec l'ensemble de son oeuvre.

 

  - la célébration du jubilé a inclus un " triduum"  ( 3 jours ) comportant une réception civique de 1000 personnes environ, suivie d'une grand Messe solennelle célébrée par Mgr Joseph Francis Rummel. Des milliers de personnes participèrent à  cette grand Messe, d'anciens paroissiens, des bienfaiteurs, les paroissiens actuels, beaucoup de prêtres, religieux et religieuses, les soeurs qui s'occupaient des 2 écoles, des fonctionnaires.......

 

  - la grand Messe a été suivi d'un grand banquet.

 

Le livre précise " Ce jour là, toute l'affection et la dévotion qu'il était humainement possible d'offrir à leur pasteur bien-aimé, les paroissiens de la paroisse St Peter l'ont manifesté... Les cérémonies ont exprimé à l'unisson, la grande  admiration des paroissiens pour leur pasteur. Rien n'avait été laissé au hasard pour montrer leur grande appréciation ..."

 

 

                                                     

50-ans-de-sacerdoce-de-Mgr-Eyraud.jpg

                                    Photo prise le 29 juin 1954 à la fin de la grand Messe du Jubilé d'or de Mgr Eyraud .

 

 

 

 

Monseigneur Eyraud, toujours très agréable ( je reprends les expressions du livre), fut reconnaissant de cette célébration fort bien organisée. Mais il  a écrit  une lettre, qui donne un éclairage un peu différent. En effet il aurait préféré  passer son 50ème anniversaire dans le calme et la méditation !  Intéressant.....Sa démarche face à cette célébration est donc réellement spirituelle ( ....et nous n'en doutions pas..). Il y participe sur la demande expresse de ses paroissiens.

Voici ce mot où transparaît toute son humilité :  

               « Mon désir était de me retirer dans le silence d'un  monastère et passer le jour de mon jubilé sacerdotal dans la méditation, loin du monde turbulent, seul avec Dieu qui a été si bon pour moi, si patient et si charitable.  Mes très chers confrères m'ont demandé d'abandonner ce projet et de me prêter comme je suis à une célébration publique. Les vieillards doivent parfois obéir aux plus jeunes, particulièrement quand ils s'approchent de la période de leur deuxième enfance. J'ai accepté volontiers leur suggestion dans l'espoir que cette action de grâce ( le triduum publique)  soit plus agréable à Dieu, car accompagnée par les prières de mes confrères prêtres et par celles de mes paroissiens ....... Ils m'aideront, je suis sûr, à rendre grâce de façon vraie et sincère pour l'honneur le plus grand qu'un homme puisse recevoir - le Sacerdoce; des remerciements vrais et sincères pour le privilège de célébrer la Messe presque chaque jour pendant 50 ans malgré ma bassesse, mes péchés innombrables et mes défauts; des remerciements vrais et sincères pour me permettre durant ma longue vie d'administrer les sacrements, de prêcher l'Évangile et de remplir mes devoirs de pasteur d'âmes.

Personne ne refusera de se  joindre à ma prière pour demander pardon de mes échecs et des mauvais exemples que j'ai pû avoir donnés. Quand je pense à mes responsabilités face à  toutes les grâces  reçues et que le temps n'est pas loin où  je devrai rendre des comptes au Divin Maître, je suis heureux de savoir que beaucoup de personnes que j'ai baptisé, que j'ai marié, que j'ai réconcilié avec Dieu, que j'ai accompagné à leur repos se joindront à moi dans la prière....."

"En ce jour mon désir est que cette célébration favorise parmi mes jeunes paroissiens la vocation au sacerdoce et qu'elle puisse augmenter dans tous les coeurs un amour profond pour les prêtres de Christ; qu'elle puisse aussi ouvrir ce jour le coeur de ceux qui ont refusé de tenir compte des appels à la conversion. Mon voyage a été long parmi vous. Tous les jours j'ai essayé de vous montrer la Vérité, la Voie et la Vie. Mon temps, ma bonne volonté et l'affection sincère ont été, sont toujours, et seront pour vous et le bien de vos âmes. J'ai essayé durement de continuer le travail de mes prédécesseurs et ... le peu qui a été accompli a été fait par votre aide et vos prières"

Une lettre donc très éclairante sur ses dispositions intérieures.....J'ai laissé quelques lourdeurs de style pour être au plus près du texte anglais.

Mgr-Jean-Eyraud-et-ses-assistants.jpg

 Mgr Eyraud entouré de ses assistants. Toutes les photos de cet article ont été trouvées sur le livre " Père, The Little Frenchman"  écrit par Darlène Labranche.

 

 Au cours de ce triduum de nombreux prêtres prennent la parole pour remercier Mgr Jean Eyraud, en particulier ses fils spirituels et ses collaborateurs. Le livre "Père, The little Frenchman" y consacre de nombreuses pages. Vous trouverez ci-dessous uniquement les compliments qui m'ont paru importants et révélateurs.

1 / L'Archevêque Joseph Francis Rummel, Archevêque de la Nouvelle-Orléans, a signalé que Monseigneur Eyraud avait établi un record de longévité (38 ans ) dans la même paroisse. Il  lui dit encore:"ces années ont été marquées par une forte participation  à votre messe  et l'efficacité dans votre éducation spirituelle, morale.... ce qui explique votre nomination comme "Consultant Diocesain", comme Doyen et enfin par votre élévation au rang de Prélat."  

 2 /  "....ces années de service vous ont fait gagner la confiance et la bonne volonté de vos paroissiens et l'estime de vos prêtres, tandis que votre sollicitude pour l'instruction religieuse dans les écoles catholiques vous a fait gagner  la gratitude et l'affection des enfants  de votre paroisse !"

3 / "....vous avez été aussi un père attentionné, prévenant; non pas simplement un distributeur de la lettre ou  de la loi, mais un disciple sincère de la fraternité. Monsignor Eyraud a été parmi ses confrères un prêtre humble et modeste, à la ressemblance  de St Jean-Marie Vianney, le curé d'Ars. Nous ses confrères, nous avons vu sa charité....... "  ( Père  Edmund Gauirapp )

4 /  "votre ardeur pour l'honneur de Dieu et votre dévotion pour l'Église de Christ rougeoient au-dessous de vos vêtements de prêtre et votre humilité n'est pas arrivé à nous les  cacher".

5 / ".... aucun obstacle n'a arrêté votre chemin; vous êtes allé de conquête en conquête. Vous avez planté la bannière de notre Seigneur et Sauveur Jésus Christ partout dans la longueur et largeur de votre secteur paroissial en entier ". 

6 /  ".....  pasteur doux et compréhensif, il a été aussi un père pour nous, les prêtres assistants ... Il nous donnait l'exemple d'une consécration totale à Dieu, consacré au travail du sacerdoce. Peu de pasteurs dans l'histoire ont été aussi aimés par leurs assistants que l'a été Monseigneur Eyraud..........

.......Les prêtres assistants se réunissaient chaque année le 11 novembre à son anniversaire. Depuis sa mort, nous avons continué à nous rencontrer pour perpétuer son esprit et son souvenir.! " ( Rev Lester lacassagne)

7 /   ".....nous le considérions comme un vrai père,  professeur et ami......un exemple pour nous de justice et de générosité ....." ( rev John Remi Bourgeois ). 

 

Repas-Monsignor-Eyraud-avec-ses-assistants.jpgMonseigneur Jean-Martin Eyraud en présence de ses assistants. " Peu de pasteurs dans l'histoire ont été aussi aimés par leurs assistants que l'a été Monseigneur Eyraud " selon le témoignage qui se trouve un peu plus haut..........Après sa mort, ses collaborateurs continueront à se réunir chaque année à la même date, le 11 novembre.

 

Ces témoignages se terminent par cette note :

"Le  calice  qui a servi à Monsignor Eyraud lors de la Messe de son Jubilé d'Or avait une longue histoire. 

Il avait été utilisé régulièrement au cours 18ème siècle, symbole de fidélité, de courage et de dévotion pour la cause du Christianisme. Fabriqué à Lyon, en France, pendant la Révolution de 1789, il avait été utilisé dans les cavernes souterraines par des prêtres courageux, malgré la menace de mort qui pesait sur eux, défiant les despotes civils de la Révolution française .....puis avait été utilisé en des temps plus calmes lors de la Messe quotidienne.  Ce calice est arrivé en Amérique avec le Père Baissac, qui, au moment de sa mort, était Prêtre à Kenner, en Louisiane. Une soeur d'Ather Baissac a présenté ( on pourrait éventuellement traduire par "offert": voir le texte en anglais juste dessous)   le calice à Monseigneur Eyraud lors de son Jubilé d'argent en 1929."

"A sister of Father Baissac presented the chal­ice to Monsignor Eyraud when the jubilarian celebrated his Silver Anniversary in 1929 "

 

Mgr Eyraud et son ciboire

( Le Comité de Canonisation cherche ce calice pour le mettre dans  les archives de Mgr Eyraud. Si quelqu'un a des informations sur ce calice,  contacter le comité de canonisation .)"  ( N'ayant pas l'adresse de ce comité veuillez contacter l'Evéché de Gap ou moi-même à l'adresse suivante : glaizil@hotmail.fr ) . Mais logiquement ce calice doit se trouver encore aux Etats-Unis.

 

 

 

1955 The big STRIKE  ( grêve ) du 14 avril 1955 au  15 décembre 1955.

 

Avant les grandes épreuves, le Seigneur préparent ses amis...........

 

 

 

Si l'année 1954 fut très douce pour Mgr Eyraud, 1955 fut une année extrêmement dure pour lui. Une grêve de huit mois allait  toucher la "Raffinerie Godchaux Sugars".   Dans ce conflit, les  qualités morales et religieuses du Père jean Eyraud seront mises à  l'épreuve ( "put to the ultimate test" signale le livre )......poussées à l'extrême. Cette grêve allait violemment déchirer la communauté, opposant le syndicat contre la direction, le frère contre le frère, paroissiens contre paroissiens. Mgr Eyraud ne sera pas toujours bien compris dans son attitude et en voici les raisons :  

 

En 1930, le Père Jean Eyraud avait pris position en faveur des ouvriers  face aux "Raffinerie Godchaux". Contrarié ( scandalisé ? ) par leur petit salaire, leur travail extrêmement dur  (industrie de la canne à sucre), et les difficultés qui en résultaient pour les familles, il avait pris position en leur faveur et même avait favorisé la création d'un syndicat reconnu plus tard par l'entreprise.  Tous avaient ce souvenir et les ouvriers étaient reconnaissants.

 

Mais en 1955, Mgr Eyraud est plus réservé et même à plusieurs reprises il se met du côté de la direction de l'usine car les revendications des ouvriers lui semblent démesurées. Les syndicats sont devenus puissants depuis 1930 et semblent profiter de cette position dominante pour exiger des choses impossibles.....

Les critiques  à l'égard de Mgr Eyraud vont bon train !  Mais le Père agit en fonction de sa conscience et non dans le but de plaîre.

  

Revendications des ouvriers :

 "ne plus être considérés comme des esclaves par la direction Godchaux, avec des salaires de misère . Ils demandent des salaires justes pour des heures raisonnables"  Le livre ne donne pas plus de précisions. En ces termes on ne peut qu'être d'accord avec eux : salaire juste pour un temps juste.....mais encore ?

 

 La réponse de la direction : "

"Les raffineries ont subi de plein fouet la législation tarifaire, la crise économique de 1929, la maladie de la canne à sucre..... Personne ne peut nier  la pauvreté et la misère des familles. Mais est-il juste de les mettre sur le compte des employeurs ? Est-il juste  d'accuser la direction de transformer les ouvriers en esclaves ? ....C'est vrai, certains employés reçoivent des salaires bas, mais pouvez-vous accuser les employeurs parce qu'ils ont essayé d'employer autant de mains d'oeuvre que possible pour augmenter le gain de beaucoup de familles ? N'oublions pas que la ville de "Réserve" est ce qu'elle est aujourd'hui grâce à la canne à sucre et aux usines qui embauchent, et  cela quand la plupart des Etats du pays étaient dans les convulsions de la grande dépression,...."

 

Mgr Eyraud prit position en faveur de la direction en suivant sa conscience. Le livre "Père, The little Frenchman" précise qu'à plusieurs reprises le Père " s'exprima en des termes on ne peut plus clairs, soulignant que leurs demandes étaient déraisonnables et qu'ils demandaient trop......." 

 

Mgr-Jean-Martin-Eyraud-lors-d-un-sermon.jpg

 

Le livre ajoute que beaucoup d'ouvriers furent en colère contre lui. Mais lui de répondre sans se départir de sa sérénité  " je suis pour tous ". Tous ses paroissiens étaient enfants de Dieu et il répondait à leurs questions selon sa conscience sans se soucier du reste.

 

La grêve est violente

 La grêve a donc commencé le 14 avril 1955. Au lieu des 40 cents d'augmentation ( par heure ) demandés par les ouvriers, la direction offre 5 cents. Je résume les nombreuses violences qui suivirent: le  23 avril 1955, un coup  de fusil est tiré dans la chambre à coucher d'un contremaître de "Godchaux Sugars". Heureusement, personne n'a été blessé. Le 30 avril 1955 des ouvriers provoquent des heurts pour faire peur à la direction. Le 7 mai 1955 deux contremaîtres de l'usine sont roués de coups et le même jour le vice-président de la raffinerie et mis à terre par un groupe d'hommes.Le 28 mai 1955, malgré une injonction de la Cour Fédérale, des coup de fusils ( 5 à 6 ) sont tirés en l'air, des pierres sont jetées contre la fenêtre du contremaître. Le 4 juin 1955 un garde d'usine est blessé par un tir provenant d'une voiture qui roule. Le 11 juin 1955 un garde est tué par une explosion alors qu'il roulait en voiture sur les terres d'exploitation. Il est tombé dans une véritable embuscade. Le 22 juillet 1955 trente femmes font signer une pétition qui obtient 3000 signatures. Et ainsi de suite jusqu'au 15 décembre 1955 où la grêve se termine enfin  par un compromis.

En cette période très troublée, Mgr Eyraud essaya à plusieurs reprises de prendre contact avec le syndicat qui refusa. Il reprochait à Mgr Eyraud de ne pas être venu en pleine grêve les voir au QG et par contre d'avoir rencontré à plusieurs reprises la famille Godchaux propriétaire des sucreries. Suivirent de véritables persécutions à son égard. Chaque fois que les grêvistes apprenaient quelque chose qui ne leurs plaisait pas,  ils jetaient des pierres sur son presbytère, poussaient des cris, faisaient des remarques hostiles en plein baptême, certains sont allés jusqu'à déchirer leur papier de paroissien en pleine église ( le livre parle de "déchirer leur enveloppe" : je ne sais pas à quoi cela correspond ) ...... Cette période fut très dure pour lui..........aussi.

 

Tout son travail de prêtre depuis 1916 semblait avoir été anéanti.

Comment guérir des blessures aussi profondes  pour sa paroisse, et rétablir une cohésion ?  Il y mit toute sa bonne volonté et son affection pour apaiser les choses. "...vous êtes tous ma famille..." disait-il. Il veilla " à ne se montrer ni faché, ni critique à l'égard de qui que ce soit..."  Le livre de rajouter "il invita chacun , après la grêve, à tourner son coeur et son esprit vers Dieu.......car la Paroisse n'en avait jamais eu autant besoin....."

 

 

 Mais reprenons le cours des choses selon la chronologie...... 

 

 

 Année 1956

 

 

Le 16  septembre 1956 la paroisse fête les 25 ans de l'école St Peter school . Les cérémonies sont très joyeuses, très réussies. La paroisse est très attachée à ses deux écoles catholiques et se souvient du tout début ( 1931) où tout s'est fait sans argent avec la seule volonté de Mgr Eyraud de mobiliser les uns et les autres. La joie fut de courte durée..........

 

 

Année 1957.

 

 

Le 29 janvier 1957,  l'école " Notre Dame de Grâce" brûle en 45 mn . Il n'y a aucun blessé alors qu'il s'agissait d'un jour de classe. Mais le Père Joseph LeFrois, en voulant sortir le Saint Sacrement de la chapelle, a échappé aux flammes "in extremis". Un problème de circuit eléctrique semble en cause. C'est la conternation car cette école avait une longue histoire....première école pour enfants d'origine africaine ( appelée initialement "Ecole Sainte Catherine") . Dès juin 1957 l'école est reconstruite par l'inépuisable Mgr Eyraud qui a.....77 ans !

 

 

Année 1960. ( il a 80 ans )

 

 

Sa dernière réalisation...... Il rénove l'école St Peter. L'établissement a vieilli et surtout toutes les pièces ont été transformés en salles de classe y compris la salle de catéchisme. Mgr Eyraud réalise que cela entrave la vocation initiale de cet établissement à savoir un enseignement chrétien de qualité.

Il demande une aide à ses paroissiens de 200.000 $, leurs rappelant qu'en 1930 l'école s'était faite de cette manière alors que les familles étaient beaucoup plus pauvres et que le pays sortait tout juste de la récession. Il obtient finalement 260.000 $ et les travaux peuvent ce faire en septembre 1960......

 

En septembre 1960, la ville de "Réserve" se prépare à fêter ses 100 ans. Mgr Eyraud écrit un article dans le journal local pour retracer la longue histoire de Saint Peter Church. Il a 80 ans et mène cette paroisse depuis 1916 ! .....( 44 ans de dévouement ). Il rappelle dans cet article toutes les réalisations et constructions réalisées mais écrit aussi "  .... des hommes et des femmes ardents sont entrés dans les différents groupes chrétiens que sont les "Chevaliers de Columbus" (1923),  "les filles catholiques" (1939), les "mères de St Peter"  (1931), le Club des "frères de St Peter" (1954), les "Enfants de Marie", la "Société de l'Autel", la "Fraternité de la Doctrine Chrétienne", la "Société du Saint Nom". Toutes ces sociétés ont eu à leur à leur tête des hommes loyaux et ardents et des femmes qui ont aidé à garder la foi. Leurs efforts communs promettent de porter des fruits dans l'avenir et aideront à résoudre les problèmes auquel  nous faisont face aujourd'hui."

 

Je me suis étendu sur ce passage car il résume bien l'ensemble des groupes ( impressionnant ! ) qui ont été créé par Mgr Eyraud.

 


                                      
Année 1963 : il se retire.

 

Il a 83 ans . Il demande officiellement à son Evêque de se retirer  de sa lourde charge ( été 1963 ).  Son Evêque accepte ( il était le prêtre le plus âgé en activité dans le diocèse de la Nouvelle-Orléans ). L'Evêque le nomme alors  " pasteur émeritus de Saint Peter ". Il devient aussi prêlat de la maison Saint Pie XI. Il est remplacé à St Peter Church par le Rev Michael J. Killoughey.

 

Son Evêque l'invite à s'installer dans une petite maison qui se trouve à 50 Yards ( soit 45 m environ) de St Peter Church.

 

 

Mgr-Eyraud-Jean-1964.jpg

 Mgr Eyraud en 1964 devant sa maisonnette. Il semble, sur la photo originale, avoir une canne dans la main droite. ( photo du livre "The little Frenchman" de Darlène LaBranche. )

 

 

 

 

Mais sa retraite fut plus active que beaucoup :

 

- il célèbre la messe tous les jours.

- il la célèbre deux fois le dimanche

- confesse ses anciens paroissiens pendant de longues heures le samedi.

- reçoit toute personne qui a besoin......

 

Mais aussi :

 

- s'occupe de son jardin ( souvenir de son enfance au Glaizil ?) et affirmait "c'est ma joie et ma santé".

- il lit beaucoup

- s'occupe de ses canaris.....

 

 

Monsignor-Jean-Eyraud.2.jpgMonseigneur Jean Eyraud à l'âge de 83 ans. Il s'est déjà retiré ( été 1963 ) de St Peter Catholic Church. Cliché trouvé dans le livre "Père, The Little Frenchman".

 

   

Année 1964. ( 84 ans)

 

 

Une très belle année 1964 pour Mgr Jean Eyraud........mais qui le prépare à la grand épreuve de 1965.  Le Seigneur prépare ses amis avant les grandes épreuves....... disais-je à propos de l'année 1954 !

 

Le printemps et l’été 1964 ont été des mois très heureux et animés pour lui .  Il aide à préparer les célébrations du  100ème anniversaire de la fondation de l'église St. Peter ( où il a été prêtre pendant 47 ans) avec l'Archevêque John P. Cody. Un des points culminants de cette fête a été le banquet honorant Monseigneur Eyraud pour le 60ème anniversaire de son ordination sacerdotale.

En juin 1964 il fait un 2eme grand voyage en France sur l'invitation de sa nièce Mme Hélène Brochier. C'est en l'honneur du 60ème anniversaire de son ordination que les paroissiens de St. Peter  lui ont offert ce voyage.

 

Au cours de ce voyage, Monsigneur Eyraud  retrouve et visite les Hautes-Alpes, 300 jours lumineux pour lui. 

 

DSCN1476.jpg

 Deuxième voyage de Mgr Eyraud en France en 1964. Cette photo montre les proches environs du Glaizil, son village natal. J'ai souri en lisant que Mgr Eyraud était au Glaizil en Juillet et Aout 1964 car j'y étais moi-même cette année-là pendant les deux mois d'été. Nous nous sommes donc croisés.....Il avait 85 ans,  j'avais 10 ans.

 

Il a concélébré la Messe en la Basilique du Laus  avec son ami le Chanoine Jaussaud, un ami de toujours. C'est en cet endroit précis qu'il avait dit sa première messe en 1904 ( voir plus haut). Puis un banquet a été donné en son honneur à "Notre Dame du Laus."

Monsigneur Eyraud a pu célébré ensuite le 60ème anniversaire de son ordination en la Cathédrale de Gap, lieu même de son ordination le 29 juin 1904, à l'âge de 24 ans.

Que de joie pour lui avec les grandes épreuves de l'année suivante.......

 

 

Année 1965.

 

Un évènement stupéfiant survint le 9 septembre 1965.....  La belle église de St Peter ( que le Père Eyraud appelait en 1916 "ma cathédrale" ) fut  totalement détruite par un ouragan, ainsi que le cimetière dont les arbres furent tous arrachés. 

 

  

 

Paroisse-de-Saint-Peter-Reserve-Hurricane-1965.jpgStupefiant, n'est-ce pas ? Photo de 1965, montrant la paroisse de Saint Peter-Réserve après le passage de l'ouragan du 9 septembre 1965. J'ai mis le trait rouge pour souligner l'ampleur des dégats. Seul le clocher est resté debout. 

 

 

 

 Juste après l'ouragan, lorsqu'au petit matin le Rev Michael J. Killoughey sortit de son presbytère après une nuit très mouvementée  avec un vent très violent, des bourasques et du tonnerre, il se dirigea vers St Peter pour dire sa première Messe. Lorsqu'il vit son église dans cet état ( telle qu'elle est sur la photo juste au dessus) il mît quelques minutes pour réaliser vraiment. Comment était-ce possible ?

 

Mgr Eyraud fut prévenu, et consterné par la nouvelle, il s'exclama :" je pensais que je partirai de Saint Peter, mais jamais que ce soit elle qui parte avant moi....."

Ce fut très douloureux pour lui de voir son église détruite, de même que la "rosace" et les vitraux. Une paroissienne écrivait  "Il était presque impossible pour les paroissiens de croire qu'une structure qui était si importante pour eux  puisse être détruite......nous l'avons tous pris durement, mais celui qui a été le plus touché  fut Monseigneur Eyraud.  Mais lui, se ressaisissant, considéra que "c'était la volonté de Dieu.....".

 

Le 2 octobre 1965 ( 1 mois plus tard donc ) de gros engins vinrent déblayer tous les gravats.

 

Une campagne pour reconstruire l'église fut immédiatement mise en route. Monseigneur Eyraud fut consulté et donna des conseils utiles. Il travailla avec le Père Killoughey sur les plans de la nouvelle église. 

La première pierre  pour la nouvelle église St. Peter fut posée le 21 avril 1967 en présence de l'archevêque Philip M. Hannan de l'Archidiocèse de la Nouvelle-Orléans. La pierre angulaire posée à cette occasion contenait un livret sur l'histoire de St Peter , des photos de l'ancienne paroisse, le récit du jubilé d'or de Mgr Eyraud.......

 

Jean-Eyraud---cloche-de-St-Peter-Reserve.jpg

 Mgr Eyraud vint régulièrement voir l'avancée de la reconstruction. Son désir ( il avait 86 ans) était de voir son église reconstruite. Les cloches avait été descendues de l'ancien clocher. Il les vit remettre en place avant qu'il ne tombe malade en 1968 ( 88ans) ......mais il ne verra pas l'achévement des travaux.

 

 

 

 

La fin d'une vie remarquable : 1967-1968

 

.....et une fin remarquable.... 

 

 

Le 13 octobre 1967 Mgr Eyraud tombe malade : aucune précision dans le livre. On peut penser qu'il était tout simplement  à bout de force. On l'hospitalisa à l'Hotel Dieu de la Nouvelle Orléans. Trois mois plus tard, il était toujours trop malade pour participer le 14 janvier 1968 à la dédicace de la nouvelle église St Peter. Dans son sermon, l'archevêque Philip Hannan rappela tout son parcours  et déclara :" ...j'ai pu rencontrer à l'hopital Mgr Eyraud la semaine dernière.......Je suis assuré qu'il est avec nous aujourd'hui, se joignant à nos prières et nos actions de grâce........Les infirmières m'ont dit qu'il passé tout son temps à prier en français...... il était dans une soumission totale à Dieu. En fait, elles m'ont affirmé qu'il était un patient très gai..... En étant avec lui je me suis rapidement rendu compte  qu'il était vraiment en union avec le Christ...... "

Mgr Eyraud entra dans le coma et son état s'aggrava. 

Quand la nouvelle arrive en France plusieurs lettres parviennent aux USA.

L'abbé Gaussard écrit par exemple: " Nous sommes très peinés par votre lettre. Il est très triste de savoir que notre cher Monseigneur Eyraud est dans le coma, lui qui était si intelligent. Je crois qu'il ne souffre pas; mais, il est si douloureux pour nous tous de le voir dans cette inconscience quand nous aurions tant à lui dire. Je suis sûr qu'il nous encouragerait et promettrait de nous guider avec vigilance du ciel.  Car notre cher malade ne nous quitte pas complètement. Nous le verrons de nouveau dans le ciel un jour ... je continue à espérer que vous recevrez quelques mots tendres de ses lèvres qui ont souri  avec tant de  bonté et si  aisément toute sa vie".

   Croix 2

 

Le 5 février 1968, Monsigneur Eyraud succombe à sa longue maladie.

 

 

Ainsi va la vie: après les joies du 14 janvier 1968 et la dédicace de la nouvelle église Saint-Peter Réserve, les paroissiens apprennent la mort de leur cher pasteur le 5 février 1968. Ils viennent très nombreux pour un dernier Adieu à la messe d'enterrement de Mgr Eyraud. L'église est archi comble. L'Archevêque Philip M. Hannan,  dit la messe de requiem pontifical entouré par plus de 80 prélats, dont 50 prêtres, 20 monseigneurs, cinq évêques et plus de 100 nonnes. Tous les enfants , des écoles privées et publiques sont là.....et des milliers de paroissiens.

 

 Cela faisait 52 ans qu'il menait avec beaucoup de zèle cette paroisse ( 1916-1968) et il était très aimé de tous. Finalement la grande majorité des paroissiens avait été baptisée, confirmée, mariée par lui  et ce cher pasteur connaissait chacun d'entre eux.

 

  Funerailles-Mgr-Eyraud-a-l-ecole-St-Peter.jpg

 Messe de funérailles pour l'école St Peter . L'église est comble et très recueillie.

 

 

L'enterrement de Mgr Eyraud. 

 Après la messe,  un cortège funèbre impressionnant  progresse dans le cimetière avec les enfants de St. Peter School en uniforme alignés le long du trajet  ......L'Archevêque Philip M. Hannan est toujours entouré par plus de 300 religieux et religieuses.  Les évêques  représentaient chaque diocèse de Louisiane.! "

Mgr Hannan dira plus tard "J'ai été très impressionné  à ses obsèques, par la présence de l'orchestre  du lycée public (Léon Godchaux) dont les élèves  semblaient être tous enchantés de jouer pour lui comme un dernier salut. Actuellement je ne connais pas de pasteur qui ait eu un soutien si complet des écoles publiques et  Catholiques .......... Il n'y avait aucune dissonance et  tous semblaient bien satisfaits....... "

 

 

 

 

 

Tombe-Mgr-Eyraud.jpg 


 Devant la tombe de Mgr Eyraud, le Père Patrick B Sander ( vice-postulateur). Ce prêtre est venu en France avec Mgr Tekippe pour l'enquête ecclésiale. La photo (transmise par Mme Gonsolin Reine Marie) se trouvait sur un bulletin daté de juillet 2001, qui faisait le point sur la possible canonisation de Mgr Heyraud.

 

 


Le livre de Darlène LaBranche.....222 pages à traduire en français.....un vrai plaisir.
 

.....dans les deux sens de l'expression.

Père, The little Frenchman de Darlène LaBranche
Ce livre publié en 1994, a été réédité en 2002 ( Imprimé aux USA). Il devait, selon l'information reçue, sortir en France en 2004. Mais les choses ne se sont pas faites et je n'en connais pas la raison.

 

 

 

 

Quelques réflexions personnelles sur ce livre fort intéressant.


1 / La fidélité de Mgr Eyraud !.... Au  cours de la  traduction, j'ai été vraiment frappé par la fidélité de ce prêtre et sa confiance aimante à l'égard de Dieu tout au long de sa vie. De l'enfance jusqu'à un âge avancé le livre signale une foi extraordinaire. Mgr Hannan à son tour en parle alors que Mgr Eyraud est mourrant. Il affirme  "Il  est totalement uni à Dieu dans cette dernière épreuve"......

Bienheureux celui qui se donne à Dieu avec autant d'ardeur et de fidélité..........

 

2 /  Une espérance sans faille et qui a atteint sa pleine maturité. Elle le rend inébranlable dans l’adversité et  la souffrance.  Souvenons-nous. Lors de sa première nomination en 1913 à "Saint Thomas l'Evangéliste" il met tout en place, améliore l'église, structure la paroisse , .....et tout est détruit par un ouragan en septembre 1915. Il se remet au travail et la reconstruit avant d'être muté à Saint Peter Church en 1916. Mais continuons: le cimetière de saint Peter ( sa première réalisation) ravagé par l'ouragan de 1965, l'Eglise détruite totalement par le même ouragan, l'école "Notre Dame de Grâce" une de ses plus belle réalisation, brûle en 45 minutes en 1957, et pire que tout, pendant la grande grêve de 1954, beaucoup se retournent contre lui et sont violents à son égard. Quoi de pire pour un prêtre. D'ailleurs il prononce cette phrase touchante  pour se faire comprendre " ....mais vous êtes ma famille..." . Une espérance donc sans faille qui lui a permit de voir loin , de comprendre le sens des évènements et de rester stable dans l'amour de Dieu et de son prochain.

Bienheureux celui qui espère en Dieu à ce point.

 

3 /  Une charité inépuisable !.....Le livre rapporte de nombreux évènements où sa charité est exemplaire. Mais deux passages m'ont  vraiment intéressé.

 

Tout d'abord la lettre du Père Sylvain Blanchard écrite juste après le passage de Mgr Eyraud en France . Ce prêtre manifestement en difficulté lui écrit :"  Le Seigneur a été très bon de me donner la joie de vous revoir .........votre présence affectueuse  a changé ma solitude de prêtre en une ruche baigné par la lumière du soleil .........Votre départ m'a laissé un vide profond, mais aussi une tranquillité totale....... je suis resté perdu dans la mémoire inoubliable de votre visite si animée et heureuse........ Mais il m'est difficile face à  une telle bonté et générosité comme la vôtre et  présentée avec une telle simplicité,  de mettre dans des mots ce que le coeur sent si profondément." Ce n'est qu'un résumé de la lettre qui se trouve plus haut ( 1947 ) . Quelle lettre !   

          

Par ailleurs l'attitude de Mgr Eyraud vis à vis des élèves : "il donnait les notes de classe avec beaucoup de tact, de douceur, afin de ne pas embarasser les enfants....tout le monde l'aimait.....il connaissait chacun d'entre nous......il faisait confiance....."

Qualité de présence et d'écoute.

 

Bienheureux celui qui aime à ce point !

 

 

 

 

D'autres aspects m'ont intéressés ou surpris :

 

4 / - Ceux qui connaissent  Le Glaizil ( village natal de Mgr Eyraud ) savent que le village se situe entre deux lieux de pélerinage, Notre Dame du Laus et Notre Dame de La Salette. Le jeune Jean Eyraud a été plus touché par Notre Dame du Laus.  Il y a  d'ailleurs célébré sa première messe.  

Peut-être une explication ( sous toute réserve): Notre Dame de La Salette est un lieu où la Sainte Vierge appelle à la conversion, à un retour vers le Christ. Notre Dame du Laus va plus loin dans le message ( même si aujourd'hui le Laus a plus une orientation d'accueil chrétien) et s'adresse à des personnes qui ont déjà cheminé dans l'offrande d'eux-mêmes. Le choix du jeune Jean ne m'a pas donc vraiment surpris .........

 

5 /- Une grande fidélité en amitié: là non plus je n'ai pas été surpris. Mais je n'ai laissé passer aucune ligne  du livre soulignant cet aspect.

 

 

 



Certains internautes ne peuvent pas aller plus loin. Pour lire la totalité de l'article cliquez ICI
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Par Lecourtier philippe

Récit de la visite du postulateur et de son enquête en France ( juillet 2003 )


You can translate click on

Si vous arrivez directement sur cette page, vous avez loupé la biographie de Mgr Eyraud . Vous pouvez cliquer ICI pour la lire.  

Mgr Terry  Tekippe  et Patrick  Sander
( dont la photo se trouve un peu plus haut)  sont venus en France en 2003 pour enquêter sur l'enfance de Mgr Jean M Eyraud, dans le cadre de son procès de Béatification. Ils racontent dans ce journal diocésain de 2004 ( St Peters Reserve ) l'accueil qu'il ont reçu en France et tout spécialement au Glaizil et à Gap. Ils donnent aussi leurs impressions sur cette belle région du Champsaur .




 

Mgr-Jean-Eyraud---copie--File0658.jpg 



Voici la traduction:

"Monseigneur Terry Tekippe et moi avons voyagé dans le diocèse de Gap en France fin juillet 2003 et début août 2003. Cela a été une expérience incroyable. Notre hôte était un cousin issu de germains de Monseigneur Eyraud, Irénée Gonsolin et sa femme, Reine-Marie Gonsolin. Ils ont été tous les deux extêmement aimables à l'égard de Fr. Tekippe et moi-même pendant notre séjour. Nous avons pu repérer au Glaizil la maison natale de Jean Eyraud né en 1880, ainsi que l'église dans laquelle il a été baptisé.

 

 

 

Glaizil-.-Maison-Ntale-Mgr-Jean-Eyraud.jpg

Juin 2010. Maison natale de Mgr Eyraud au Glaizil. J'avais déjà écrit cet article lorsque je suis arrivé devant cette porte. J'ai ressenti une certaine émotion, je dois le dire......

 

Ci-dessous un petit mot laissé le 07/ 08 /2003 sur un carnet par Mgr Tekippe et le Père  Pat Sanders après avoir visité cette maison appartenant aujourd'hui à la famille Ribiollet.

 

Mgr Tekippe et Pat Sanders

 

 Pat Sanders continue: 

"Ce petit village est blotti dans les montagnes des Hautes-Alpes . C'est une vue incroyable que le petit Jean a pu contempler chaque matin dès les premières années de  sa vie  . "


Chaine-du-Faraud--Glaizil.jpgLa Chaine de Feraud au pied de laquelle se trouve le petit village du Glaizil.

                                  

Puis il écrit :

"Nous avons visité le séminaire de Gap où Jean Eyraud a étudié la théologie  de 1899-1904.

Fr. Tekippe et moi-même avons célébré la messe à l'autel de la Cathédrale de Gap où le Fr. Eyraud a été ordonné prêtre en 1904 et dont il a dépendu de 1909-1910. Nous avons aussi visité la belle Cathédrale d'Embrun où il a été nommé de 1905-1909.

Nous avons ensuite fait un pèlerinage à  Dame Notre du Laus, où le Fr. Eyraud a dit sa première messe d'action de grâce. L'église de Notre le Dame du Laus a été érigée  juste à côté du lieu des apparitions, où La bienheureuse Benoite Rencurel a vu la Sainte Vierge Marie en 1664. Ces apparitions ont dû avoir une influence spirituelle dans la vie du jeune Jean Eyraud pour qu'il ait choisi ce lieu pour sa première messe.
"

Nous avons passé de nombreuses heures dans les archives du département des Hautes-Alpes et découvert  les actes de naissance des deux plus jeunes frères  de Jean, François Joseph Eyraud (1883 né) et Florentin Ernest Eyraud (1885 né). Malheureusement François est mort en bas âge et Florentin est mort à l'âge de cinq ans. Donc Jean a été le seul garçon qui est arrivé à l'âge adulte dans sa famille. "

Acte naissance de Mgr Eyraud

Je ne suis pas sûr que le postulateur est trouvé ce document . Il s'agit de  l'acte de naissance de Mgr Eyraud ! Il m'a été adressé par François Servel, l'arrière petit fils du maire du Glaizil qui a signé ce document.

 

L'article continue ainsi:  

"Dans ces recherches, nous nous sommes rendus compte que le jeune père Eyraud a vécu dans une période très turbulente au niveau politique en France. La loi de Séparation de "l'église et de l'état" en  1905 a abouti à la confiscation de tous les biens  d'église par le gouvernement français. La résidence de l'évêque à la  Cathédrale de Gap a été confisquée par le gouvernement qui en a fait un bureau pour le Consul général et l'évêque a été littéralement expulsé de sa maison. Ces évènements se sont produits juste un an après l'ordination ( 1904) de Fr. Eyraud.

Quelques jours plus tard, les soldats français ont essayé d'entrer dans la Cathédrale pour en faire l'inventaire, mais des fermiers locaux fourches à la  main, ont entouré le batiment pour empêcher les soldats d'entrer. Beaucoup de prêtres ont été expulsés de leur presbytère, d'autres ont perdu leur revenu et un grand nombre ont quitté la France pour d'autres parties du monde.  Fr. Eyraud a été un de cinq prêtres du diocèse de Gap qui est parti pour l'Archidiocèse de la Nouvelle-Orléans en 1910.

Cela a été  une grande perte  pour le Diocèse de Gap mais une merveilleuse bénédiction pour l'Archidiocèse de la Nouvelle-Orléans."

 

Monseigneur-Di-Falco--Diocese-de-Gap.JPG  Monseigneur Di Falco évêque de Gap depuis 2003.  Il a lu cet article et semble l'avoir apprécié ( lien internet avec le diocèse de Gap).

 

 Pat Sanders continue:   

"Peut-être la plus grande joie  que nous avons éprouvée au cours de notre pèlerinage a été notre rencontre avec plusieurs prêtres du lieu qui ont marqué un réel empressement pour nous aider dans la Cause et la diffusion des détails  de la vie de Fr. d'Eyraud et l'information auprès des Français."

Very Rev Patrick B. Sanders, V.F. 

Vice-Postulator for the Cause.

 

 


Bien cordialement.


Pour lire l'article sur Mgr Eyraud en entier : cliquez ICI
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Par Lecourtier philippe

Certaines photos concernant  Monseigneur  Jean Eyraud, étaient difficiles à mettre dans l'article sans risquer d'en alourdir la lecture.  Ces photos sont  intéressantes......je vous les fais donc découvrir maintenant.

 

Si vous arrivez directement sur cet article, vous avez loupé le début. Pour lire l'article en entier, Cliquez ICI 

 

 

 

Quelques photos de la maison natale de Mgr Eyraud au Glaizil.

 

 

 

 

Jardin-2-Mgr-Eyraud.jpg

Comme je le disais plus haut, j'ai été reçu très aimablement par la famille  Ribiollet  et j'en profite pour les remercier à nouveau. Sur ce cliché on voit très bien le petit jardin qui se trouve devant la maison natale de Mgr Eyraud.

 

 

 

Cellier Mgr Eyraud

Au fond du jardin, une sorte de "remise" où le jeune Jean Eyraud a dû passer très souvent. La porte est très ancienne.....

 

 

 

 

Maison-natale-Mgr-Eyraud.jpg

  La maison vue sous un autre angle.

 

 

 

 

 

Jardin-Mgr-Eyraud.jpg

  La fenêtre de la pièce principale.

 

 

 

 

Mgr-Tekippe-et-Pat-Sanders.jpg

 

  .......et un document peu commun. Il  concerne le passage dans cette maison de Mgr Tekkipe (quelques mois avant sa mort) et de Pat Sanders, postulateurs de la cause de béatification !

 

 

 

 

Photo au séminaire de Gap.

 

 

 

Mgr-Jean-Eyraud-seminaire-de-Gap.jpg

 Frère Jean Eyraud au séminaire de Gap. (livre "Père, Little Frechman")

 

 

 

 

Sa famille de passage aux USA.

 

 

 

La-famille-de-Mgr-Eyraud.jpg

Photo de 1924 (le père Jean à 44 ans). Sa famille est venue le visiter aux USA. De gauche à droite, le Père Jean Eyraud, sa soeur Isoline, sa nièce Hélène Blanchard, son neveu Jean Brochier. Une grande joie de les revoir....... (livre "Père, Little Frechman" )

 

 

Saint Peter Church .

 

 

St Peter catholic Church

Pour l'article, j'ai choisi plus haut un cliché de Saint Peter Church beaucoup plus rare qui m'avait été envoyé par M. François Servel. Ce cliché ( trouvé dans le livre) date de 1928, époque où Mgr Eyraud était déjà en place.

 

 

 

 

Ouverture de la cause de Béatification de Mgr Jean Eyraud.

 

 

 

Ouverture-du-proces-de-beatification-de-Mgr-Eyra-copie-1.jpg

 

 

 

Voici des documents adressés par M. Dwayne Montz - Louisiane.

 

M. Dwayne Montz m'a adressé avec beaucoup de gentillesse des photos d'articles de journaux  concernant Mgr Eyraud.

 

 

 

Isoline-Eyraud-Death-Notice-10-June-1942.jpg

 

Notice nécrologique  de sa soeur Isoline Eyraud 1942 (document et photo adressé par M. Dwayne Montz / Louisiane)

 

 

 

Msgr-Eyaud-50th-Anniversary-Article-1954---2--.jpg

 

 Article de journal ( 26 juin 1954) concernant le jubilé (50eme anniversaire de sa prêtrise) de Mgr Eyraud.  (photo Dwayne Montz)

 

 

 

 

 

Msgr Eyaud 60th Anniversary Article 1964 ( 2 )

 

 Article de presse du 25 juillet 1964 parlant de son 60eme anniversaire de prêtrise. (Photo de M. Dwayne Montz)

 

 

 

 

Father-Eyraud-Article-1966---2--.jpgArticle du 21 avril 1966 concernant la décoration des "palmes académiques" par le Consul de France (Photo de M. Dwayne Montz). Je n'ai pas parlé pas dans l'article de cette décoration honorifique car je voulais rester centré sur l'oeuvre spirituelle de Mgr Jean Eyraud et ne pas trop alourdir l'article.

 

 

 

 

St-Peter-Church-100th-Anniversary-1964---2--.jpg 

Journal du 22 avril 1964  parlant du centenaire de la Paroisse de St Peter Church. Mgr Eyraud a aidé à la préparation de ce centenaire. Toutefois en juin 1964 il part en France ( 2eme grand voyage ). Cette année 1964 fut très heureuse pour lui......avant l'épreuve stupéfiante de 1965, où la paroisse est rasée en une nuit par un ouragan. (voir article ) (Photo de M. Dwayne Montz)  

 

 

   

 

 

 

Pour lire l'article sur Mgr Eyraud en entier : cliquez ICI
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Par Lecourtier philippe

  1937-1972.

Aix-en-Provence.jpg 

     

 

   

Prochaine rencontre des anciens le dimanche 17 juin 2012.  Pour découvrir le timing et le lieu: Cliquez ICI

 

Pour l'article sur l'école Ste Jeanne d'Arc cliquer ICI . Cette école a ouvert la colonie du Glaizil en 1937.

 

 

En résumé vous allez découvrir les 18 chapîtres suivants:

Vous pouvez faire une lecture descendante  toute simple  ou choisir dessous tel ou tel chapitre .

1 / Histoire de la colonie pendant 40 ans. cliquer ICI
2 / Le Père Louis Laferrière.  cliquer ICI
3 / Nombreuses photos des bénévoles de la colo ( personnel encadrant.....)  cliquer ICI

4 / Photos des moniteurs cliquez ICI
5 / Photos des batiments et des travaux effectués.  cliquer ICI
6 / photos de la vie quotidienne  cliquer ICI
7 / Fêtes costumées de la colonie 
cliquez ICI

8 / Photos de groupe de 1947 à 1956 Cliquez ICI    (nouveau mars 2012)

9 / Photos de groupe de 1957 à 1972.  cliquer ICI
10 / Album photos de Mr Béninca.  cliquer ICI
11 / Rencontre des anciens de la colo le  06/06/2010.
Pour voir les photos de 2009  cliquer ICI . 
12 / La fin de la colonie en 1972 ( cité Saint jean ) expliquée par le dernier directeur cliquez ici
13 / Un  film super 8 ....sur la colo datant de 1971 ( malheureusement de médiocre qualité ). cliquez ICI
14 / Les chants de la colonie ( avec la qualité en plus...) cliquez ICI

15/ Ecole "Sainte Jeanne d'Arc" cliquez ICI  

16 / 30 nouvelles photos de la colo sont d'arrivées le 25 janvier 2011. Pour les voir :  Cliquez ICI

17 / Rassemblement scout "La trivalle" en 1973. Photos du Père Laferrière Cliquez ICI

18 / La fin programmée des colonie de vacances pour 2012 ?  Cliquez ICI 

19 / Décès de notre ami Jean-Marie Basso  Cliquez ICI

 

 

 

 

 - Une vidéo où le Père Laferrière explique son itinéraire de prêtre Cliquez ICI

 

 

 - Juin 2009 et juin 2010  deux premières rencontres des anciens la colonie d'Aix-en-Provence (et de l'école Ste Jeanne d'Arc) a eu lieu au Glaizil. Pour voir les photos de cette journée : cliquer ICI .        

 

 

 


 

 

NAISSANCE DE LA COLONIE D'AIX AU GLAIZIL EN 1937 

 

 


En 1937 ,
 les frères de l'école Ste Jeanne D'arc eurent l'initiative d'ouvrir ce centre de vacances  au Glaizil (05)  , qui démarra bien  modestement ( voir photo plus bas ) . Le Père Cornille en fut le premier responsable .

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 1er batiment de la colonie . Photo prise en 1947 ! futur batiment des "ardents"

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Pendant la deuxième guerre mondiale , la colonie cessa toute activité pour ne reprendre qu'en 1947   toujours aussi modestement  avec  le Père Enreille  . Malheureusement ce prêtre se tua en moto en 1952 . 

Un internaute,  Mr Gal Louis Jean, qui a été colon en 1947, me signale en décembre 2008 que  l’abbé Pellegrin de l’Eglise du Faubourg a été le directeur de cette colonie  pendant la période de redémarrage .Il était aidé par des séminaristes.  Mr Gal va m'envoyer des photos de cette époque très bientôt.


batiment-principal-de-la-colonie-d-aix-en-provence.jpg  
Carte postale du batiment principal de la colo .......celle que tous les colons envoyaient à leurs parents quelques jours après leur arrivée . Je suppose  que c'est le Père Laferrière qui avait dû la faire éditer : je lui demanderai . Celle-ci a été envoyée le 17/07/1967 par un colon  , postée à Chauffayer . Curieusement je me souviens très bien de lui  ( il habitait Hyères ) .......et le contenu est vraiment haut en couleurs et très rigolo !  J'ai trouvé ça surprenant de lire ce courrier ( au demeurant sans confidence ) à 40 ans de distance .
 

 

En 1953 , suite au décès accidentel du Père Enraille , c'est le Père Plano qui sera responsable de la colonie pendant 5 ans  ( de 1952 à 1957 ) , aidé sur la fin par l'abbé Louis Laferrière .Très vite les capacités de travail et de gestion du Père Louis ont été repérées . Il se retrouve donc vers la trentaine  , directeur de la colonie !

 

 

 Photo prise dans les années 1956 Tente plantée dans la prairie , face au batiment photographié ci-dessus . 

 



 

ARRIVEE DU PERE LAFERRIERE ET TRES FORTE IMPULSION POUR LA COLONIE


De 1956 à 1967
le père Laferrière donnera une très forte impulsion à la colonie , en achetant deux autres batiments  ( celui des "coeurs d'or" en 1956 et celui  de la "Grange " en 1963 ) . 
  

 

 

 

 

 Le Père Louis Laferrière à 30 ans . Photo prise en 1956 . Vous pouvez lire l'article qui lui est consacré en cliquant sur l'adresse suivante : http://glaizil.over-blog.com/categorie-1236126.html




En 1956
le Père Laferrière achète une ferme qui deviendra le batiment des "coeurs d'or"


Le père va achèter cette vieille ferme au toit de chaume et obtiendra des subventions pour l'agrandir. Elle deviendra le batiment des "coeurs d'or".  ( voir photo plus loin du batiment renové )


.....ferme transformée en 1956 en un beau batiment. On remarquera sur ce cliché ( de JM Basso ) l'absence de rampe d'escalier. Elle sera réalisée, peu de temps après, par Raoul Pellegrin et Mr Cabrol.





En 1963 il achète un autre batiment " La Grange"


La grange achetée en 1963. Vous avez un peu plus loin des photos de l'intérieur du batiment.

 

Pendant des années la colonie va donc prendre une forte extension et donner beaucoup d'animation au village au cours  des mois d'été . Elle  va permettre aux enfants de l'école J D'arc de 1937 à 1970  de prendre des vacances à la montagne .

Le nombre des enfants passera de 80 à 150 dans les années 1963 à 1967 .

 

 

 



La colonie ne survivra que trois  ans
au départ du   père  Laferrière en 1967 .

Le père Charles-Guy De Kérimel sera responsable en 1967 , 1968 , 1969,  aidé par un directeur laïc, Alain Karm en 1967 et 1968 , et Alain Dupil en 1969  .
Alain Karm habitait Hyères et était professeur de mathématiques ( lettres ? ) .
Pour nous les jeunes , ces trois dernières années ont marqué un grand changement dans l'ambiance .  Peut-être Mai  1968 était passé par là .......
A plusieurs reprises le Père de Kérimel alertera le diocèse des difficultés économiques de la colonie......en vain semble t-il ....et finalement la colonie est vendue .



La colonie est  donc rachetée par une association qui la denommera "La cité St Jean Baptiste"


Mr Claude-Georges Froment Berthou ( de Reims) m'a donné beaucoup de renseignements sur cette période allant de 1970 à 1972 .


                Mr Froment Berthou en bas et à gauche sur cette photo.Photo de groupe de 1971....hélas l'avant dernière année !


Vous pouvez voir un diaporama de la colonie en 1971 transmis par Mr Froment en cliquant ICI
Vous pouvez voir un autre diaporama concernant une rencontre entre la colonie d'Aix et celle de Timon David ( 1971 )  en cliquant ICI
Vous pouvez lire  l'article sur ces 2 dernières années ( 1971 et 1972 ) en
cliquant ICI 


Finalement le batiment a été racheté ensuite par l'institut Notre-Dame de vie
 
( dont la maison mère est à Vénasque 84 ) pour s'occuper également d'enfants
.

 





   .
.

- Article sur  l'école Ste Jeanne d'Arc : http://glaizil.over-blog.com/categorie-1167455.html
- Lire article sur la colonie d'Aix :http://glaizil.over-blog.com/categorie-1161853.html
- Reprendre le blog au début : http://glaizil.over-blog.com




                                  

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Par lecourtier
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